Cellou Dalein Diallo, président de l'UFDG
Cellou Dalein Diallo, président de l'UFDG

Une crise politique et sociale secoue le pays depuis au moins deux mois. Les tensions et affrontements souvent violents sont récurrents. Optant pour la fermeté, l’Etat mène un bras de fer sans merci avec les acteurs sociaux et politiques. La dernière semaine a enregistré des violences d’une rare intensité.

Un quartier entier réputé acquis à l’opposition a été assiégé. Des violentes expéditions punitives opérées par les forces de sécurité ont mis à sac de dizaines de domiciles privés. Deux jeunes ont été tués par balles alors que plusieurs autres ont été blessés. Ces derniers jours, la sortie des deux audio sur votre quotidien en ligne a occupé la une de l’actualité. Les enregistrements incriminant le chef de file de l’opposition et son épouse ont fait l’objet de débat houleux dans la cité. Pour plusieurs observateurs avertis, ce qui ressort de ces enregistrements, c’est l’effectivité et la confirmation que l’Etat est en train d’écouter les acteurs politiques.

Les téléphones de ces derniers sont bel et bien sur écoute. La conversation téléphonique de Hadja Halimatou Dalein Diallo a été interceptée par la police. C’est donc bien une évidence !  Les citoyens pourraient faire l’objet aussi des écoutes téléphoniques illégales. C’est-à-dire, nos vies privées sont à la merci d’un Etat qui, ces dernières années est devenu de plus en plus violent. Visiblement dos au mur, ce régime ultra-contesté a donc fait recours à un moyen illégal pour tenter de contrôlées de contestations qui sont devenues quotidiennes. Ecouter ses concitoyens rappelle la dictature d’un autre âge que le pays a connu au lendemain de son indépendance. Aujourd’hui, n’importe quel citoyen lambda peut poursuivre dans les tribunaux cet Etat policier qui a révélé ses côtés obscurs. Donc, aux sympathisants et partisans de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), au lieu de vous attaquer à un site d’informations qui a diffusé des enregistrements concentrez vos critiques à cet Etat qui fait des écoutes illégales un moyen d’espionnage sans précédent.

Les Guinéens doivent mener le combat ensemble. Les communautés et partis politiques devraient dire aux peulhs en une seule voix : « Nous ne pouvons pas réglés tous vos problèmes avec ce gouvernement mais vous ne l’affronterez pas tout seul ». Si voter changerait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit. « À la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais du silence de nos amis”, avait dit Martin Luther King. Les peulhs de Guinée ont toujours compris que le danger est réel. « Mais avoir peur est un choix”, avait martelé Will Smith. Raison pour laquelle les Peulhs de Guinée gardent les yeux sur la ligne d’arrivée et non sur l’agitation autour du pouvoir. Pour finir, les Guinéens doivent faire le constat. A chaque crise politique, quelles bagues portent leurs dirigeants. Un constat qui en dira long.

Amadou M’Bonet Diallo

Fondateur et Administrateur Général d’Aminata.com

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