Suite à certaines actualités brulantes qui ont défrayé la chronique dans la cité, le président par intérim du parti Union Guinéenne pour la Démocratie et le Développement (UGDD), Pépé Francis Haba a largement donné son point de vue sur ces différents sujets lors d’une interview qu’il nous a accordé cette semaine.

Lisez l’intégralité de l’interview !

Justinmorel.info/Aminata.com : comment se porte votre parti ?

Pépé Francis Haba : L’UGDD se porte bien. Nous sillonnons le pays parce que nous voudrions être dans les années à venir l’un des partis politiques sur lesquels les populations guinéennes peuvent compter.

Nous sommes un parti politique jeune, les dirigeants sont jeunes, nous pensons que nous constituons un grand espoir parce que partout où nous passons, toutes les villes que nous traversons, les populations adhèrent à nos idéaux.

Nous pensons que nous ferons de grandes surprises lors des prochaines élections législatives et présidentielles parce que l’UGDD sera l’un des tous premiers partis politiques à être candidat.

Justinmorel.info/aminata.com : Quelle lecture faite faite-vous de la nouvelle CENI qui compose 14 commissaires ?

Pépé Francis Haba : Force est de reconnaitre tout d’abord que cette nouvelle loi a été à l’origine discriminatoire et injuste.

Dans le sens où on se lève,  et ce sont les gros partis politiques qui se sont vus et ont décidé de cette loi qui va rester dans l’histoire de la République parce que dès qu’elle a été promulguée, nous nous sommes opposés à son application avec acuité.

Et vous avez vu les sept (7) commissaires de l’opposition désignés par ces mêmes partis politiques pour cette nouvelle CENI, n’ont pas  respecté pas tous les critères édités dans la loi.

Les commissaires de la NGR, de l’UNR, ces deux partis politiques n’ont pas deux députés à l’assemblée nationale et ils n’ont pas été aux dernières élections présidentielles. Ça veut dire que le décret pris par le président de la République viole effectivement cette loi.

De l’autre côté, à l’opposition, l’UFDG, malheureusement ne s’est pas compris avec l’UFR. Heureusement que tout s’est finalement bien passé. Ils ont fini par s’entendre et déposé la liste des sept (7) commissaires.

On a compris que la nouvelle CENI est un enjeu majeur parce que les différents partis politiques ont proposé des gens qui sont plus ou moins pétris d’expériences et des gens qui sont aussi compétents.

Cela veut dire qu’on attend à une CENI beaucoup plus compétente et  qui pourrait en donner un ouf de soulagement parce que l’organisation des élections dans notre pays est assez problématique.

On espère que cette CENI va très bien faire son travail, afin que la Guinée sorte de cette fraude qui a toujours souillé nos élections passées.

Justinmorel.info/Aminata.com : Ne pensez-vous pas que c’est une trahison du fait que votre parti UGDD n’a pas eu de représentant  au sein de cette nouvelle CENI, parce qu’à notre connaissance, votre formation politique  avait participé aux élections présidentielles de 2015, qui est l’une des conditions pour être représenté au sein de ce organe chargé d’organiser les élections en Guinée ?

Pépé Francis Haba : Je vous ai tantôt dit que la loi, elle est discriminatoire et injuste.

Les critères qui ont été concoctés en commun accord entre l’UFDG et le RPG,  sont discriminatoires comme si les autres partis politiques n’étaient pas parties prenantes des élections en Guinée.

Comme si, avoir un commissaire au sein de la CENI serait une garantie de la victoire aux différentes élections. Je dis non, c’est les hommes qui changent. Ce qu’il faut savoir, c’est un souriceau national, quel que soit les personnes qu’on va nommer à la CENI, quel que soit les moyens qu’on va leur donner.

Justinmorel.info/Aminata.com : Le président de la République vient de prolonger le mandat des députés qui devrait prendre fin dans les conditions normales le 13 janvier 2019. Quel en est votre avis d’autant plus que les élections législatives se profile à l’horizon ?

Pépé Francis Haba : Pour cette situation, il faut d’abord savoir, qu’elle a été à plusieurs fois orchestrée par le président de la République et par son gouvernement.

Il faut aussi dire et reconnaitre que tous les députés ont été complices, puisqu’on ne les a même pas entendus mettre pression sur la CENI et le gouvernement pour l’organisation à temps des élections législatives.

Cela sous-entend peut-être qu’il y avait un accord sous terrain entre nos députés pour qu’il y ait prorogation de leur mandat.

L’UGDD, à l’intérieur de notre Etat-major, nous pensons que les députés ne doivent pas accepter que ça soit un président de la République qui proroge leur mandat, c’est le peuple de Guinée qui leur a donné une partie du mandat et ils doivent se remettre en question, dire que si nous restons ici, nous restons de façon illégale et de façon illégitime.

De toutes les façons, les lois qui seront légiférées,  ne seront pas des lois légales. Puisqu’un député doit être élu par un suffrage universel.

La prorogation de leur mandat est contraire à notre constitution. Donc pour nous, c’est illégal  en ce sens que les députés doivent se ressaisir, ne pas penser uniquement aux avantages matériels et rester prudents parce que s’ils  cautionnent cette prorogation, ça va être difficile qu’on dise au président de la République qu’il ne peut pas aussi proroger son mandat présidentiel.

Justinmorel.info/Aminata.com : Quelle lecture faite-vous du discours de l’ambassadeur de la Russie en Guinée faisant un clin d’œil encourageant un probable 3ème mandat du président Alpha Condé ?   

Pépé Francis Haba : Il faut reconnaitre que la Russie est un partenaire de premier plan de la Guinée. Mais malgré  ce fait, l’ambassadeur russe en tant que doyen des diplomates de la Guinée devrait aussi savoir que se mêler dans les affaires intérieures d’un pays, en contribue à déstabiliser cette nation.

Normalement chaque partenaire, qu’il soit étranger ou local, trouvera son bonheur que dans la bonne gouvernance.

Et, la bonne gouvernance est conséquence de la démocratie et de l’alternance. Cette question de 3ème  mandat, de toutes les façons, va dépendre  principalement des forces d’opposition en présence à l’intérieur du pays.

Ça va dépendre donc de l’opposition républicaine et de l’opposition plurielle et aussi de la société civile.

Même, si le peuple de Guinée sera consulté par voie référendaire, ça va beaucoup plus dépendre des forces qui vont empêcher le président de la République à ne pas tenter cette modification de la constitution. Et l’UGDD va s’inscrire dans ce cadre-là.

Justinmorel.info/Aminata.com : Votre avis sur la signature d’accord entre le gouvernement et le SLECG pour une sortie de crise du système  éducatif guinéen après trois (3) mois de grève ?

Pépé Francis Haba : Il faut d’abord reconnaitre que c’est une bonne chose parce que de toutes les façons, ce sont nos enfants qui gagnent, c’est l’école guinéenne qui gagne.

Au-delà de cela, la grève a malheureusement trop duré, elle a pris du temps. On a observé trois mois de chômage pour nos enfants qui vont dans les écoles publiques parce que la situation ne concerne que cette franche de la population qui scolarise les enfants à l’école publique, qui n’ont pas les moyens de payer les frais de scolarité des écoles privées.

Alors, cela dit que toute la responsabilité en majeur partie incombe le gouvernement Kassory qui a été arrogant, si non, je pense que cette grève aurait pris fin depuis longtemps.

Les syndicats doivent aussi  penser que les revendications  salariales sont normales mais elles doivent se faire sur la base d’un élément réel.

Elles doivent se faire en fonction de l’augmentation de la richesse du pays et de façon raisonnable. Mais, si les revendications ne sont pas raisonnables, on aboutit à des résultats comme l’accord qu’on a vu.

Cela sous-entend que la revendication des 8 millions n’était pas tenable par le gouvernement, ils ont fini par s’entendre sur quelque chose.

J’avais lancé un appel aux syndicalistes qu’ils pouvaient suspendre la grève parce qu’on voyait certaines bases qui commençaient à se désolidariser et ce n’était pas bon pour le SLECG. De toutes les façons, c’est la fin qui justifie les moyens et tant donner qu’ils se sont entendus, on dit bravo.

Interview réalisée par Ibrahima S Barry pour Aminata.com et Léon Kolié pour JMI