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Grève des enseignants: le président du CJSAP invite Aboubacar Soumah à privilégier le dialogue

La grève des enseignants qui entre dans sa deuxième semaine paralyse les écoles et occasionne régulièrement des violences. Le leader du collectif des journalistes pour le soutien des actions présidentielles (CJSAP) invite le meneur de la grève, Aboubacar Soumah à “revenir à la raison” pour privilégier les négociations pouvant sortir le système éducatif guinéen du blocage.

Par ailleurs, Ibrahima Kalil Diallo lance un appel pressant aux parents d’élèves pour sensibiliser leurs enfants afin d’éviter des violences.

Aminata.com: que pensez-vous de la grève des enseignants

Ibrahima Kalil Diallo: c’est un grand regret. Le Collectif des journalistes regrette vraiment que ce mot d’ordre de grève a été lancé pendant cette période. Vous n’êtes pas sans savoir que depuis le lendemain des élections locales on assiste à des scènes de violences à Conakry et à l’intérieur du pays notamment à Kalinko où il y a eu de perte en vies humaines. A Conakry, il y a eu des victimes et des dégâts matériels importants. Nous savons que la loi consacre le droit à la grève mais il faut choisir les moments pendant lesquels il faut lancer des mouvements de grève. Aujourd’hui tout le monde a les yeux rivés vers les résultats des élections avec toutes les tensions liées à ça. Donc, il fallait attendre que ces moments passent pour déclencher un quelconque mouvement de grève. Nous regrettons que le camp d’Aboubacar Soumah puisse lancer cette grève à des tels moments.

Est-ce que selon vous, le gouvernement n’a pas une responsabilité car il a eu un délai de près de deux mois mais à refuser de négocier avec les grévistes?

Le gouvernement a déjà fait acte de bonne volonté parce que vous savez il y a eu des négociations qui ont été engagées au courant de l’année 2017 qui réunissait le gouvernement, les syndicats et les patronats. Au cours de ces négociations, le gouvernement a pris acte des revendications des syndicalistes à savoir l’augmentation des 40% et avait promis que ça allait être payés à l’échéance de deux ans. A la fin de ce mois, les 10% seront payés et d’autres viendront après. Il y a une volonté de la part du gouvernement, il fallait que cette partie dissidente accepte de revenir avec les autres centrales syndicales pour dialoguer.

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En quoi cette grève vous préoccupe?

Ça nous préoccupe. Tout Guinéen patriote et réfléchi doit être préoccupé par cette grève. Il y a eu des morts, des blessés et des dégâts matériels importants. Au-delà de tout ça, il faut comprendre que c’est l’avenir de nos enfants qui est enjeu. Il ne faut plus voir ce mouvement syndical, il ne faut plus voir le ministre Ibrahima Kalil Konaté. Aujourd’hui, tous les enfants sont à la maison, ça encourage la délinquance. Il faut comprendre que l’avenir d’un pays dépend de l’éducation de ses enfants. Quelle soit la durée de la guerre, vous finirez toujours par des négociations. Je crois que le camp Soumah n’a qu’à revenir à la raison et continuer le dialogue avec le gouvernement. On est en train de jouer avec l’avenir de tout un pays.

Mais pour le moment les portes de dialogue sont fermées au niveau des autorités

Le gouvernement a dit à Soumah de se concerter avec ses camarades et ensuite ils vont trouver un accord et continuer le dialogue. Le président a dit qu’il n’a pas de problème, les syndicalistes n’ont qu’à se retrouver et ensemble ils vont s’entendre sur quelque chose et venir vers le gouvernement pour négocier. Il faut comprendre qu’il y a des problèmes internes au SLECG: il y a le camp Soumah et le camp Sy Savané. Imaginez que le gouvernement négocie avec le camp de Soumah, il va se mettre à dos avec les autres. Soumah a peut-être un certain soutien de la base mais il faut comprendre que la raison est simple: n’importe qui vous promettez un salaire de 8 millions forcément il va vous suivre. Avant de demander quelque chose, il faut se demander sur la capacité financière de celui dont vous allez demander. Je crois que l’Etat a beaucoup d’engagements à part le salaire, il y a des projets de développement. Le gouvernement doit prendre dispositions pour améliorer le niveau de vie des enseignants car ce sont eux qui enseignent nos enfants. Le gouvernement peut par exemple construire des logements sociaux et faciliter des prêts bancaires pour les enseignants. Aux enseignants aussi de voir la réalité en face et ne pas demander ce qu’on ne peut pas avoir.

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Quel rôle doit jouer les parents d’élèves?

Les parents d’élèves doivent avoir un rôle de sensibilisation pendant ces moments difficiles. On a constaté que quand les enfants partent à l’école et qu’il n’y a pas des enseignants ils se livrent à des casses, ils s’attaquent aux maisons de gens et des personnes mêmes. Donc, il faudra les sensibiliser en attendant qu’on trouve de solutions à ces problèmes.

Votre mot de la fin

Je lance un appel au calme, à la paix et à la sérénité. Il faut qu’on privilégie l’intérêt du pays. Il ne faut pas que l’intérêt d’un groupuscule de personnes puisse mettre en cause l’avenir de la nation. Il faudrait que tous les acteurs impliqués puissent jouer leur rôle pour sortir de cette crise.

Ousmane Cissé pour Aminata.com

 

 

 

 

 

Apropos Alpha Oumar Diallo

Alpha Oumar Diallo est journaliste de formation. Issu de l'Institut Supérieur de l'Information et de la Communication (ISIC), ce jeune pétri de talents et d'objectivité a travaillé dans de nombreuses rédactions en Guinée et a collaboré avec de médias étrangers. Passionné de l'écriture, il traite régulièrement des sujets d'actualité en toute impartialité et fait des analyses objectives.

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