En marge de la séance d’ouverture de la session sur le projet de projet de loi des finances 2014 par le CNT, Aminata.com a approché le ministre délégué au budget, qui a fait un éclairage sur certains sujets et caractéristiques de ce budget.
Il a indiqué surtout les principales raisons de l’examen du présent projet de budget par le CNT en lieu et place des nouveaux parlementaires. Entretien à chaud !

 

Aminata.com (AC) : M. le ministre tout le monde y compris ceux qui sont moins informés, est étonné le fait que ce projet de budget 2014 soit examiné par les conseillers du CNT et non par les nouveaux députés. Quelles sont les raisons selon vous ?

Mohamed Diaré (MD) : Tout le monde n’est pas étonné, parce qu’avant l’installation de la nouvelle Assemblée, les fonctions législatives sont confiées au Conseil National de Transition (CNT) par l’article 157 de la constitution. Donc, à partir du moment où, la nouvelle Assemblée n’est pas encore installée, le CNT peut continuer à fonctionner jusqu’au moment celle-ci soit installée.

Vous devez comprendre que nous sommes à la fin de l’année. Or, si le budget n’est pas adopté avant le début de son exécution, on ne fonctionnera pas à travers des projets d’investissement. Il faut attendre que le budget soit voté pour commencer les investissements. Or, le fonctionnement n’intéresse pas très bien la population, parce que c’est juste le fonctionnement des Ministères.

Qu’est ce qui intéresse la population ? Qu’est ce qui va dans le sens de la réduction de la pauvreté ?

C’est les dépenses d’investissement, c’est la construction des Routes, des Pistes Rurales, le secteur agricole. Donc, si on ne vote pas le budget ces secteurs ne peuvent pas être appuyés. Rappelez vous sur les efforts qui ont été fournis en 2011, 2012 et 2013 au niveau du secteur de développement rural. Donc, c’est toutes ces raisons qui nous ont motivé et comme nous sommes en phase avec les dispositions légales de la constitution, il fallait faire examiner ce budget par le CNT pour ne pas que la Guinée soit bloquée au début de l’année. Où il sera question d’attendre 2 ou 3 mois pour les projets de travaux publics par exemple.

Si vous attendez la fin du mois d’avril pour commencer à passer les contrats, commencer à exécuter les dépenses, nous serions à la saison pluvieuse où, il faut attendre 6 à 7 mois encore. Vous attendez 7 mois, ces 7 mois rajoutés à 3 ce qui vous fera 10 mois. Or, les dispositions de la nouvelle loi organique aussi empêche les engagements de dépenses au delà de 30 Novembre.

M. le ministre, l’opposition attaque cette décision en disant que depuis le 15 Novembre 2013  en principe l’Assemblée pouvait être convoquée. Qu’est ce que vous répondez ?

Je crois que l’opposition a mis un mois avant de se prononcer pour siéger dans la nouvelle Assemblée nationale. Donc, je pense qu’il faut qu’elle accepte ces perturbations qui sont de part et d’autre. À une année exceptionnelle perturbée, il faut accepter que certaines choses soient faites dans le strict intérêt du Peuple de Guinée. Car, ce n’est ni dans l’intérêt du pouvoir, ni dans l’intérêt de l’opposition que les projets d’investissement ne soient pas exécutés.

On n’a parlé du projet hydroélectrique de Kaleta, on dit échéance 30 juin 2015. Vous avez constaté dans mon discours, j’ai annoncé un montant de plus 500 milliards pour le projet de Kaleta. Vous voulez attendre jusqu’au mois d’avril pour continuer les travaux sur ce  projet ? Je pense qu’il faut que la sagesse revienne à tous les niveaux et que l’on puisse penser beaucoup plus à l’intérêt des citoyens.

Quels sont les projets prioritaires pour l’année 2014 ?

Les projets prioritaires, c’est d’abord l’énergie, parce que l’énergie va absorber plus de 16,5% du budget de l’Etat. Ensuite, il sera suivi des Travaux Publics 11,6 %, l’Education 11,2 %, le Développement Rural 6% et la Santé 3%.
Car, vous n’êtes pas sans savoir qu’il ya tous ces grands axes routiers qui nous compliquent aujourd’hui la vie que ce soit à Conakry ou à l’intérieur du pays. Donc, globalement c’est l’appui à la campagne agricole et au système éducatif.
M. le ministre vous avez parlé dans votre discours, des chocs ressentis sur l’Economie cette année notamment, les crises politiques que le pays a connues.

Ne pensez vous pas que ce passage en force aujourd’hui pourrait créer d’autres problèmes ?

Ce n’est pas un passage en force, je vous dis encore une fois de plus que c’est l’application stricte de la de la constitution en son article 157. Il faut qu’on accepte quand même de respecter la loi. Vous avez suivi, les deux années passées nous étions dans les normes, mais cette année il y a eu les mouvements politiques; la campagne agricole ; l’organisation des élections législatives. A cela s’ajoute l’attente prolongée des résultats des élections, il ya eu aussi l’attente de l’acceptation de ces résultats par l’opposition. Je pense que cela a été une année perturbée, donc, il faut qu’on se mette d’accord, car nous sommes en phase avec la loi. Il faut que tout le monde comprenne cela, ce n’est pas un passage en force, c’est un examen pour le bénéfice pour le peuple.

Propos recueillis par Abdallah Baldé assisté de M’Böh Oumar pour Aminata.com
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