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Labé_ Perte cruelle de nos artistes traditionnels sans relève: le Pr Bonata Dieng dénonce une plaie dans la gestion culturelle

L’artiste Koumané avec sa flûte particulière

Détenteur d’une forme particulière de flûte pastorale dont il était un virtuose, l’artiste Koumané vraisemblablement le dernier joueur de cet instrument a tiré sa révérence il y a une dizaine de jours marquant une rupture brutale entre sa génération et la nouvelle qui a encore bien de choses à apprendre.

Sur la question de cette perte brutale d’un artiste de renom, le professeur Bonata Dieng ancien diplomate et directeur scientifique du musée du Fouta a ainsi réagi :
« J’ai été informé avec beaucoup de malheurs psychologiques puisque le défunt Koumane était virtuose d’une flûte pastorale différente des flûtes classiques et qui se joue de façon horizontale et avec des extensions de petites calebasses sur le roseau qui donnaient un air spécifique et singulier à l’instrument.
Le tunniru est connu de tous ceux qui sont dans les orchestres et ensembles nationaux, les compagnons émérites de Sory Kandia… »

Puis, le patrimoniteur a rappelé qu’en 2018 lors du FENAC, l’immense Jeannot Williams alors directeur national de la culture avait parlé de l’instrument et de son maitre  :
« IL (NDLR : Jeannot) avait dit que Koumane était le dernier qui savait jouer de cet instrument donc c’est depuis que nous du Musée du Fouta en tant que conservateur on s’est intéressé à ce virtuose qui jouait d’un instrument aussi rare et exceptionnel… »

A LIRE =>  Labé_ Un présumé voleur succombe à une copieuse bastonnade

À la question de savoir pourquoi la Guinée laisse mourir dans un total abandon tous les hommes de culture qui l’ont servie voici la réponse du Professeur Dieng :
« On n’a eu e cesse de tirer la sonnette d’alarme. Cela est dû au fait que notre pays a toujours excellé dans l’exploitation de nos richesses mais s’est donné très peu de moyens, d’outils de préservation et de transmission.
Nous privilégions d’exploiter les choses comme on le fait pour nos ressources minières, nous nous contentons de prélever et de consommer sas nous soucier trop de comment cultiver la chose, surtout comment l’enseigner et la transmettre, c’est une plaie de notre gestion culturelle… »

Tkillah Tounkara

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