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Sous l’égide du ministère de la Défense nationale, la Commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des Armes légères et des petits calibres (COMNAT-ALPC) a organisé mercredi 19 avril au camp Samory Touré, un atelier de sensibilisation et d’information des médias publics et privés sur les questions liées aux armes légères.

A l’instar des autres parties du continent,  l’Afrique de l’Ouest constitue un pole d’intérêt dans la prolifération des Armes légères et des petits calibres (ALPC). A l’exception de la région des grands lacs qui a connu le génocide rwandais de 1994, il y a plus des tumultes au sein de la CEDEAO que partout ailleurs en Afrique. Le plus vieux conflit dans la sous région est celui de Casamance au Sénégal depuis 1947.

L’espace de la Mano river union (MRU) est considérée comme une zone de concentration d’ALPC. Et les 3 /4 des missions de maintien de la paix en Afrique des Nations unies se situent dans cette zone: Côté d’Ivoire, Sierra Léone, Libéria et Mali.

En Guinée, 6 zones de prolifération des ALPC sont identifiées. La zone spéciale de Conakry: (Port, aéroport, débarcadères). La zone sud: (Forécariah, Coyah, Kindia). Zone Sud et Sud-Est : (Mamou, Faranah et préfectures de Guinée forestière). La Zone Nord-Est (Boké, Gaoual Koundara, Boffa) et les Camps militaires (mutineries). Les principaux acteurs sont les trafiquants d’armes et de munition (commerçants, marchands, opportunistes divers)

Selon l’enquête nationale réalisée par la COMNAT-ALPC,  les causes de cette prolifération illicite des armes légères résultent de la méconnaissance des lois et l’insuffisance du cadre réglementaire et institutionnel et la fabrication artisanale des armes à feu. Ainsi que la pratique de la chasse, la mauvaise gestion des stocks d’armes et de munition, les conflits dans les pays voisins et la porosité des frontières.

Selon l’expert en ALPC, Dr Chérif Karamo,  le contrôle et la limitation de la circulation des armes légères passent d’abord par l’élaboration de la réglementation de marquage des armes à feu de fabrication  artisanale, le traçage  et l’enregistrement des armes détenues par les civils. Ensuite, l’identification, le  recensement de fabricants locaux et le renforcement de contrôle au niveau des frontières (installation scanners).

C’est pourquoi, dans le souci donc de faire de son secteur de sécurité un outil au service des populations, le gouvernement guinéen a depuis 2011 engagé des vastes reformes  qui s’articulent sur des actions fortes à mener inscrites dans la Stratégie nationale des actions prioritaires  (SNAP). Parmi elles, la formation des acteurs des médias sur les questions liées aux ALPC.

Le conseiller politique du ministre de la défense, M. Djélimankan Kouyaté a, dans son intervention, souligné les impacts négatifs indéniables des ALPC sur la vie des nations. «Elles alimentent les conflits et nuisent au respect des droits humains, menacent la stabilité des gouvernements et profitent au terrorisme et à la criminalité. Si des progrès ont été manifestement accomplis dans le domaine de la maitrise des armes nucléaires, il n’en demeure pas moins dans le domaine des armes conventionnelles dont les ALPC, l’accumulation et la prolifération illicite de celles-ci constitue une sérieuse menace à la stabilité des Etats. Il est donc impérieux de s’intéresser davantage à cette problématique des ALPC qui,  au-delà de la question sécuritaire, doivent être comprises comme étant une question des droits de l’homme et du développement».

Sur la même logique, le président du COMNAT-ALPC, le général Bambo Fofana a indiqué que les conséquences des accumulations excessives et la circulation incontrôlée des Armes légères et des petits calibres (ALPC) découlent des défis liés à la faiblesse de l’autorité de l’Etat, la criminalité organisée, les conflits internes et régionaux et le terrorisme. «Il est établi que la COMNAT ALPC a un besoin de communication et de sensibilisation du public sur les conséquences multiples liées à la prolifération incontrôlée ainsi que de leur usage abusif et illicite. Il appartiendra désormais aux médias publics et privés de combler le déficit d’information, de sensibilisation et d’éducation des populations sur les effets de la violation de la réglementation sur les ALPC».

Le général Fofana a invité les médias à collaborer avec la COMNAT pour élaborer très rapidement un document de stratégie de communication dont les objectifs pourraient être entre autres: la sensibilisation des populations sur les conséquences de la détention illégale et du commerce illicite des armes légères. Ainsi que le changement de comportement aboutissant à une culture de paix. Et par ailleurs, la meilleure compréhension de la COMNAT ALPC et de ses missions, l’identification des sources de financement et la mobilisation des ressources.

De nos jours, 1249 sociétés de fabrication d’armes reparties dans plus de 90 pays sont identifiées à travers le monde. Depuis 1990, les ALPC ont coûté la vie à près de 4 millions des personnes. Les Nations unies estiment à plus de 600 millions d’ALPC en circulation dans le monde. Sur les 49 conflits majeurs, 47 ont été menés avec des armes légères comme armes principales dont  l’abondance des stocks est héritée de la guerre froide.

Abdoul Malick Diallo

+224 655 62 00 85

dialloabdoul110@gmail.com

 

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