L’homme fort de l’Est libyen, Khalifa Haftar, a accusé Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement d’entente nationale (GNA), de “fanfaronner” et de n’avoir “aucune autorité sur Tripoli”, dans un entretien à France 24 au lendemain d’un accord conclu entre les deux rivaux sous l’égide du président français.

“Il ne possède pas la ville. Tripoli est la capitale de tous les Libyens, elle n’appartient à personne, il n’a aucune autorité sur Tripoli”, a lancé Khalifa Haftar dans cet entretien diffusé mercredi soir.

M. Sarraj, chef d’un gouvernement reconnu par la communauté internationale, “est un ingénieur. Il doit parler dans le cadre de ses compétences et loin des fanfaronnades inutiles. Il ne possède que le verbe”, a asséné le maréchal Haftar, homme fort de l’Est du pays, à la tête d’une autoproclamée armée nationale libyenne.

“Tant qu’il y a un danger, nous sommes prêts à défendre (la capitale). Mon ambition est de défendre le peuple. Nous sommes les gardiens du peuple”, a-t-il ajouté.

Ces paroles jettent une ombre sur l’accord arraché mardi en région parisienne aux deux rivaux par le président français Emmanuel Macron, qui a fait du dossier libyen une de ses priorités.

MM. Sarraj et Haftar ont “agréé” – mais pas signé – une déclaration en dix points dans lesquelles ils s’engagent notamment à un cessez-le-feu et à organiser des élections le plus rapidement possible. Cette déclaration de principes reste toutefois très vague et n’engage pas la myriade de milices plus ou moins alliées avec les deux rivaux libyens.

Il n’y a pas à proprement parler de ligne de front en Libye, mais des poches de combats sur tout le territoire, et deux autorités rivales – celle de M. Saraj et celle de l’est, à laquelle sont ralliées les forces de Haftar – qui se disputent le contrôle du pays et des ressources.

M. Haftar a réitéré que le cessez-le-feu n’incluait pas les groupes “terroristes”. “Daech (acronyme arabe des jihadistes du groupe Etat islamique), Al-Qaïda, le Groupe combattant libyen, les Brigades de défense de Benghazi, les extrémistes parmi les Frères musulmans… Nous n’aurons aucune entente avec eux, il n’y a pas de cessez-le-feu avec ces gens”, a-t-il martelé.

Le maréchal Haftar, revenu de vingt ans d’exil en 2011 au moment de la révolution libyenne, est soupçonné par ses détracteurs de vouloir prendre le pouvoir en Libye et de n’avoir aucune intention de se soumettre au pouvoir civil.

Fayez al Sarraj, installé depuis mars 2016 à Tripoli à la suite d’un accord sous l’égide de l’ONU, peine à asseoir l’autorité de son gouvernement.

La Libye, pays riche en pétrole, a sombré dans le chaos depuis la chute du colonel Kadhafi fin 2011.

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