Les Sierra-léonais élisent mercredi 7 mars le successeur du président Ernest Bai Koroma, qui ne peut plus se représenter après deux mandats de 5 ans.

Parmi les 16 candidats en lice, voici ceux qui ont le plus de chances de l’emporter.

Samura Kamara (APC): l’héritier

Economiste de 66 ans gravitant dans les allées du pouvoir depuis près de 30 ans, Samura Kamara a été choisi par le président sortant Ernest Bai Koroma pour représenter l’APC (Parti de tout le peuple).

Après avoir été gouverneur de la Banque nationale de Sierra Leone (2007-2009) puis détenu le portefeuille des Finances (2009-2012), il obtient le ministère des Affaires étrangères, qu’il quitte en octobre 2017 pour se lancer dans la course à la présidentielle.

S’inscrivant dans la continuité de M. Koroma, qui le soutien ouvertement, il a promis lors d’un débat télévisé que l’APC « fera plus dans les domaines des routes, de l’électricité, de la santé et de l’éducation ».

Selon l’analyste Lansana Gberie, M. Kamara était le « technocrate préféré des politiciens et des militaires », y compris quand le pays était dirigé par des juntes.

Peu connu du grand public, il mise sur la base traditionnelle de l’APC et sur le soutien de M. Koroma pour espérer la victoire.

Julius Maada Bio (SLPP): l’opposant

Candidat de la principale formation de l’opposition, le Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), Julius Maada Bio, 53 ans, avait été battu par Ernest Bai Koroma en 2012.

Ce militaire de formation s’est excusé pour l’exécution de plus de 20 personnes lors d’un coup d’Etat auquel il a participé en 1992. Il a lui-même pris le pouvoir en janvier 1996 en évinçant le chef de la junte, le capitaine Valentine Strasser, dont il était le vice-président. Trois mois plus tard, il rétablit le multipartisme, ce qui redore son image.

Il a ensuite étudié les relations internationales aux Etats-Unis et est connu pour son franc-parler. Pendant la campagne, il a qualifié de « supercheries » les projets d’infrastructures financés par la Chine que privilégie le parti au pouvoir.

M. Kamara, qui fait lui-même face à des soupçons de corruption, l’a accusé d’avoir détourné 18 millions de dollars lors de son passage de trois mois à la tête de l’Etat en 1996.

Kandeh Yumkella (NGC): le « troisième homme »

Appelé à jouer un rôle de « faiseur de roi » en cas de second tour, le « troisième homme » de cette présidentielle, Kandeh Yumkella, 58 ans, a quitté le SLPP il y a moins d’un an pour fonder sa propre formation, le Grande Coalition nationale (NGC).

Salué par ses partisans pour s’intéresser plus aux problèmes du pays qu’à chercher des soutiens régionaux ou ethniques, M. Yumkella, qui utilise avec efficacité les réseaux sociaux, séduit un électorat plus urbain et plus éduqué que la moyenne nationale.

Il a promis un « plan d’urgence » pour l’éducation s’il est élu, avec une attention particulière pour l’enseignement technique.

Ancien diplomate de l’ONU, il s’est spécialisé dans les solutions énergétiques pour les pays en voie de développement et dans le changement climatique. Il jouit d’une bonne image auprès des pays et organisations internationales qui accordent une aide financière cruciale au pays.

Il a fait l’objet d’attaques pour avoir détenu la nationalité américaine et a été traîné devant les tribunaux par l’APC pour cette raison (les bi-nationaux ne peuvent pas se présenter à la présidentielle), bien qu’il ait renoncé à son passeport américain l’an dernier.

Samuel Sam-Sumana (C4C): le revanchard

Démis de sa vice-présidence par M. Koroma en 2015, Samuel Sam-Sumana, 55 ans, à la tête de la Coalition pour le changement (C4C) espère causer le plus de dommages possibles à ses anciens alliés.

Classé à gauche, il souhaite augmenter les salaires des fonctionnaires, dont les maigres émoluments sont selon lui « une recette garantie pour la corruption ». Il veut aussi que les lois anti-corruption soient appliquées sans réserve.

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