Sékou Legros Camara à la fille du feu Aboubacar Demba Camara : « elle ne peut pas avoir la totalité des œuvres de son père » (interview)
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L’un des membres fondateurs du célèbre groupe ‘’Bembeya Jazz’’, trompettiste, chanteur, narrateur, animateur, compositeur et interprète   Camara Sékou Legros a accordé la semaine dernière une interview aux sites Justinmorel.info et à Aminata.com. Au cours de laquelle, il a largement parlé du 57ème anniversaire de l’orchestre, de la réclamation des œuvres  d’Aboubacar Demba Camara par sa fille unique Koulako  et tant d’autres sujets concernant ledit groupe.

Lisez !

Aminata.com/JMJ : Bambeya Jazz doit fêter son 57ème anniversaire en mois d’avril. En tant que l’un des fondateurs de ce célèbre orchestre, qu’en est la surprise ?

Camara Sékou Legros : Pour célébrer les 57 ans de Bembeya, nous avons fait un communiqué de presse parce que 57 ans dans la vie d’un ensemble artistique ou de tout groupe c’est très important. C’est une étape qui nous permet de nous arrêter, de demander de réfléchir sur le bilan que nous avons fait et nous projeter dans l’avenir pour les générations futures.

Depuis 2017, on pensait à 2018 et en 2018, nous avons relevé beaucoup de choses auxquelles nous avons pensé et qu’il faut mettre en œuvre maintenant.

En célébrant cet anniversaire, nous pensons à l’an zéro de Bembeya et en ce temps, il y avait la Guinée, il y avait des acteurs de la vie politique, il y avait des dirigeants. C’était une affaire de jeunesse.

En 58 Bembeya n’existait pas. Mais, ceux qui étaient là, c’étaient des jeunes dirigeants, des jeunes qui s’intéressaient à la politique sous le temps colonial.

Pouvez-nous parler le contenu de ce communiqué concernant l’anniversaire du Bembeya Jazz ?

Ce communiqué annonce les grandes lignes de ce que nous voulons faire parce que nous ne fêtons pas ce 57ème  anniversaire par plaisir de fêter, mais nous le fêtons pour réfléchir collectivement avec l’ensemble du peuple de Guinée.

Donc, fêter Bembeya Jazz, nous pensons au Balai africain qui fête cette année aussi, le 60ème anniversaire de la création de cet ensemble mutique.

Bembeya Jazz coïncide de fêter son anniversaire en semble avec celui du Balai africain, les pères de l’indépendance et tous ces jeunes de l’époque qui se sont battus pour souveraineté de la Guinée.

Nous allons profiter de cet anniversaire pour lancer la fondation Bembeya parce que le jour d’aujourd’hui, les membres fondateurs de Bembeya, il n’y a plus que deux survivants. A savoir, le guitariste Sékou Diabaté, le chef d’orchestre et l’administrateur général que je suis.

Qu’est-ce que vous avez prévus à l’occasion de cet anniversaire pour les membres disparus ?

Nous allons les rendre hommage à travers des activités de sensibilisation, comme la lecture du saint coran. Le jour j, nous ne sommes pas sûr de nos moyens, mais au cours de l’année 2018, de maintenant jusqu’à décembre, nous allons préparer ces événements.

Lors d’une interview qu’elle a accordée récemment à deux sites d’informations pour les 45 ans de la disparition de son père, la fille unique du feu Aboubacar Demba Camara, Koulako a déclaré vouloir récupérer les œuvres de son feu père.  Quel est votre avis face à cette exigence de Koulako Demba ?

C’est son droit de réclamer la paternité des œuvres de son père. Mais, avant elle, il y a d’abord Bembeya qui est propriétaire de ces œuvres parce son feu père Demba Camara, ‘’le dragon de la chanson africaine’’ a été recruté, formé, encadré et mis devant la scène par Bembeya Jazz.

Les gens qui l’ont fait connaitre du grand public, certes, c’était un géni Demba, mais, il n’était pas seul. Pour faire une chanson à succès, il faut le concours de tous. Une manière de vous dire que chacun a apporté sa part de partition au sein de Bembeya.

C’est vrai qu’il faut reconnaitre que c’était lui inspirateur des idées musicales, mais, c’est tout le monde qui apportait sa contribution.

Donc, elle peut réclamer une part de l’héritage de son père. Mais, Koulako ne peut pas avoir la totalité des œuvres de son feu père.

A l’occasion de commémoration de l’an 45 de la mort de votre feu leader vocal Aboubacar Demba Camara. Pourquoi nous n’avons pas sentis un acte symbolique l’immortalisant de votre part ?

En tant qu’administrateur de Bembeya, j’ai voulu organiser dans son village Saraya un hommage à titre posthume de la nation. Malheureusement, je suis tombé sur une période de trouble.

Vous avez suivi la grève déclenchée par des syndicalistes des enseignants et les manifestations politiques qui ont suivi. Donc, tous ceux qui pouvaient aider le Bembeya a organisé quelques événements étaient préoccupés par ces grèves.

Il fallait à tout prix chercher à ce que les enfants reprennent le chemin de l’école. Donc, personne n’avaient les moyens et jusqu’ici ça continue. C’est pourquoi, je ne peux pas vous dire une date précise que le Bembeya va lancer les activités du 57ème anniversaire pour cette année 2018.

Interview réalisée par Ibrahima Sory BARRY pour Aminata.com et Léon KOLIE pour JMJ



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