C’est un sujet que s’appuient régulièrement ses adversaires notamment l’UFR de Sidya Touré pour lui lancer des critiques virulentes. Avec le président Alpha Condé et son opposant Cellou Dalein Diallo, Tibou Kamara maintient des vieilles des amitiés de plusieurs décennies. En tant que Conseiller spécial du Chef de l’Etat, comment parvient-il à concilier avec deux hommes que certains observateurs pensaient inconciliables? Tibou Kamara répond dans un entretien qu’il a accordé à notre confrère de Guinee7.com. Extrait.

Moi, je roule pour le pays, pour les valeurs auxquelles je crois, mes convictions et mes idées personnelles. J’ai déjà eu l’occasion de le dire, moi je suis très à l’aise, et je m’assume pleinement ! Je ne suis pas une personne qui dit une chose le jour et fait autre chose la nuit. Dès le début, et depuis longtemps d’ailleurs, le président sait que le président de l’UFDG est un ami, je ne l’ai pas connu en tant que leader politique, je l’ai connu dans d’autres circonstances de la vie, lorsqu’il était notamment dans le gouvernement ; notre amitié est née dans des circonstances différentes du contexte politique dans lequel il évolue aujourd’hui. La politique ne nous a pas unis ou réunis, ce n’est pas à cause de la politique que nous allons nous séparer. Moi, j’estime qu’on fait des choix dans la vie et qui vont au-delà des frontières naturelles de la politique ou des combats liés parfois aux luttes du pouvoir. Cellou est un ami et je pense qu’il l’a montré en de maintes reprises, tout comme moi, à chaque fois que j’ai eu l’occasion de le dire. Je connais l’homme depuis de longues années, j’ai assumé l’amitié qu’il y a avec lui, qui n’a rien à avoir avec un choix politique que je serais amené à faire, et cela aussi est de mon droit, et je pense que c’est la liberté de tout citoyen de choisir. Ce que je reproche d’ailleurs à beaucoup, c’est de parler en mon nom et de choisir à ma place, parce que je suis suffisamment grand, lorsqu’il s’agira de faire un choix politique, je le ferai moi-même et n’attendrai pas quelqu’un. Lorsque je l’aurais fait, je n’aurais pas besoin de quelqu’un pour le dire à ma place. Le Président Alpha Condé, je l’ai connu aussi il y a de cela plusieurs années, et nous avons fait beaucoup de chemin ensemble dans la vie, donc je pense que c’est ce qui fait qu’aujourd’hui, malgré les épreuves et aléas de la vie, je sois encore à ses côtés dans une amitié aussi solide que celle qui nous a liés par le passé et dans une confiance totale, comme celle qui a caractérisée nos relations avant même qu’il n’accède à la magistrature suprême de notre pays. Je pense que je ne tire aucun avantage personnel de la relation avec l’un ou l’autre, mais je suis très heureux de constater que l’amitié de l’un et la confiance de l’autre aident à créer un climat de dialogue entre eux, donc à favoriser la paix dans notre pays, parce que c’est cette relation de confiance que j’ai avec les deux hommes qui permet aujourd’hui de les rapprocher davantage, d’établir un pont pour un dialogue, pour éviter finalement à notre pays des crises inutiles liées à un manque de dialogue et à une défiance l’un par rapport à l’autre. Donc, je pense qu’il n’y a rien de suspect, puisque le président de l’UFDG connait mes relations très anciennes avec le président Alpha Condé, et lui aussi sait depuis qu’il était dans l’opposition que je fréquentais le président de l’UFDG, qu’on a cultivé un climat de confiance ; lui-même d’ailleurs, lorsqu’il parle de Cellou, dit : ‘’ton ami’’. 

C’est dire que cela ne gêne pas outre mesure que j’ai cette amitié avec Cellou et je pense que cela lui est utile dans le dialogue nécessaire avec le chef de file de l’opposition, tout comme Cellou a besoin quand même d’être compris par celui qui dirige notre pays. 

Mon bonheur, c’est de pouvoir contribuer à cela et je pense que chaque Guinéen qui est attaché à la paix, s’attend à ce que le rapport politique soit plus apaisé, puisque nous avons connu trop de violences et de tensions dans notre histoire politique, pour qu’on veuille recommencer avec cela. Tout Guinéen responsable se réjouit de voir que la paix règne et de voir que les deux acteurs qui sont responsables de cette paix dans notre pays se parlent davantage, grâce à justement celui qu’ils appellent leur ami commun”

 

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