Lancinet Kabassan Keita, Directeur National des Sports et des Activités Physiques a accordé cette semaine une interview exclusive  aux sites justinmorel.info et aminata.com. Au cours de cet entretien, il s‘est largement exprimé  en général sur le sport guinéen  toute discipline confondue et  a également donné son avis les préparatifs de la CAN 2023 en Guinée. 

Aminata.com/ Justinmorel.info : Certains observateurs pensent que le sport guinéen en général  va de mal en pire. En tant que directeur national des Sports, qu’en dites-vous ?

Lancinet Kabassan Keita : Je m’oppose à cette assertion, pour moi le sport guinéen se porte très bien. De  tant plus que le sport guinéen dans ces derniers temps,  a eu à remporter plusieurs médailles.

Donc, il ne faudrait pas que ces observateurs  voient  le résultat du Syli National senior face à la Mauritanie et puis crier au scandale pour dire que le sport guinéen se porte mal. Même au sein du football, nous sommes l’un des rares pays à avoir participé à la Coupe d’Afrique des Nations, à la coupe du monde des cadets et des juniors. Ça,  c’est déjà  un résultat.

Nous avons eu notre équipe locale se qualifier à la phase finale du CHAN. Donc, sur quatre tableaux, nous nous  sommes retrouvés au niveau de trois tableaux.  Ce qui veut dire que même le football se porte très bien.

Le championnat national se joue régulièrement au niveau du football. Le basketball pour la première fois depuis plus de 40 ans a pu battre le Sénégal et le Mali. Nous sommes avec le handball qui a eu des trophées dans la catégorie junior.

Nous sortons du championnat d’Afrique de boxe de la zone 2 où la Guinée a eu cinq médailles d’ors sur les dix qui ont été présentées. Le judo et d’autres disciplines, pour moi se passent bien. Nous sommes dans un environnement un peu difficile parce que nous somme en manque d’infrastructures des différentes disciplines sportives. Au delà de ça, pour moi,  le sport national se porte bien.

Certaines  avouent mordicus que le  football  est la discipline  la plus considérée par les autorités sportives que tant d’autres disciplines en Guinée, qu’en dites-vous ?

Oui,  ça peut être vrai d’autant plus que si vous prenez le budget du département, près de la moitié de ce budget est consacré au football, surtout au Syli national.

Mais,  nous sommes entrain de chercher à renverser la pyramide parce que le moment où on venait aux affaires, il était à 70%, les autres disciplines n’existaient près ce que pas.  Nous sommes entrain de nous battre petit-à- petit pour que les autres disciplines émergent. Et, ce fait, nous organisons même des compétitions internationales au pays.

L’année dernière,  on était avec le handball, l’athlétisme, le karaté et tant d’autres. Cette année, nous avons commencé avec la boxe. Et, notre ambition,  c’est de continuer avec les jeux de dames pourquoi pas,  le basketball et d’autres.

Il y a un problème de budget qui s’oppose, nous sommes entrain de nous battre petit à petit a fin que le football laisse quelque part une partie de son  budget pour les autres disciplines que nous sommes entrain de développer.

Quel est le jugement que vous portez à l’endroit du nouvel entraineur du Syli national, Paul Put,  sachant qu’il a perdu son premier match amical  face à la Mauritanie ?

Il est très difficile d’avoir un jugement sur Paul Put pour ce premier mois parce qu’il vient de prendre l’équipe en marche. Au moment où on signait le contrat par rapport au match amical Mauritanie-Guinée, il n’était même pas engagé encore. C’est après avoir accepté de jouer contre la Mauritanie, qu’on est allé un peu plus vite pour mettre Paul Put à la tête de cette sélection.

C’est un monsieur qui a un bon passé avec ce qu’il a eu à faire avec le Burkina Faso et dans d’autres pays. Nous sommes là, nous attendons et nous faisons confiance à la fédération guinéenne de football et à son nouvel entraineur.

Nous pensons qu’il pourra nous faire qualifier à la CAN 2019 au Cameroun et au mondial 2022, c’est ce qui est demandé à Paul Put. C’est sur la base de ça que nous pourrons le juger.

La Guinée doit organiser la CAN en 2023, un comité de pilotage a été  mis en place mais, jusque là, aucun jalon n’a pas été posé pour prouver que la Guinée s’achemine vers l’organisation de cette compétition  africaine,  quel en est votre avis ?

C’est vrai que les guinéens sont pressés pour avoir les premiers stades mais ce qui est difficile,  on l’a déjà fait. C’est de mettre sous pied un comité de pilotage et ce comité de pilotage, ceux-ci sont entrain de travailler sur un plan d’action qui va nous amener vers 2023.

Et ce qui reste clair,  nous avons la volonté politique qui nous accompagne parce que le chef de l’Etat lors de la visite du président de la confédération africaine de football a dit que la Guinée va organiser cette compétition.

Nous croyons au chef de l’Etat, on espère qu’il va accompagner le comité de pilotage pour nous donner cette coupe d’Afrique. Je vous rappelle que le projet Kaléta, on l’a fait en moins de 3 ans et on pourra aussi faire les stades en moins de trois ans.

J’espère que d’ici 2023, beaucoup de choses seront faites et que la Guinée organisera  avec succès l’une des meilleures coupes d’Afrique des nations.

Interview réalisée par Ibrahima Sory BARRY pour Aminata.com et Léon Kolié pour JMI.

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