Sociétés de sécurité : Madina Daff, patronne de SPP fustige la concurrence déloyale

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Alpha Oumar Diallohttp://aminata.com
Alpha Oumar Diallo est journaliste de formation. Issu de l'Institut Supérieur de l'Information et de la Communication (ISIC), ce jeune pétri de talents et d'objectivité a travaillé dans de nombreuses rédactions en Guinée et a collaboré avec de médias étrangers. Passionné de l'écriture, il traite régulièrement des sujets d'actualité en toute impartialité et fait des analyses objectives.

L’unique femme cheffe d’entreprise d’une société de sécurité, Madina Daff est une femme d’affaires de poigne. Fondatrice du Service privé de prestations (SPP), elle présente sa société à travers son standing lors du forum des affaires de Conakry qui est en cours. Aminata.com l’a interrogé sur sa société de sécurité et les perspectives en vue. Lisez

Aminata.com : vous prenez part de ce forum d’affaire de Conakry, votre entreprise SPP, cette société évolue dans quel domaine ?

Madina Daff : SPP est spécialement dans la vente de matériels de sécurité, la formation des agents de sécurité privée qui n’a rien à voir avec la sécurité publique.

Quelles sont vos attentes au sortir de ce forum ?

D’abord c’est de faire connaitre SPP au niveau des partenaires financiers, des investisseurs locaux et internationaux, montrer notre qualité en terme d’équipement, de formation dans les différents domaines d’interventions de SPP sécurité.

Déjà, vous êtes présente sur le terrain depuis bon nombre d’années, quelles sont les entreprises avec lesquelles votre société de sécurité évoluent ?

Nous sommes sur le terrain depuis 15 ans. C’est une entreprise qui évolue avec certaines entreprises de la place. Mais vous savez en matière de sécurité tant que le client ne te donne pas la latitude de le citer dans une interview, tu ne peux pas le citer. Mais, je vous assure que nous ne sommes pas loin de 700 employés depuis qu’on a commencé.

Cela veut dire que déjà l’entreprise à une expérience dans le domaine de la sécurité ?

Tout à fait. Nous avons commencé ce gardiennage avec l’ambassade des Etats-Unis. En ce moment, c’était la seule entreprise de gardiennage privé en Guinée. Donc nous avons sécurisé l’ambassade des Etats-Unis pendant près de 9 ans. C’est après ce contrat que SPP a vu le jour. J’ai mis SPP en place compte tenu des différentes pages que j’ai eu à effectuer au sein de la première entreprise qui s’appelait SPG. C’est ce qui m’a donné le courage en tant que femme de créer une entreprise de gardiennage. Un métier souvent pratiquer par des hommes mais en fait ça n’a rien d’extraordinaire. La sécurité obéit à des règles et ces règles dès qu’on les respecte, on voit que c’est très facile.

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Vous êtes présente dans combien de préfecture ?

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Je suis à Nzérékoré, à Boké et à Conakry. Je suis en train de voir comment m’installer à Kamsar, Sangarédi et Léro parce que nous rencontrons d’énormes difficultés. Il y a plein de membres du gouvernement qui ont des services de gardiennage. C’est ce qui fait qu’il y a une concurrence déloyale.

Donc vous voulez dire qu’il y a une sorte de monopole ?

Oui de monopole, bien sûr parce qu’il y a le trafic d’influence au niveau des clients. Les appels d’offres ne nous arrivent pas à temps parce que c’est déjà bloqué au niveau du sommet. Quand vous voyez certaines personnes qui ouvrent le gardiennage, ils occupent des postes de responsabilité dans le pays, ils mettent souvent d’autres personnes devant mais c’est eux qui sont derrières. La concurrence, elle est là, elle est déloyale. C’est l’un des aspects qui freinent un peu développement de ce secteur.

A part cela, quelles sont les autres difficultés que vous avez ?

C’est le manque de formation. Vous savez la plupart du temps, les gens pensent que le gardiennage c’est quelque chose qu’on fait après, si on a rien à faire. Alors que dans les autres pays, c’est professionnaliser. Donc, nous n’avons pas la formation qu’il faut, vu le niveau de scolarité guinéenne.  La Guinée n’est pas beaucoup scolarisée. Pas seulement les femmes, même les jeunes. L’ancienne génération n’a pas le niveau d’appréciation des choses.

Dans votre standing, on a vu où c’est écrit bientôt un centre de formation, parlez-nous de ce projet ?

C’est un contrat, j’ai eu un partenariat avec un israélien et un allemand qui ont accepté de venir faire une formation de sécurité privée. Parce que former un gardien, ça n’a rien à voir à la formation spécifique de la police, de la gendarmerie en un mot de défense de sécurité. Partout où la sécurité publique ne peut pas aller, la sécurité privée est là-bas. Donc, c’est très important cette branche de sécurité soit formée au traitement des informations, à comment garder ? Comment traiter un client ? Comment traiter les informations reçu partir de ce client ? C’est vraiment important.

Quelles sont vos perspectives dans un pays en plein essor économique avec l’installation des multiples sociétés minières ?

C’est d’avoir un maximum de contrat et de professionnaliser vraiment le métier de gardien. Parce qu’actuellement, nous sommes casserons. Si nous pouvons transformer ce décret 108 en loi, ça va sécuriser les employés et les employeurs.

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Parlez-nous de ce décret ?

Le décret 108, c’est ce décret qui autorise la création de service privé de gardiennage en Guinée. Mais c’est un décret qui en phase de défaillance. Vous devez savoir qu’il y a l’union des services et entreprises privées de gardiennage qui a une fédération dont le président est Mansa Moussa de BPS, le vice-président est Macka Barry de l’AGUIPRESS, je suis membre. Donc, nous avons révisé un peu, nous sommes en train la cour de notre département tutelle pour qu’ils essayent de nous appuyer pour que ce décret 108 soit une loi.

Et que cette loi soit réactualisée ?

Réactualiser, adapter à la situation guinéenne parce que chaque pays a sa particularité.

Quelles sont vos particularités ?

SPP a une particularité parce qu’elle fait la promotion de la femme dans le cadre de la sécurité. Nous avons des employés féminins qui font le gardiennage que nous formons petit à petit. L’une des plus grandes particularités de SPP, c’est que c’est une femme qui a fondé SPP qui n’est pas du corps mais qui a quand même réussi a créé ce service depuis 1 ans. C’est l’une des plus grandes particularités parce que ce métier est dit d’homme. Même si une femme créé l’entreprise, elle met toute suite un homme qui gère mais je participe au contrôle. Je suis souvent sur le terrain. J’avoue que j’ai eu la chance de part et d’autre d’avoir un soutient, d’être accompagnée par des hommes forts.

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Madame votre dernier mot à l’intention des entreprises qui viennent s’installer en Guinée ?

C’est de surtout travailler avec des entreprises émergentes. De ne pas voir simplement les grandes entreprises de sécurité privée. Nous leur disons que SPP est là, que leur sécurité est notre souci parce que c’est le slogan de SPP. Bientôt, je vais vous invitez pour l’ouverture du centre de formation.

Entretien réalisé par Alpha Oumar Diallo (Aminata.com) et Aly Sylla (Djigui FM)

alphanyla@gmail.com

+224 628 38 98 39

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