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Nouhou Thiam : l’autre drame oublié ?

La Justice militaire est créée par décret. Des magistrats formés à cet effet nous dit-on. Mais on attend toujours l’applicabilité de cette instance. Une instance devant statuer sur entre autres des officiers supérieurs de l’armée guinéenne – interpellés dans l’affaire dite de l’attaque du domicile du chef de l’Etat dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011 -, aujourd’hui croupissant dans les prisons guinéennes. Dans un drame oublié.

A l’annonce de la création de la Justice militaire, nombreux Guinéens avaient applaudi le geste, voyant là-dans, une réelle volonté politique du gouvernement à cultiver de fait, une réelle Justice en Guinée, d’où d’ailleurs la déclaration de l’année 2013 comme celle de la Justice. De longs mois après, les officiers sont toujours sans jugement. Ils sont détenus et leur famille s’inquiète d’autant plus que certains parmi eux ont été décimés au gnouf. Parmi ces officiers, le général Nouhou Thiam, un des très proches de Sékouba Konaté, alors président de la transition.

Récemment, Ibrahima Béavogui, porte-parole du département de la justice guinéenne annonçait ceci dans la presse guinéenne : « Nous sommes encore dans la phase préparatoire du jugement de la cour martiale. Il s’agit d’infractions militaires. Les infractions militaires sont jugées par le tribunal militaire. Et à ce jour, les magistrats de ce tribunal sont en formation. Ils vont être fonctionnels bientôt. C’est une question militaire sur laquelle je ne voudrais pas répondre. Je veux simplement dire que ça relève de la compétence du tribunal militaire. Nous sommes en train de former des magistrats militaires qui vont un jour juger ces gens. »

A LIRE =>  Gestion de la Transition Guinéenne: Kouyaté, Bah Oury et Cie constatent plusieurs manquements et écrivent  au chef de la junte

Au même moment, le collectif des avocats de la Défense demande la libération provisoire pour leurs clients en attendant leur jugement. Mais, le Parquet de la Cour d’appel de Conakry ne serait pas du même avis. C’est dire que ces officiers sont loin de connaître une vie paisible. Et quand on sait la nature de nos prisons, il y a bien lieu d’avoir du sang noir pour ces « gardés sans jugement ».

Affaire à suivre

Nanténin MAGASSOUBA

nantenin-magassouba@hotmail.fr

Conakry, le 5 novembre 2013

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