Nouvelles des Regions

N’zérékoré: persécuté, un commerçant qui a tout perdu échappe de justesse à la mort

Les violences intercommunautaires ont fait de nombreux morts et des blessés graves au sud de la Guinée après le double scrutin controversé. Grièvement blessé, El hadj Issiaga Diallo a raconté sa mésaventure et comment son père et son fils ont été tués par des chasseurs « Donzos ». Rencontré ce vendrédi 27 mars 2020 à l’hôpital régional de Nzérékoré, ce jeune commerçant proche de l’UFDG, principal parti de l’opposition a vécu le pire moment de sa vie.

Interrogé, ce père de famille hospitalisé nous a révélé qu’il réside dans le quartier Bellevue et est commerçant de matériels électriques et distributeur des produits de la société de téléphonie mobile, Orange Guinée dans la ville de Nzérékoré.

Selon des informations recueillies sur place, c’est au quartier Bellevue que les violences ont commencé lorsque des jeunes opposés au double scrutin (législatif et referendum) ont attaqué un bureau de vote et un homme a trouvé la mort.

Par la suite, les violences prendront une autre tournure. Des lieux de culte ont été saccagés et incendiés. Les violences se sont transformées en violences inter-religieuses et ethniques entre les Guerzés (chrétiens, animiste) et les Koniankés musulmans.

El hadj Issiaga Diallo, commerçant violenté à N’zérékoré

« Ce sont les jeunes Koniankés du voisinage, aidés par les chasseurs Donzos venus de la haute Guinée qui ont attaqué ma maison familiale au soir du 22 mars. Ils m’accusent d’avoir organisé et financé les jeunes Guerzés qui ont saccagé les bureaux de vote, Ils m’ont fait comprendre qu’ils vont finir avec ma famille et moi aujourd’hui parce qu’ils connaissent que j’organisais des réunions clandestines chez moi. Ils m’accusent d’avoir aidé les Guerzés contre les Koniankés du fait que j’ai des bons rapports avec la communauté Guerzé et mon business de commerce marchait bien. Ils nous ont attaqué, tué mon père et mon garçon, ils m’ont poignardé au ventre, blessé sur la tête, sur le visage et à ma cuisse ils m’ont beaucoup frappé, je suis tombé dans le coma. C’est ici à l’hôpital ici que je me suis réveillé.

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Hier, les gendarmes voulaient m’envoyer de force à la gendarmerie, les médecins ont demandé de me laisser suivre mon traitement. Ils m’ont fait signer un procès-verbal où ils m’accusent d’avoir soutenu et fourni des armes aux Guerzés. Ils m’accusent d’être le cerveau du mouvement qui veut déstabiliser le pouvoir dans la région et d’être un élément d’un vaste réseau piloté par des opposants », nous confie monsieur DIALLO

Ces violences ont enregistré plusieurs cas de morts dont certains ont été enterrés dans des fosses communes, des blessés, des arrestations. Plusieurs opposants arrêtés ont été conduits en prison.

Selon notre constat, un gendarme était posté à la grande rentrée pour interdire les visites. Après une altercation, il a fallu des médiations pour que cet homme en uniforme nous autorise l’accès.

Nos tentatives d’avoir la version des médecins sont restées vaines.

Mamadou Aliou Barry pour Aminata.com

(+224) 666 385 908

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