Comme annoncé le commandant du camp d’infanterie de Mali Yemberêt Colonel Issa Camara et ses hommes ont comparu mercredi 14 mars 2018 devant le tribunal militaire présidé par Koly Kemoko Camara et composé de 4 juges civils et 4 autres militaires drapés dans des uniformes bleues.

D’entrée, les chefs d’accusation ont été lus à l’officier qui a plaidé non coupable.

Puis le duo d’avocats de la défense s’est mis à soulevé des exceptions de nullité concernant la composition de la cour ainsi que sa compétence mais aussi du droit de leurs clients à faire comparaître leurs témoins.

Pendant tout l’après-midi avocats des deux parties se sont passés la balle, les uns attaquant et les autres contre attaquant donnant à cet acte 1 du procès des allures de bourbier.

Puis, la cour demanda une pause pour délibérer.

Après trois quarts d’heure de huis clos, la cour revient et donna sa position, rejetant les exceptions de nullité soulevées par la défense et signifiant la compétence de la cour à juger les prévenus et prouvant par la même occasion que les membres de la cour ont dûment reçu une affectation provisoire pour nécessité de service et dans le souci d’une bonne administration de la justice joignant toutes les autres nullités au fond, appelant à poursuivre les débats.

Chose que les avocats de la partie civile qualifièrent de saine décision.

A 17 h 49 mn le Colonel Issa Camara est rappelé à la barre et on lui rappelle les faits dont on le charge à savoir: pillage, incitation à commettre des actes ne respectant pas la discipline, révolte, vol, coups et blessures volontaires, incendie volontaire, dommage aux animaux et recel. Il remercie les différents acteurs au procès et se lance dans le film du 17 juin 2016. Issa Camara a peint les choses à sa façon en présentant le problème survenu sous l’angle d’une agression des familles de ses hommes.

Le colonel sera coupé dans son élan par l’un de ses avocats qui demandait de faire lecture des témoins et qu’il en sache la composition, ce qui fut fait.

Puis, sur un ton de commandement Colonel Issa Camara a repris la parole. Selon lui, du préfet Harouna Souaré s’adressant alors à des jeunes: <<je ferai semblant de calmer quand le gouverneur sera là mais n’obéissez pas….>> l’officier a aussi estimé que s’il ne s’était pas employé pour calmer ses hommes le bilan aurait fait plus que celui du 28 septembre >>.

A l’aune de son regard, l’officier estime qu’un camion chargé d’étrangers venus exploiter un site aurifère qu’il avait arrêté faute d’autorisation et dont les passagers avaient entamé une négociation pour la libération est la cause de ce qu’il appelle le début du mouvement.

Après avoir terminé son explication et pendant qu’il était 18h 26 mn, le président Koly Kemo Camara a suspendu l’audience pour des raisons de sécurité des acteurs au procès.

Ousmane K. Tounkara, correspondant d’Aminata.com