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Guinée: les confidences d’un rescapé des massacres du 28 septembre 2009 

Ils sont nombreux à avoir échappé de peu aux massacres du 28 septembre 2009. Dans la matinée de ce dimanche 13 novembre 2009, un d’entre eux s’est confié à notre rédaction. Il l’a fait sous l’anonymat depuis un bar-café de Lambanyi, un quartier en banlieue de Conakry. A l’en croire, il était au stade et a été témoin oculaire de certaines des atrocités commises sur place.

« Ce jour-là, j’ai marché de Hamdalaye au stade. Je l’ai fait par affection pour mon leader de l’époque à savoir Mouctar Diallo », a tout d’abord dit notre interlocuteur sous l’anonymat.

Ensuite il a laissé entendre : « Moi, j’étais du côté Sahara du stade. Quand les tirs ont commencé, il y a de la débandade. Chacun s’est mis à se sauver. Ça tirait partout et les gens tombaient les uns après les autres. Ceux qui tiraient, c’étaient des militaires. Des individus en foulards rouges autour de la tête, se servaient aussi des machettes contre la foule. Ce jour-là, deux cas m’ont le plus fait peur. Le premier, c’est le corps d’un homme étalé sur la pelouse avec le cou perforé par une balle. Le sang en sortait à forte pression. Le second concerne un autre jeune. Celui escaladait le mur de la cour du stade, côté Marocana. Mais il a glissé et un fer lui a percé le cou. Il était suspendu à ce fer et le sang lui coulait tout le corps. Le troisième, c’est l’ouverture du feu en rafale par un berret rouge sur des gens qui étaient cachés dans un fossé. Comme beaucoup d’autres manifestants, c’est par escalade du côté Marocana que j’étais sorti de la cour du stade. A chaque fois que je repasse à Marocana, je me demande comment j’avais pu escalader le mur du stade. Ce jour-là, je suis revenu chez moi (Hamdalaye) affolé ».

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Au cours de l’interview, il lui a été demandé s’il était prêt à témoigner au procès en cours sur ces massacres. « Non », a-t-il répondu. Pour lui, passer à la barre pour dire ce qu’il a vu et vécu au stade le 28 septembre 2009 constitue un risque sécuritaire. Donc, a-t-il ajouté, au lieu d’être obligé de couvrir ses arrières tout temps, il préfère rester en dehors dudit procès.

Oury Maci Bah pour Aminata.com
Email : ourynombobah@gmail.com

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