Le Conseil national du patronat guinéen  est visiblement loin de connaitre l’épilogue de son bicéphalisme. Élu à la tête du CNP Guinée le 10 décembre 2016, Habib Hann² a étonnamment vu son ancien concurrent, Sékou Cissé signé un protocole d’alliance avec Ansoumane Kaba, un autre homme d’affaires qui se réclame aussi président. Cette semaine votre quotidien en ligne a rencontré M. Hann pour un entretien exclusif autour de la crise qui secoue ce fameux patronat. Lisez.

Aminata.com: quelle est votre réaction après la signature d’un protocole d’accord entre Sékou Cissé et Ansoumane Kaba alias Kaba Guiter?

Habib Hann: un candidat malheureux à l’occasion d’un congrès électif ne se prête pas en tel jeu. Les postes au niveau du Conseil national du patronat guinéen dans toute organisation patronale, c’est des postes électifs. Ce n’est pas des postes qu’on s’octroie ou qu’on se dote.  Alors aujourd’hui, en tant que M. Sékou Cissé, un candidat malheureux issu à l’occasion d’un congrès électif qui contourne l’avale ou qui assume sa volonté certes de vouloir réitérer la structure ne va pas coaliser avec un autre membre du patronat. Surtout que celui là était dans une inégalité absolue lors d’un congrès électif précédent, un congrès qui a été annulé. Un congrès qui n’a pas eu à suivre les règles qu’il faut et la procédure normale. Un congrès qui s’est ténu dans les conditions d’interdictions des juridictions guinéennes. Alors lorsque, Monsieur Sékou Cissé déposant sa candidature participe à un congrès de par ses droits, donc il n’est plus président par intérim.  S’il constate la tenue effective d’un congrès électif, il sait qu’il y a eu un président élu, qu’il y a eu un bureau exécutif mis en place élu. S’il veut rejoindre l’équipe c’est de s’approcher  de l’équipe pour pouvoir réintégrer par la voix normale, en respectant le statut et en respectant les règlements intérieurs.  Mais contourner la procédure en s’octroyant des voix unilatérales au mépris de la volonté des organisations patronales et allant signer un contrat avec Ansoumane Kaba comme intervenant volontaire dans une procédure indépendante, je pense que ce n’est pas la procédure qui respecte les statuts et règlement de notre patronat.

Donc, nous, nous n’acceptons pas ces genres de pratiques. Ce n’est pas moi, c’est le bureau exécutif qui l’a constaté, qui l’a rejeté. Le patronat est régit par des règles d’administration et de gestion. Ces règles ce sont des règles qui sont définies dans des statuts qui sont définis dans des règlements intérieurs. Donc tout le monde est sujet de droit. Il n’y a pas de raison que quelqu’un contourne les procédures et aller de l’avant.

Alors comment vous expliquez ce geste de M. Cissé ?

C’est des tentatives de déstabilisation pure et simple, c’est cette cacophonie  qui vie au niveau de ce patronat depuis des années. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, le patronat n’arrive pas à fonctionner normalement. Comment on peut comprendre qu’une élection se fasse dans les conditions régulières et normales au vu et au su du monde, qu’il y est une majorité absolue présente de l’ensemble des fédérations membres du patronat et que sur 29 fédérations présentes, qu’il y est une élection à l’unanimité des  membres sur 38 fédérations enregistrées c’est une majorité absolue.  Et la règle de l’administration et de gestion du patronat.

Depuis plusieurs années, ce patronat est confronté à des guéguerres, est ce que vous mesurez les conséquences  de cette crise sur les activités des hommes d’affaires?

C’est par prise de conscience de ces hommes d’affaires dont vous faites allusion et de ces fédérations que le congrès électif a été tenu et c’est dans l’espoir de cette fameuse guerre qui se personnalise, le patronat a été pris en otage durant des années. Ce n’est pas une organisation personnelle et lors que cette culture n’est pas développée dans l’esprit de tous les fédérateurs, c’est dommage.  Nous, nous voulons sortir de ça, c’est pour cette raison que la vision de ce patronat c’est de faire un rassemblement, d’abord donner l’unité des membres du patronat, voir comment on peut y arriver à cultiver l’esprit d’association et d’organisation faitière pour que chacun joue son rôle. Malheureusement ça été le cas jusqu’à maintenant pour des raisons individualistes.  Aujourd’hui ce n’est pas le cas, ça ne peut pas continuer.

Est que cette crise à un impact sur les activités des hommes d’affaires ?

Je dirais que oui, parce que le patronat c’est la vitrine des hommes d’affaires. C’est là où on centralise l’ensemble des données des besoins du secteur privé.  Le patronat c’est le maillon fort d’une scène de valeur. C’est ce qui permet de recenser  les besoins du secteur privé, d’être l’interface entre le secteur privé et l’Etat et de permettre à l’ensemble des partenaires du développement qui viennent en Guinée pour qu’ils se concentrent réellement, quel est le potentiel ? Quel est le besoin ? Comment vulgariser le secteur des activités privées dans ce pays ?

Alors le patronat qui ne fonctionne pas convenablement bien, ça peut amputer l’élan du développement économique du pays.  Donc ce qui est clair, je dirais que le manque de cohésion, d’entente, d’unité et de vision au sein du patronat, les conséquences sont là. Parce que là, on ne peut pas fédérer les gens,  on ne peut pas partager les mêmes préoccupations, on ne peut pas défendre les mêmes visions. Ce qui veut dire qu’il peut y avoir un impact négatif. C’est pour cette raison qu’on veut mettre un terme à ça.

 

Quels sont les éléments  dont vous vous basés pour revendiquer votre légitimité ?

Une légitimité c’est une élection libre et transparente à la majorité obtenue ou à la majorité absolue. Lorsqu’on tien un congrès électif  et que sur 38 fédérations membres, 29 fédérations répondent de  par leur présence devant des représentants des institutions républicaines, devant des institutions des patronats frères, devant l’ordre des avocats, devant l’ordre des huissiers et que, un jury soit constitué légalement en compagnie des hommes de droit, sanctionner par des huissiers de justices que ça se fasse au vu et au su de tout le monde, je pense qu’on ne peut pas parler de légitimité plus que cela. C’est ça la légitimité. Ce n’est pas en contournant ce principe en essayant de signer des protocoles d’accord qui sont malheureusement contestés. Comment vous pouvez imaginer qu’un président par intérim, qu’il n’a plus la prérogative, donc par défaut de qualité, il se permet de signer alors qu’il est déçu dans un congrès électif peut signer un acte. Et dans cet acte là, j’ai parcourus, j’ai eu le regret de constater, qu’il accepte de se subroger par un soit disant président. Comment un président peut accepter de dire j’accepte une subordination d’un président par intérim. Il y a tellement d’incohérence, Ils ont tellement voulu rapidement signer des accords pour essayer de se positionner. Ils ont fait des choses qui ne sont pas correctes.

 

Aujourd’hui, quel appel lancez-vous à vos adversaires ?

Il y a pas d’adversité dans le secteur privé, peut être qu’il y a de la compétitivité. Et la compétitivité c’est une règle normale. Ça permet de glisser dans le secteur privé une certaine habitude, une certaine compétence, une certaine sélectivité pour mieux faire. L’adversité ce n’est pas ma vision. Pour moi, le secteur privé c’est sont des guinéens. L’appel que je lance c’est de dire à tout le monde, soyons unis, restons ensemble, travaillons pour le bien de ce pays. On a traversé des moments difficiles et moi personnellement, je suis disposé à aller avec tout le monde.

Entretien réalisé par Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com

alphanyla@gmail.com

+224 666 62 25 24

 

 

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