Santé : Félix Daubige lance un appel pour réduire le taux de mortalité maternelle

Félix Daubige président de la fondation Humanité pour tous
Félix Daubige président de la fondation Humanité pour tous

En Guinée, plus de 679 femmes sur 100 000 meurent en donnant une vie suite à des complications pendant ou après la grossesse. Selon une étude de la Banque Mondiale. Pour inverser cette tendance, c’est dans ce cadre que la fondation ‘‘Félix Daubige Humanité pour tous’’ s’est engagé à faire des dons dans nos structures sanitaires du pays. C’est au cours d’une interview à bâton rompu qu’il a bien voulu nous expliquer ses motifs. Lisez… 

Aminata.com : récemment vous avez fait un don à l’Etat guinéen. Notamment  au Ministère de la santé, des équipements médicaments destinés aux  centres médicaux de l’intérieur du pays. Quel est l’objectif visé ?

Félix Daubige : c’est tout d’abord accompagné mon pays dans le domaine sanitaire. En plus, de mon engagement d’aider à améliorer le système sanitaire guinéen, l’autre grand objectif est de faire tout pour qu’il n’y ait plus de femmes qui souffrent ou perdre la vie en donnant une vie surtout dans les localités les plus reculées de l’intérieur du pays. Ce matériel est composé de lits, matelas, blocs opératoire, béquilles, blouses, tables d’accouchement, tables de consultation, fauteuils roulants, cannes pour handicapé,… Dans l’ensemble, j’ai donné pour le moment cinq conteneurs d’équipements médicaux.

Qu’est-ce qui motive votre action ?

C’est l’amour pour mon pays. La vérité, je vois la Guinée comme ma mère et mon père. Pour moi, c’est un devoir de faire face au pays. Quand je viens ici, j’aime visiter les centres pour voir les réalités. Je suis écœuré en voyant comment certains malades sont traités sans occulter les difficultés que rencontrent les femmes en grossesse et qui perdent parfois la vie en donnant naissance. Le déficit est trop. Voilà entre autres des réalités que présentent nos structures sanitaires. C’est dans le souci de changer cette réalité que ma Fondation s’est engagée.

Parlez-nous des débuts de votre Fondation ?

C’est une jeune Fondation créée en 2013 mais c’est en 2015 qu’elle a vu jour aux Etats Unis. Nous évoluons dans la santé, l’agriculture et l’éducation.

La fondation Félix Daubige Humanité pour Tous a pour ambition aussi de continuer à aider les autres gouvernement des États africains en vue de non seulement contribuer à l’amélioration du système sanitaire de ces pays mais pour que le taux de souffrance des femmes qui peinent à mettre un enfant au monde pour manque d’hôpital ou d’équipements sanitaires adéquats baisse.

En République de Guinée, notre première action a été opérée dans l’agriculture  à N’zérékoré mais ça n’avait pas bien donnée. Que cela ne tienne, nous comptons relancer ledit projet.

Pour le moment, nous focalisons nos actions sur la santé. Le déficit est vraiment grand, il y’a trop à faire vraiment. Ça me rend malade. La dernière fois quand nous avons fait des dons pour bébés c’est aux centres Bernard Kouchner, les Centres médicaux et communaux de Matam et de Ratoma. Ensuite, pour les orphelins, des kits scolaires. C’est après qu’il a eu le grand don, les équipements médicaux. Ces derniers qui viennent renforcés le système sanitaire guinéen seront répartis entre les hôpitaux de Boffa et Kindia en Basse Guinée. Il y’a trop à faire dans ce pays, c’est comme si c’est un terrain vierge encore.

 Au-delà de la santé, est-ce que votre Fondation pense de l’éducation ?

Oui, nous y pensons. Tout ce qui peut aider notre pays à se propulser plus haut reste notre souci.  Je tiens beaucoup à ma patrie. Et, j’ai de l’espoir qu’il sera un jour comme la Côte d’Ivoire voir l’Afrique du Sud. Mais, on ne peut pas le faire seul. Ce n’est pas le travail d’une seule personne, d’un seul parti. On doit le faire en tant que Guinéen.

Le mal dans ce pays, on parle de patriotisme mais le cœur, ce n’est pas ça.

Est-ce que vous comptez impliquer vos compatriotes qui vivent aussi aux Etats Unis dans ce projet humanitaire ?

Oui, il y’a même certains qui me demandent comment j’ai commencé et comment j’arrive à faire ces gestes salvateurs.  Je ne les cache rien, il n’y a rien de sorcier. C’est d’abord la volonté, la persévérance.

 On peut s’attendre à d’autres actions ?

Mais bien sûr. Je n’ai pas créé cette fondation pour juste faire deux dons à mon pays. Je suis en train de mettre un système en qui sera là pendant des années et des années. Je ne veux pas me limiter au niveau de la Guinée. Je projette travailler aussi dans la sous-région.

Comment vous obtenez les dons ?

C’est sous fond propre. Financièrement, je n’ai jamais reçu même un franc ou un dollar d’une ONG ou autre partenaire.  Ça vient de ma poche. Que ça soit la location des véhicules, magasinages, la location des fourchettes,  mettre le staff en place pour m’aider.

Selon vous qu’est ce qui pourrait expliquer les causes des problèmes des Guinéens ?

C’est plutôt mental. Les gens se concentrent sur des futilités au lieu de penser grands. Ils se réfugient dans les petits carrés à faire des jeux politiques.  Notre pays est béni, nous avons toutes les richesses. C’est un beau pays. C’est qui nous manque c’est de nous entendre, de ne pas laisser les politiques nous diviser.

Votre message particulier ?

C’est de dire à mes compatriotes vivants à l’étranger de ne pas oublier la Guinée. Mais je sais qu’ils le savent. Le pays nous appartient tous. Il faut qu’on se donne la main pour que cette Guinée puisse aller de l’avant. En tant que Guinéen, on doit faire face à nos problèmes. Personne ne viendra développer ce pays si ce n’est pas nous. Il faut le faire en tant qu’équipe.

Aux autorités de renforcer l’aide à l’intérieur et porter attention aussi aux problèmes d’entretien. L’essentiel n’est pas seulement de construire, il y’a un problème d’entretien, de suivi.  Il faut éduquer les travailleurs, le peuple.

Interview réalisée par Moussa Traoré