La sortie médiatique la semaine dernière du directeur des opérations de la CENI, Etienne Soropogui a suscité des débats au sein de la classe politique guinéenne. Le secrétaire général de l’UFDG s’est prononcé sur ce sujet le weekend dernier lors de la réunion hebdomadaire de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée. Aliou Condé a interpelé l’opinion nationale et internationale de se lever pour faire face à cette injustice commise lors des communales du 04 février dernier par des magistrats corrompus du pays.

« Je pense que beaucoup d’entre nous ont suivi ce que M. Etienne Soropogui a déclaré à la radio Lynx.  Vous savez que l’UFDG, nous nous sommes plaint en 2010 au premier tour. Normalement que nous avions gagné, on a annulé nos résultats. On a proclamé un second tour et ce second tour aussi a pris près de 04 mois pour être organisé et on a déclaré qu’on a perdu. Je donne une anecdote, Kindia, au premier tour, l’UFDG a eu plus de 40% des voix en devenant premier. Il a eu au second tour, avec l’appui de l’UFR et de la NGR, on a eu moins de voix qu’au premier tour parce que les résultats ont été modifiés et transférés.

Par rapport à tout ça,   il y a eu après 2013, nous nous sommes plaints du vol de nos résultats de l’UFDG. Il y a eu 2015, le coup KO. On s’est plaint, on a préféré, c’était tellement ridicule que nous avons dit que nous ne portons pas plainte à la cour constitutionnelle parce qu’on sait qu’on ne prendra pas compte », a-t-il rappelé.

Il a poursuivi en informant qu’en 2010, ils ont mis en évidence toutes les preuves, ils ont sorti les vrais résultats. Ils n’ont jamais été proclamés parce qu’on a voulu sauvegarder la paix. Mais-là aussi, toutes les fraudes ont été démontrées et c’est sont des  caisses de justificatif qu’ils ont envoyé à la cour suprême à l’époque qui n’a même pas voulu ouvrir un seul carton, une seule chemise et qui a reconduit les résultats qui avaient été proclamés par la CENI.

« Donc 2015, on a préféré de ne même pas nous fatiguer parce qu’on savait qu’on n’allait pas donner les vrais résultats. Arrive les élections communales sur lesquelles nous avons insisté, nous avons pris des dispositions, on s’est vraiment déployé sur le terrain pour essayer d’encadrer tous les bureaux de vote pour nous permettre d’obtenir les PV des bureaux de vote, donc, tous les résultats issus des bureaux de vote, nous avons pu les obtenir », a reconnu M. Condé.

Plus loin il a ajouté que l’élection a eu lieu le dimanche et le lundi avant midi, ils ont reçu tous les résultats de toutes les communes de la Guinée et l’UFDG les a mis en ligne, sur les réseaux sociaux pour que tout le monde sache qu’ils ont effectivement gagné ces élections. Après cela, qu’est ce qui s’est passé ? poursuit-il, les autres en face se sont retrouvés pour dire que l’UFDG a été pris à défaut, ils n’ont pas pu modifier les résultats sortis des bureaux parce que d’habitude, ils volaient les PV sortis des urnes, ils mettaient d’autres PV à leur place. A cette élection, ils n’ont pas pu le faire. Ils ont été pris de vitesse pensant qu’ils allaient gagner ces élections.  Alors qu’est-ce qui fait la seule chose qui leur restait, c’était à la centralisation maintenant de modifier  les résultats en mettant de côté les PV en falsifiant pour produire les résultats.

« Nous avons pris la communauté internationale en témoins, on les a montré les résultats des PV sortis des urnes, on leur a montré les calculs qui nous donnes largement vainqueur à Conakry, Kindia, Dubréka, Boké, Kamsar, un peu partout, on nous a prié de ne pas exiger la correction de tous les résultats.

En haute Guinée, il n’y a pas eu de dépouillement, il y a eu des dotations. On n’a pas eu accès aux procès-verbaux. Ils se sont retrouvés en privée pour décider de la répartition des votes. Alors avec la communauté internationale, nous nous sommes entendus de publier quelques résultats simplement pour donner un exemple pour que cela ne se répète plus dans le pays. Avec eux le chef de l’Etat a été convaincu d’accepter que la CENI nous reçoit pour qu’on examine les PV que nous avons. Ce qui fut fait, nous avons été à la CENI avec nos résultats. La CENI de leur donner la liste des bureaux de vote pour qu’il puisse eux même faire la confrontation ».

Le secrétaire général de l’UFDG a ensuite dit que lorsque la délégation de l’UFDG est arrivé, la CENI dit qu’elle ne va plus réfère le contrôle. Donc si l’UFDG a des rapports à faire de les faire et les déposer et à partir de là, il y a eu des protestations. « Nous avons manifestés. Il y a eu plus de dix morts. Des magasins saccagés un peu partout et on disait que l’UFDG était en train de raconter des histoires. Malgré que nous ayons organisés des conférences de presse, nous avons présentés à tout le monde les résultats mais il n’y a pas eu un accompagnement de la campagne de l’UFDG pour que la vérité puisse triompher en république de Guinée.

Beaucoup ont mis en doute ce que nous disions et vous savez qu’en fin de compte, il y a eu ce compromis qui a été signé tout dernièrement, c’est un commissaire de la CENI qui vient confirmer tout ce que nous avions dit par le passé. Et ce qui est grave, c’est que personne ne s’en émeut. Ça passe comme si rien n’était. Alors on est en train de montrer qu’on aurait jamais des vrais résultats puisse que les magistrats qui sont chargés  de dire la vérité peuvent modifier les résultats, donner les résultats qu’ils veulent et que le peuple de Guinée reste tranquille et que personne ne bouge le petit doigt », a-t-il dénoncé avant d’interpeler tout le monde de se lever et qu’ils disent ça suffit, « ça ne peut plus continuer. Les magistrats ne peuvent pas modifier les résultats des élections et que nous restons sans rien dire. Si on se tait c’est inutile d’aller aux élections législatives ni aux prochaines présidentielles ».

Ibrahima Sory BARRY pour Aminata.com

Tel : (+224) 656 77 52 34

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