L’insalubrité est la réalité qui domine la commune urbaine de Kindia. Les cours d’eau qui concourent cette ville sont menacés par des montagnes d’ordure. Les citoyens par manque d’incivisme, ont transformé la rivière de Tokhou en un dépotoir d’ordure. Une situation qui constitue un calvaire pour les citoyens qui sont logés tout prêt du lit de ces rivières.

Avec une odeur nauséabonde, les débris de carton et les sachets plastiques ci et là, les mouches et moustiques aussi se donnent rendez-vous dans le lit des rivières qui longent la cité de manga Kindia Camara. Du quartier Condetta en passant par manquepas jusqu’au quartier Carvencerail, la réalité est la même. Les montagnes d’ordure envahissent ces rivières. Autre fois avec grande dimension, ces rivages risquent de tarir si rien n’est fait. Pourtant c’est à ces lieux où les femmes lavent le linge. D’ailleurs, cette eau n’est plus destinée au ménage.

Au-delà de la prédominance des débris,  les femmes teinturières ont complètement changé le visage des trois cours d’eau qui traversent la ville de Kindia (Tokhou, Wawa et Koukou). Malgré l’importance de cette activité (teinture), le rinçage des tissus avec  les produits cosmétiques,  impacte négativement la pureté de cette eau.

« Nous avons de sérieux problèmes avec ceux qui jettent les ordures dans ces rivages. Les ordures risquent de prendre nos habitations en otage. Si on dit aux gens de ne pas déposer les ordures pour protéger l’environnement, on nous insulte. Les jeunes s’étaient mobilisés pour interdire cette pratique. C’est en pleine nuit que d’autres sortent avec les tas d’ordure. La rivière risque de tarir. On ne peut pas s’assoir au dehors la nuit, les moustiques nous fatiguent », a regretté Mabinty Sylla.

Même si aucune disposition n’est prise pour lutter contre ce fléau, cette réalité a quand même été constatée par l’Agence Communale Eau et Assainissement. Le manque de dépotoir de transite au niveau du quel ce service à travers ses agents passe pour prendre les ordures pour un endroit sûr,  est un facteur qui encourage cette action. Tout de même, le Directeur de l’ACEA explique cet acte par l’incivisme des citoyens.

« Depuis près de 10 ans, on lutte contre ça. C’est du vrai incivisme de la population. Depuis 2010, chaque deux ans on fait le curage de ces rivières avec l’aide des autorités communales en partenariat avec les bailleurs de fond. Mais le gros des problèmes, les citoyens font la sourde oreille après moult sensibilisation. Pourtant, on a demandé au niveau de chaque quartier, de nous montrer les dépotoirs de transit; là où nous, nous allons prendre les ordures pour un endroit bien aménagé », dixit Lansana Fadil Sylla Directeur de l’ACEA.

Et de poursuivre, « on est parti chez les chefs de quartiers pour constituer des comités de veille au niveau de chaque quartier riverain, ils n’ont pas pu. Avec le passage des filets sociaux, on a envisagé des suivis pour parer à ces mauvais comportements. Au niveau de la commune à travers l’ACEA, nous envisageons de continuer sur la sensibilisation et reconstitué le comité de suivi », a-t-il dit.

Il faut préciser qu’assez de projets de curage sont passés à Kindia pour débarrasser cette ville des ordures. Mais, le manque de suivi pour pérenniser ces actions fait que le visage  des trois cours d’eau qui concourent la cité des légumes, restent à désirer.

 Abdoulaye Bangoura,  correspondant d’Aminata.com