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Ibrahima Kandja Doukouré
Ibrahima Kandja Doukouré

Si nous ne pensions qu’à la Guinée dans le débat actuel sur le besoin ou pas d’une nouvelle constitution? (Deuxième partie)

Président Laurent Gbagbo à raison sur un point: “Sans la Démocratie (la vraie), aucun de nos pays ne pourrait être gouvernable”. Dans le débat actuel sur l’adoption ou non d’une nouvelle constitution, beaucoup d’arguments pour ce changement du régime avancés par le RPG sont autant ridicules que sa recherche effrénée pour rester au pouvoir. On aimerait dire quelques mots sur ces défenses à sens unique et ajourerait pourquoi la manière actuelle de nous donner cette réforme institutionnelle pourrait, en fait, nous être très dangereuse.

Tout d’abord, on est beaucoup surpris que le RPG Arc-en-ciel se lance dans le débat actuel avec toutes les alliances qu’il a déjà. On est étonné que ce parti au pouvoir qui a plus de la chance de remporter n’importe quelle élection en Guinée en ce moment risque sa présidence future dans un débat dans lequel il peut rapidement tout perdre sans oublier ses éventuels dégâts sur la paix et le développement socio-économique du pays.

En cas d’une élection en Guinée aujourd’hui, la nature ethnique de nos parits politiques et les alliances politiques régionales mettraient probablement le RRG et l’UFDG en tête de la compétition; et s’il s’agissait d’une présidentielle, le plus grand manipulateur des ethnies en serait à la présidence. Les alliances actuelles du RPG pourraient facilement remporter la présidentielle en choisissant juste un autre candidat issu de la Basse-Guinée ou de la Forêt. C’est dangereux mais il n’est secret pour personne que les distributions des présidences d’institutions républicaines par ce parti au pouvoir depuis au lendemain de la présidentielle de 2010 sont plus éloquentes en la matière. Ce parti a décidé de donner la premature à la Basse-côté et la présidence de l’Assemble nationale à la Forêt, … sans oublier que notre fameux professeur nomme et limoge lui-même les ministres en se basant sur les mêmes critères purement subjectifs. Il a même donné ironiquement les postes ministériels à certains pour juste magnifier cette coloration ethnique.

C’est pourquoi, on ne croit pas personnellement à la démarche actuelle du RPG en ce qui concerne son intention de changer la constitution ou qu’il serait sérieux de tenter un éventuel autre mandat de notre fameux professeur. On croit qu’il veut juste faire occuper l’opposition des débats inutiles et confuses mais qui peuvent être tragiques de temps à temps et à quelques endroits dans le pays; et en même temps, il ferait tout pour se préparer en catimini et sûrement sur les manières des truquer les prochaines législatives et la présidence de 2020. Dans un pays avec les regroupements ethniques et les alliances régionales, comment un parti qui a plus de la chance de remporter une présidence avec les lois actuelles pourrait-il se lancer dans un débat qu’il risque de tout perdre? Ça n’en a guère l’air très sérieux.

En outre, notre fameux professeur veut rester coûte que coûte une pierre importante dans l’histoire démocratique de la Guinée; et il serait surprenant qu’il s’engagerait de tenter de briguer un troisième mandat qui remettrait son long combat de plus d’un siècle pour la vraie Démocratie en Guinée dans l’eau. Une entreprise qui lui associerait à tous les autres qualifiés des dictateurs dans l’histoire du pays. Cependant il ne dira probablement jamais sa décision aujourd’hui pour ne pas éclater son parti dans lequel les guerres de succession risqueraient d’être plus longues et catastrophiques pour son parti. On croit qu’il dira clairement sa position quand il serait sûr d’assurer sa succession qui serait acceptée par les autres.

Maintenant, supposons que le RPG veut vraiment changer la constitution et tenterait même de donner un autre mandat à notre fameux professeur? Les arguments avancés par ce parti sont ridicules et dépourvus des moindres logiques.

Premièrement, ils nous chantent que la constitution actuelle souffrirait de la légitimité populaire car elle n’a pas été approuvée par un référendum populaire ou d’autre chemin similaire. Ils oublient qu’il y a deux manières d’approuver une constitution, soit par la voie référendaire ou par la voie législative. Et toute la Guinée était d’accord que le Conseil National de la Transition (CNT) était l’Assemblee Nationale pendant cette période et ses décisions étaient considérées comme celles de la Branche législative. Toute la Guinée était aussi d’abord que ce Conseil jouerait les rôles du pouvoir législatif jusqu’à l’installation complète des élus parlementaires par le peuple. Le président de la Transition était aussi considéré comme le président de la République. La constitution actuelle avait été adoptée par ce Conseil et promulguée par le président de la Transition. De quelle légitimité parlent-ils encore?

De deux, notre fameux professeur a prêté deux fois le serment sur cette constitution qui lui a fait deux fois le président de la république. Il serait tout simplement irrationnel de contester vivement la légitimité d’une constitution sans en même temps contester la légitimité de celui qui a prêté à deux reprises le serment sur celles-ci. Il a aussi travaillé après la présidence de 2010 avec le Conseil National de la Transition qu’il a considéré comme le pouvoir législatif. A l’époque, ni ce président ni le parti n’a parlé d’une quelconque illégitimité de cet organe transitoire. Et que dire à propos des députés actuels qui continuent de siéger à l’Assemblée Nationale en votant et rectifiant les accords au nom du peuple dont ils n’ont plus ses mandats? Et quelle est-elle la position de notre fameux professeur qui leur a accordé ces arrangements juridiques pour éviter le vide institutionnel dans le pays?

Troisièmement, ils ne cessent de répéter qu’une constitution doit accepter des modifications ou changements au fur et à mesure de l’évolution de la situation du pays. On peut leur accorder ça sur la forme. Les lois sont faites pour être prises comme les seules références qui ont pour objectifs d’arbitrer dans certains conflits et y résoudre d’autres. Mais cette constitution et toutes les autres lois, imparfaites soient-elles, si elles avaient été prises comme les seules références dans le pays depuis 2010, elles auraient épargné beaucoup des malheurs connus à ce pays. Malheureusement, elles ont été piétinées matin et soir pendant les neuf (9) dernières années et le pays a été gouverné par les humeurs d’un président et les accords politiques qui n’ont jamais été respectés. N’est-il pas plus facile de respecter les lois ou institutions que les accords politiques? La constitution actuelle et les autres lois ou institutions ne sont pas des problèmes mais les problèmes ont été qu’ils n’ont jamais étaient prises comme les seules références par ce pouvoir et même par l’autre côté.

En outre, il est vrai que cette constitution n’est pas parfaite et j’ai personnellement beaucoup des choses à dire à son propos. L’idée d’adapter cette constitution pourrait être géniale car comme le soulignait un économiste: “Les hommes sont incapables d’imaginer une autre situation que celle qu’ils ont déjà vécue”. Il est difficile qu’un pays ait une constitution ou institutions faites pour l’éternité sans les revoir de temps en temps quand les besoins en sont. Cependant, la Guinée n’a pas besoin d’une nouvelle constitution aujourd’hui et si l’actuelle doit être revue, cette révision doit provenir d’un minimum de consensus national. Les démarches solitaires pour changer une constitution qui a pour but d’être prise come la référence nationale et qui doit être faite pour le futur sans divulguer ses grandes lignes au peuple (qui la différencieraient de celle en vigueur) est tout simplement dangereux.

En parlant les grandes lignes de cette “nouvelle constitution” qui seront des nouveautés en Guinée, le parti au pouvoir aurait pu canaliser le débat sur son contenu et non sur les imaginations générales et confuses actuelles à son propos dans le pays. Je n’imagine pas qu’un président qui a eu le seul argument contre la polygamie dans le code civil est de ne pas changer, en 2019, ce qui y était depuis 1958, nous aurait donné une constitution en 2019 dans laquelle il y aurait aucun âge minimum et un âge limite pour être candidat à la présidence. L’homme moderne nous donnerait-il une constitution qui autoriserait un homme de plus de quatre-vingt (80), de quatre-vingt-dix (90) ou même de cent (100) ans à être notre président? Le ridicule aurait tué le monde entier.

Au cas où il y aurait un âge minimum et un âge limite dans l’éventuelle nouvelle constitution pour être candidat à la présidence qui, s’ils étaient cohérents et raisonnables, auraient disqualifié du coup notre fameux professeur; le débat actuel sur un éventuel troisième mandat serait définitivement clôt. Les Guinéens qui s’opposent à cette éventuelle constitution n’ont aucune haine pour ce qu’elle en serait mais ne veulent pas tout simplement d’un autre mandat d’un pouvoir qu’ils considèrent comme discriminatoire qui a exacerbé les tensions inter-ethniques déjà existantes dans le pays.

Pour conclure ce passage, il faut souligner que la nature ethnique de nos partis politiques et les alliances régionales n’accepteront jamais qu’un parti reste au pouvoir par les arrangements juridiques solitaires et égoïstes. Si le le RPG ne nous dévoile pas les grandes lignes de la “nouvelle constitution” qui nous assureront des garanties qu’il s’agirait d’une constitution moderne qui serait faite pour le futur et pas de donner un autre mandat à notre fameux professeur, ce pouvoir doit organiser les élections législatives et présidentielles transparentes et crédibles avec les lois actuelles dans lesquelles les Guinéens vont choisir librement leurs députés et leur futur président de la république. Certes, je ne suis pas naïf de croire que ces élections seront paisibles à cause de nos partis ethniques mais elles seront moins dangereuses que les démarches solitaires pour les arrangements juridiques égoïstes dans le but de maintenir notre fameux professeur au pouvoir.

(Ibrahima Kandja Doukouré, New York)

Apropos Alpha Oumar Diallo

Alpha Oumar Diallo est journaliste de formation. Issu de l'Institut Supérieur de l'Information et de la Communication (ISIC), ce jeune pétri de talents et d'objectivité a travaillé dans de nombreuses rédactions en Guinée et a collaboré avec de médias étrangers. Passionné de l'écriture, il traite régulièrement des sujets d'actualité en toute impartialité et fait des analyses objectives.

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