François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique
François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique

François Soudan, la vioque crapule du journal Jeune Afrique, tombe en quenouille. Incapable de prendre de la hauteur et de pondre un article d’analyse sur les élections communales guinéennes du dimanche 4 février dernier, le vioque journaliste en dit des vertes et des pas mûres. Et il a réussi ce tour de force à faire bisquer beaucoup d’intellectuels Guinéens qui, à la lecture de son article titré : « Élections en Guinée : la rue contre les urnes », veulent en découdre avec lui et le trimballer devant les tribunaux français.

Ecoutez ! ce n’est pas la peine de s’enrager et de vouloir le traîner dans un tribunal pour le faire condamner. Ça ne vaut pas la peine ! Il faut plutôt utiliser l’arme de la plume pour le confondre.

Jeune Afrique est un journal de la France Afrique qui, pour être en kiosque, a toujours offert et offre des publi-reportages aux dictateurs du continent. Ce sont ces publi-reportages qui ont toujours maintenu et maintiennent encore le journal en vie. Jeune Afrique est une affaire de clan calqué à l’image de nos républiques dictatoriales : la dévolution de la gestion du pouvoir reste dans la famille. Jeune Afrique continue à subir « des contraintes commerciales » qui le poussent toujours à frayer avec la canaille au pouvoir en Afrique pour récolter des tunes. Le 10 novembre 2010, Béchir Ben Yahmed, gestionnaire de Jeune Afrique et répondant à une question relative aux contraintes commerciales qu’il subissait, flouait sa réponse et tentait de se dorer la pilule :

« Que Jeune Afrique ait été consciemment mêlé à une compromission, je ne le crois pas. Qu’on ait fait des compromis, qu’on ait tenu compte d’un certain nombre d’impératifs, bien évidemment. Si vous voulez me faire dire que Jeune Afrique s’est compromis avec quelqu’un, je vous dis non. Si vous me dites que Jeune Afrique est un journal complètement indépendant, je vous dis non. D’après moi, il n’y a pas de journal complètement indépendant, il n’y a pas de pays complètement indépendant. L’indépendance, ce n’est pas un absolu, cela a des limites. L’essentiel est de limiter ces limites, de ne pas les laisser « métastaser ».

Le problème est de savoir quel compromis on accepte, jusqu’à quand, et si on sauve son honneur ou pas. Et si on peut se libérer d’une contrainte. »

C’est tout vous dire sur les agissements interlopes de Jeune Afrique qui est un ramassis de fripons véreux qui ne visent qu’à s’enrichir. Ils n’ont pas de moral : Béchir Ben Yahmed, qui limitait ses « limites », prend sa femmes et leurs deux rejetons pour aller passer des vacances chez le président Juvénal Habyarimana à l’époque du règne de celui-ci au Rwanda.

Béchir Ben Yahmed avait fait fortune auprès des dictateurs africains grâce à une compilation de publi-reportages dans Jeune Afrique. En fait ce journal était une arme d’intimidation qui faisait décaisser des millions de francs français aux dictateurs africains. Jeune Afrique n’a jamais été un journal sérieux, indépendant, objectif dans ses colonnes. Jamais. C’est pourquoi il est aujourd’hui en perdition. Il a perdu beaucoup d’audience et de notoriété sur le continent depuis la libéralisation des ondes et surtout avec l’avènement d’internet. Il ne tient plus le haut du pavé dans les kiosques à Dakar, Nouakchott, Kinshasa, Rabah, Tunis, Alger, Tananarive, Cona-cris, Libreville, Malabo, Bamako, Niamey, Brazzaville. Jeune Afrique est quasi inexistant dans les kiosques en France. Et François Soudan, intempérant nouveau directeur de la rédaction de Jeune Afrique, est un vieux de la vieille dans ces méthodes d’arnaques et d’escroqueries pour filouter le maximum de magots à ces chefs d’Etats mégalomanes du continent désireux de bling-bling et de publicité.

François Soudan a fait son trou par ces méthodes peu orthodoxes qui sont de rigueur dans la rédaction de Jeune Afrique. Rien ne l’insupporte : l’essentiel est que la personne qu’il veut plumer, quelle qu’elle soit, dépoche le prix du publi-reportage dans les colonnes de leur machine à arnaque. Et profitant des élections communales du 4 février dernier en Guinée, il froufroute en allant à la soupe et en se mettant distinctement du côté du manche :

« Une fois encore, une fois de plus, en cette semaine du 5 février, lendemain des premières élections locales réellement démocratiques depuis l’indépendance, les jeunes chômeurs, souvent issus des « gangs de l’Axe », actifs de part et d’autre de la route Le Prince, qui traverse la commune de Ratoma, banlieue nord de Conakry et fief du leader de l’opposition Cellou Dalein Diallo, ont affronté les forces de l’ordre. »

Le droit au travail est inaliénable. Il fait partie intégrante des droits de l’homme. Ces jeunes chômeurs ne sont pas des parias. Ils sont guinéens jusqu’aux chromosomes. Ils mangent de la vache enragée depuis belle lurette. Et aujourd’hui ils ne demandent pas plus que de recouvrer leur dignité en travaillant. Ils réclament de meilleures conditions de vie. Ils exigent de l’eau potable et de l’électricité. Ce ne sont pas des doléances impossibles à réaliser d’autant plus que la Guinée regorge de ressources naturelles qui sont exploitées et détournées par des particuliers. Qu’on soit jeune chômeur ne doit pas être une fatalité à ce que l’on sache. C’est une dure épreuve que de se réveiller tous les matins sans savoir ou donner de la tête pour trouver sa pitance ou venir en aide financièrement parlant à ses parents.

C’est cette situation que le jeune tunisien de 26 ans, Tarek Bouazizi dit Mohamed Bouazizi ne pouvait plus endurer. Orphelin de père, il abandonne les études en terminale et s’inscrit dans une association de jeunes chômeurs. N’en pouvant plus d’attendre un travail qu’on ne lui donne pas, il se fait marchand de fruits et légumes. Mais en Tunisie aussi où on marche sur la tête, il faut graisser la patte à l’autorité pour qu’elle vous délivre l’autorisation de marchand ambulant. Mais « Mohamed est un travailleur clandestin, il n’a pas les moyens de verser des pots-de-vin pour obtenir l’autorisation » de témoigner Jeune Afrique. Et dans son désespoir, le jeune chômeur tunisien s’immole par le feu, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid. Et depuis partout en Tunisie des jeunes chômeurs descendent régulièrement dans la rue où ils déversent leur désespoir, leur rancœur, leur colère dans un violent face à face  avec la police de leur pays. Ils réclament du travail et de meilleures conditions de vie. Mais jamais Jeune Afrique ne les assimile à des « gangs », à des drogués, des voyous, des énergumènes, des trouble-fêtes.

Rappelons entre parenthèses que Béchir Ben Yahmed est un Tunisien né à Djerba.

En Guinée, les jeunes chômeurs de Ratoma n’ont pas pour nom « Bouzizi » mais tous les chômeurs du monde éprouvent les mêmes angoisses existentielles, les mêmes appréhensions en l’avenir.

Vous savez ! Jean-Marie Doré était un politicard inconstant. Mais il lui était arrivé de percer à jour les vraies difficultés de la jeunesse guinéenne, en janvier 2015 :

« La politique, c’est de faire en sorte que chacun se sente à l’aise, que chacun s’assume. Si vous ne vous assumez pas, vous n’êtes pas un homme libre. J’aime la liberté et je voudrais que tout le monde soit libre. Je voudrais que chaque jeune guinéen puisse avoir l’autonomie de gestion de sa vie. Qu’il puisse se marier et ne pas être limité par l’argent. Mais aujourd’hui, il n’y a pas l’argent, il n’y a pas d’espoir, il n’ y a pas de perspective. Donc c’est un pays désespérant. Pour cela, on n’a pas besoin d’être opposant ou de la majorité, il suffit simplement d’être un bon guinéen patriote. »

Ce constat reste toujours d’actualité. Les jeunes chômeurs de Ratoma comme tous les autres jeunes chômeurs dans le reste du pays ne s’assument pas. Par conséquent, eux tous ne sont pas libres. Ils sont tous angoissés, désorientés. Ils ne savent pas de quoi sera fait demain mais nous les déconseillons vivement de s’immoler par le feu en désespoir de cause. Ce n’est pas la solution. Il faut contraindre l’Etat par des manifestations itératives à vous accorder et de l’attention et de l’écoute et de l’emploi. Victor Hugo vous invite d’ailleurs à poursuivre ce combat par l’action :

« Il vient une heure où protester ne suffit plus ; après la philosophie, il faut l’action ; la vive force achève ce que l’idée a ébauché. » 

N’en déplaise à François Soudan et Jeune Afrique qui veulent vous voir plutôt s’immoler par le feu ou se suicider par d’autres moyens. Forgez votre caractère d’individus qui n’abdiquent pas face aux difficultés, ne baissez pas l’échine, restez debout et tenez le coup jusqu’en 2020. C’est pénible, c’est difficile, mais il le faut. François Soudan est un écornifleur qui cherche à vous démotiver dans la bataille politique. Il est le mari de Arlette Nonault à qui le dictateur Congolais, Denis Sassou-Nguesso, a bombardée le 30 avril 2016 ministre du Tourisme et des Loisirs. Arlette Nonault est une nièce « éloignée » de Denis Sassou-Nguesso. Et vous ne lirez jamais une critique du régime tyrannique de Sassou-Nguesso sous la plume du monomane dudit hebdomadaire. Mais il se déchaîne contre des citoyens guinéens qui croisent le fer avec Goby Condé parce que tout simplement il mange dans la main de celui-ci. Don Quichotte a raison : « Vouloir attacher les mauvaises langues, c’est vouloir mettre des portes à l’espace. »

François Soudan est une mauvaise langue. C’est pourquoi il a l’impertinence de parler entre guillemets de la « République de Ratoma ». On prétend pourtant qu’il est une grande plume. Foin ! François Soudan est un journaliste alimentaire. Babacar Touré de Sud Quotidien à Dakar, ami de Goby Condé, le chauffard du teuf-teuf aux trois roues et demi, ne plongerait pas de cette façon dans les égouts de l’ethnocentrisme d’un pays tiers pour dire une telle imbécillité politique. Le vioque de Jeune Afrique est incapable de faire une analyse journalistique de qualité. Parce que ce qu’il raconte dans ce chiffon dessert carrément Goby Condé. Ça met plutôt mal à l’aise tous les sectateurs peuls qui soutiennent encore le régime clanique de ce dernier. En pianotant sur le clavier de son ordi, le vioque était certainement ivre parce qu’il ne fait pas montre de discernement dans son papotage :

« Plus précisément, dans un contexte de forte bipolarisation entre le parti du chef de l’État, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), et celui de Cellou Dalein Diallo, ce dernier a joué avec agressivité la carte du vote sanction, cherchant systématiquement à donner à une consultation locale un enjeu national. Résultat : la Moyenne-Guinée – le Fouta –, bastion peul et fief de Cellou, a voté presque comme un seul homme en faveur de l’UFDG, tout comme les communes des autres régions où cette communauté est majoritaire, à l’image de Ratoma. »

François Soudan anathématise ainsi les citoyens peuls en Guinée d’avoir voté pour Cellou Dalein Diallo, un peul. Il fait là vraiment preuve d’inculte en griffonnant que Cellou Dalein a cherché « systématiquement à donner à une consultation locale un enjeu national. »

Parce que c’était bien vu de la part de Cellou Dalein d’avoir compris cela. Effectivement cette « consultation locale » avait un enjeu national en prélude à la présidentielle de 2020. En effet il faut s’assurer de sa base politique avant d’aborder cette dernière. Sachant maintenant que toutes les formations politiques ont leur fief en Guinée. C’est fort de café après avoir traité Cellou Delein et les peuls de la sorte que le journaliste véreux de Jeune Afrique fasse passer Goby Condé aux yeux des lecteurs pour un phénix dans le bled :

« De son côté, le parti au pouvoir a incontestablement pâti du choix d’Alpha Condé de demeurer au-dessus de la mêlée et de ne pas s’engager dans la campagne au même niveau que ses adversaires, le véritable test étant à ses yeux les législatives prévues pour la fin de cette année. Même si le RPG reste majoritaire en voix, la posture présidentielle dans un environnement où un parti vaut avant tout par le charisme de son leader ne pouvait être qu’un handicap. »

Mais comprenez bien le fin mot de l’affaire :

« le véritable test étant à ses yeux les législatives prévues pour la fin de cette année. »

C’est pourquoi il faut certes s’offusquer de l’anathème jeté sur les peuls à travers ce torchon avec lequel Jeune Afrique se torche le cul 57 bis, rue d’Auteuil 75016 à Paris. Mais il ne faut pas trop s’attarder là-dessus et perdre de vue le véritable enjeu de cette affaire : tailler sur mesure après les législatives prochaines une nouvelle constitution qui permettrait de force à Gobykhamé de se présenter aux élections présidentielles de 2020. Les forces antagoniques doivent justement rester en éveil sur le terrain. Il ne faut pas se laisser déstabiliser par l’écrit de ce panégyriste qui essaie de farder les maux du régime de Goby Condé. Le panégyriste sanctifie le chef du palais Gokhi Fokhè en ces lettres tartinées de merdes :

« À l’issue du scrutin du 4 février, la carte électorale guinéenne apparaît dans le fond inchangée depuis huit ans. Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré bénéficient d’un vote communautaire, peul pour le premier, soussou pour le second, avec ses avantages et ses limites, alors qu’Alpha Condé, tout en conservant la loyauté de son bastion de Haute-Guinée, déborde de l’électorat malinké pour mordre largement sur ceux de Guinée forestière et de Guinée maritime. »

Houuuuuu ! ça cocotte dans la salle de rédaction de Jeune Afrique ! Tandis qu’il taxe l’UFR et l’UFDG de partis ethnocentriques, le panégyriste présente le RPG comme un attrape-tout. Pardieu ! Quel est ce conseiller aulique qui a encouragé Goby Condé à frayer avec François Soudan dans ce bidonnage de publi-reportage ? Qui ? Livrez le nom du coupable à la vindicte populaire ! On veut un coupable. Pourquoi ? Parce que ce que tartine là François Soudan fait rejaillir les conneries politiques dites par Goby Condé un samedi 9 mai 2015 au stade de Kankan en présence de Albert Bourgi, ancien éditorialiste politique à l’hebdomadaire Jeune Afrique de 1988 à 2002 :

« La Guinée c’est les Malinkés, les Tomas, les Guerzés, les soussous et cetera. »

Goby Condé ne cite pas les peuls bien que majoritaires en Guinée. Et voilà que dans sa paperasse, François Soudan enfonce le clou en soutenant que Gobykhamé « tout en conservant de son bastion de Haute-Guinée, déborde de l’électorat malinké pour mordre largement sur ceux de Guinée forestière et de Guinée maritime. »

Dans l’histoire politique de la Guinée, c’est Sékou Touré et Goby Condé qui ont usé de l’ethnocentrisme comme arme politique. Ils ont usé de toutes les finasseries pour monter les ethnies les unes contre les autres avec des clichés ethniques, des stéréotypes, des préjugés raciaux.

« Tout Malinké qui est avec Lansana Conté est un bâtard » disait Goby Condé comme le rapporte Malagui Soumah dans son livre : « La démocratie sans le peuple », L’Harmattan, page 226, Paris 2006.

Et en 2010, l’on se souvient des fausses accusations de Goby Condé à l’empoisonnement de ses militants malinkés par les peuls lors de son meeting politique à Cona-cris. Plus grave, Ben Daouda Sylla alors correspondant de Africa N°1, mis dans le topo, dissémine cette fausse information qui jette aussitôt l’effroi dans le cœur des Guinéens. Goby ne recule pas pour autant. Complètement forcené, il court comme un dératé et va inciter ses ouailles en Haute Guinée à casser du peul. Ainsi téléguidées, elles prennent en chasse les peuls qui, pour échapper au pogrom, décampent précipitamment. La plupart d’entre eux sont retournés au Fouta Djallon l’esprit complètement retourné, leurs poursuivants ayant détruit tous leurs biens en Haute Guinée. Et tous les Guinéens épris de paix, de justice sociale, d’équité, étaient en apnée dans l’attente de la réaction des peuls en Moyenne Guinée. Fort heureusement ceux-ci avaient fait preuve de retenu en s’abstenant d’appliquer aux Malinkés vivant au Fouta Djallon la justice médiévale. Parce que ce sont des durs à cuir. Ils savent que la politique ce n’est pas la guerre ethnique ou l’ethno-stratégie. Dans la bataille pour la démocratie « Chacun trouve que son propre fumier sent bon. »

Benn Pepito   

PARTAGER