Les membres de la plate-forme dénommée Alliance pour l’Alternance en 2020 (AA-20)
Les membres de la plate-forme dénommée Alliance pour l’Alternance en 2020 (AA-20)

Dans une déclaration rendue publique ce vendredi 24 mai 2019, la plate-forme dénommée Alliance pour l’Alternance en 2020 (AA-20), ses membres ont indiqué que dans les années 90, certains Guinéens et Guinéennes se sont battu pour un multipartisme intégral en vue de favoriser une alternance politique et empêcher l’instauration de la dictature et la présidence à vie dans leur pays.

“Parmi ces Guinéens, le Président actuel était l’un des acteurs majeurs. Malheureusement, c’est lui qui viole aujourd’hui nos lois et cautionne les déclarations fantoches pour tripatouiller notre constitution, en vue de lui permettre de se maintenir au pouvoir. Or, cela va à l’encontre de son serment, de nos valeurs et de nos principes républicains.
Malgré l’opposition de plusieurs acteurs en 2001, la Constitution guinéenne a fait l’objet de modification pour permettre au Général Lansana Conte, déjà très malade, de continuer à diriger le pays jusqu’à sa mort. Le pays fut isolé et ses problèmes économiques se sont empirés. Le chômage, surtout des jeunes, s’est aggravé depuis et la pauvreté des populations s’est accrue. La corruption et la mal gouvernance ont fini par avoir raison du pays. C’était la faillite ! Le pays a connu d’importants soulèvements populaires réprimés dans le sang. Des centaines de jeunes, à la fleur de l’âge, ont été tués, des milliers de personnes ont été blessés et des dégâts importants ont été enregistrés. Cette situation a fait des années 2000, des plus violentes de l’histoire politique de notre pays”, ont-ils rappelé.

Selon eux, la Guinée n’est plus prête à revivre ce passé sombre de son histoire dont les cicatrises inoubliables sont encore dans le cœur des Guinéens et Guinéennes.

Aux dires de cette plateforme, depuis le lendemain de la prestation de serment du président Alpha Condé, plusieurs actes ont été posés par son entourage qui à l’en croire, ne laissent plus aucun doute que ce dernier veut briguer un 3e mandat.

La plateforme cite entre autres, la destitution de Kelefa Sall, la mise en place des PA dans les quartiers favorables à l’opposition, l’imposition des maires RPG dans certaines communes où cela était impossible, le refus d’installer les conseils de quartier et de district, le refus d’organiser les législatives, le lancement d’une campagne de sensibilisation impliquant tous les commis de l’Etat pour s’accorder sur le principe du referendum.

“Tous ces actes sont posés malgré l’interdiction formelle d’un 3e mandat que consacre l’article 27 de la constitution de du 7 mai, 2010, qui stipule que : « Le président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non. » Cet article 27 a été renforcé par l’article 154, qui fait du nombre et de la durée des mandats du président de la République une des infantilités. En effet, selon l’article 154, « La forme républicaine de l’Etat, le principe de la laïcité, le principe de l’unicité de l’Etat, le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’une révision. » Ce sont les six exceptions de la loi fondamentale qui, impérativement, sont exclues du terrain d’une révision constitutionnelle”, précise-t-on dans cette déclaration.

Vu toutes ces dispositions de la constitution, l’Alliance pour l’alternance en 2020 pointe du doigt les dérives et rappelle à la responsabilité.

“L’Alliance pour l’alternance en 2020, souligne la responsabilité personnelle du Président de la République dans l’orchestration du chao infligé au pays et l’invite à s’abstenir d’interférer dans le fonctionnement régulier des institutions et à s’ériger en obstacle à la restauration des institutions démocratiques ; elle rappelle que les problèmes politiques que connait notre chère République de Guinée depuis l’indépendance, notamment l’instabilité, des conflits et l’inefficacité de l’action des pouvoirs publics, qui tiennent notre peuple dans la misère, tirent leur origine des crises de légitimité des institutions et de celle de leurs animateurs ;
elle rappelle au Président de la République sa responsabilité personnelle dans la situation actuelle et l’invite à prendre des initiatives fortes susceptibles de régler cette question d’illégitimité des institutions et de leurs animateurs ; elle invite, en toute responsabilité, le Président de la République à être loyal envers le peuple de Guinée, qui a clairement exprimé sa volonté de changement”, a-t-elle ajouté.

Elle l’invite en plus à respecter la constitution et les lois qui incarnent les valeurs et principes de la République de Guinée et à s’abstenir de toute initiative susceptible de cautionner les velléités de révision constitutionnelle pour la poursuite de la dictature dans notre pays.

“L’Alliance pour l’alternance en 2020, est résolu à poursuivre sa lutte pour l’établissement d’un Etat de droit démocratique, le respect des libertés et la dignité humaine, lutter contre les antivaleurs et anti-principes ;
elle exhorte le peuple de Guinée à ne pas céder au désespoir et au découragement. La lutte pour le changement est un processus et qui reste pour nous tous un devoir civique ; face à ce projet suicidaire, elle alerte l’opinion publique nationale, internationale, et interpelle les leaders politiques, religieux et des organisations de la société civile, sur les graves dangers que ferait courir à la paix en Guinée une révision constitutionnelle, qui serait anticonstitutionnelle, si elle incluait dans ce cercle des articles 27 et 154 de la constitution. AA20 a observé avec intérêt les démarches des hauts commis de l’Etat et la naissance des mouvements de soutien ; L’Alliance pour l’Alternance en 2020, déclare sa ferme détermination à lutter contre ce projet suicidaire. AA-20 invite le peuple de Guinée au niveau national et à l’étranger à se lever pour mener le combat ensemble”, a-t-elle lancé.

Mamadou Aliou Barry pour Aminata.com

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