[dropcap class=”kp-dropcap”]A[/dropcap]près sa démission de l’Union pour la démocratie de la Guinée (UDG), Soriba Sorel Camara revendique toujours son appartenance à la mouvance présidentielle. Au cours d’une interview qu’il nous a accordée, il est revenu sur les dernières violences dans la ville d’alumine de Fria. Dans cet entretien, le secrétaire général du ministère de l’élevage a parlé de son avenir politique.

Aminata.com: vous avez été à Fria avec une délégation gouvernementale après des violences meurtrières. Qu’est-ce qui est ressorti de cette visite?
Soriba Sorel Camara: c’est les policiers communaux qu’on appelle généralement la police municipale qui, au cours de leur patrouille sont venus appréhender un groupe de jeunes qu’ils ont traité de drogueurs. C’est de là que tout a commencé. A l’arrivée de la délégation gouvernementale, notre mission était d’aller comprendre à fonds ce qui s’est passé et aller constater de vue les dégâts qui sont causés, discuter avec les populations et transmettre les dispositions gouvernementales. Nous sommes arrivés et avons convoqué tous les publics cibles à savoir: les sages, le Sothikémo, les coordinations régionales, les jeunes, les religieux, les chefs des quartiers. Nous avons fait cela pour écouter et avoir l’avis de chaque couche  sociale. L’avis général, Fria est ciblée comme une ville en déroute, une ville de méfiance. Les autorités ont été interpellées de prendre des dispositions pour que Fria quitte toute cette impunité. Les populations ont demandé au gouvernement de les aider à se libérer de ce banditisme.

Une enquête  a été ouverte. Est-ce qu’elle va aboutir à des résultats concrets?
La délégation composée de monsieur le ministre de l’urbanisme, de la ville et de l’aménagement du territoire, des députés de la Basse Guinée et moi-même qui suis un ressortissant de Fria, s’est rendue d’abord à la maison mortuaire. Nous avons transmis les condoléances du Chef de l’Etat. Nous sommes venus visiter les dégâts. Je vous assure que ces dégâts ne peuvent pas égaler même les dégâts causés par les différentes agressions de rebelles dans notre pays. Imaginez que tous les symboles de l’Etat ont été attaqués. La mairie, toutes les directions de l’élevage, de l’agriculture, les stocks de semence ont subi des attaques. Même un poison, une substance très dangereuse au niveau de l’élevage qu’on appelle la strictinine gardée pour abattre les chiens a été prise. La gendarme a été saccagée, plus de 30 armes ont été emportées. La prison civile a été attaqué et les prisonniers libérés. Les gens qui ont fait ça disent que c’est pour venger leur ami qui a été tué. Après le constat, nous avons convoqué une réunion dans la salle. Au cours de cette réunion les messages du gouvernement ont été transmis. Ces messages sont les suivants. Premièrement, présenter les condoléances à la famille éplorée. Deuxièmement, la mise en place d’une commission d’enquête pour appréhender tous les policiers qui ont été mêlés à l’assassinat du jeune et tous les autres de saccages. L’enquête va aussi déterminer ceux qui ont pris des armes, ceux qui ont libéré des prisonniers, ceux qui ont détruit le magasin de la CENI pour faire sortir les kits, ceux qui ont détruit la direction communale. Cette commission évolue. Une autre commission par réquisition du préfet a été mise en place pour fouiller des maisons en maisons pour savoir où sont cachées les armes.

L’arrêt de l’usine n’est-il pas la principale origine de ces violences? Selon vous ne va-t-elle pas résoudre ces troubles récurrents?
Je ne pense que la relance de l’usine soit une solution idoine. Vous remarquerez que le banditisme et l’impunité sévissent un peu partout dans le pays. Sinon au moment où nous rentrions à Fria, les russes avaient envoyé un moyen substantiel pour mettre à l’aise les travailleurs, en raison d’un million de francs guinéens par travailleur. C’est le deuxième mois que ça se fait en plus de ce que le gouvernement fait en plus de ce que moi-même j’ai envoyé au nom du gouvernement en riz. La relance de l’usine est une négociation qui se fait entre le gouvernement guinéen et le gouvernement russe. Le CNT avait signé une convention, le comité guinéo-russe s’était réuni pour négocier. Les avancées sont significatives. Il était question d’une compensation par la mise à la disposition des russes du projet Dian Dian. Tout est en train d’être fait. Mais n’oubliez pas que l’usine de Fria ne nous appartient plus.  L’usine de Fria a été revendue aux russes. Donc, il faut négocier leur retour. Une expertise a démontré que beaucoup de matériels sont déjà vidés de l’usine. Mais avec tout ça, nous sommes optimistes, la reprise par les russes ou une autre forme de relance envisageable par le gouvernement. En tout cas le Chef de l’Etat le tient à cœur.

Ces derniers temps la Guinée a connu beaucoup des troubles: Dapompa, Fria, Guekedou … Selon vous qu’est-ce qui explique ces récurrentes violences?
Les violences que nous constatons sur le terrain, est un problème de communication. Vous savez il n’y a pas de couche sociale qui n’a pas de problème. Il n’y a pas de couche sociale qui n’a pas de forme de revendication. Les problèmes diffèrent d’une zone à une autre. Si à Fria, c’est un problème lié à l’usine, d’autres c’est un problème de banditisme exagéré. A Dabompa, c’est un problème d’électricité. Quand tu communique bien avec les populations, tu les informe bien des réalités, tu les dis la vérité. On ne doit pas promettre une couche ce qui n’est pas probable dans le délai que vous citez. Informer et communiquer diffèrent. La plupart de cas, les gens informent. Le premier ministre partout où il passe, il communique, il est même compris. Les gens disent qu’il ose trop, qu’il s’introduit là où il y a le feu. Le premier ministre dit qu’il va aller, d’abord c’est un symbole de partage  avec les couches qui sont dans les problèmes. Il vient expliquer d’une manière plus pédagogique.

Est-ce que ce gouvernement est en mesure de satisfaire les nombreuses demandes sociales?
Oui, le gouvernement et bel et bien capable de faire face aux demandes sociales. C’est pourquoi le gouvernement qui est mis en place est un gouvernement de mission. La feuille de route est déjà donnée aux membres du gouvernement. Chaque ministre a reçu une lettre de mission. Les priorités sont liées à la demande sociale à savoir: l’emploi, l’éducation, la santé, l’eau, électricité, infrastructures sociales etc. Chaque département doit être évalué chaque trois mois. A ce que je sache nous avons fait une mission à Kaléta. Quand nous sommes allés à Dapompa le dimanche dernier, après les vérités du premier ministre. Je dis bien les vérités du premier ministre parce qu’il avait dit que “quiconque vous dit qu’il y aura la lumière demain ou après-demain et que la lumière ne vient pas, il vous a menti, moi je viens de vous dire la vérité. Pour le moment le problème est technique, il y a tout un processus, s’il faut changer le transformateur ça ne date pas moins d’un an. S’il faut réparer le transformateur détruit par la foudre là aussi y a des techniques. Le gouvernement verra ce qu’il faut pour vous. En attendant des gestes ont été faits en faveur de la jeunesse pour leur stade,  pour les lampadaires, des écrans pour regarder la coupe du monde. Le gouvernement lui seul dans le développement de la nation ne peut pas. Il faut la promotion du secteur privé, la facilitation et la sécurisation des investissements. Vous avez vu le roi du Maroc qui vient de quitter chez nous. D’autres viendront. Il y a aussi le partenariat sud-sud qui se développera avec la Guinée parce que la confiance est née.

Il y a quelques mois, vous avez démissionné de l’UDG de Mamadou Sylla. Allez-vous créer un parti politique ou intégrer le RPG arc-en-ciel?
Pourquoi le RPG arc-en-ciel, pourquoi pas d’autres partis politiques. Quand à mon orientation politique, pour le moment je ne suis pas prêt à créer un parti politique. Je suis en train de gérer une option. Nous avons accepté depuis l’UDG d’être à l’arc-en-ciel, allié du RPG arc-en-ciel. Je suis nommé par le Président de la République par décret. Quand le Chef te nomme par décret tu appliques sa politique. En attendant comme j’ai le décret, j’applique cette politique pour la sauvegarde du régime pour la valorisation de vertu de changement prôné par le Président de la République. Pour le moment je ne me suis pas dit décidé. La décision ultime que j’ai ce que comme la déclaration de notre démission a dit, je suis derrière le RPG arc-en-ciel dans l’esprit de valoriser la confiance qui a été placée en moi. Quand on te nomme à un poste par décret ce  quel que soit ton option politique, tu acceptes le décret pour valoriser le régime qui t’a nommé ou tu refuses le décret car tu n’es pas de cette option. Moi je suis de cette option, je continue à œuvrer dans ce sens, dans le secteur de l’élevage ou dans d’autres secteurs sociaux où je me sens capable pour apporter un plus à la vision du changement.

Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com
alpha.oumar@aminata.com
+224 666 62 25 24

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  1. Aminata – “Fria vit dans une situation extrêmement difficile”, affirme Soriba Sorel Camara, secrétai… – Guinée

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