Doyen Souleymane Diallo: «Alpha Condé a écrit des articles incendiaires»
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Le président de la République a menacé de fermer les radios si jamais elles donnent la parole au syndicaliste Aboubacar Soumah qui a déclenché la grève qu’il qualifie de rébellion. Lors de la rencontre de ce samedi avec la presse francophone qui tenait la 46 eme assise en Guinée. Le chef de l’Etat a demandé au doyen Souleymane Diallo de participer à la rédaction d’un communiqué acceptant de ne plus diffuser les propos du syndicaliste Soumah dans les médias. Dans l’émission les grandes gueules de ce lundi le doyen a donné les raisons de sa participation à la signature de ce communiqué.

«Je n’aime pas les chaises vides, quant on me convoque quelque soit la nature de la convocation je souhaite aller m’assoir à la chaise qui m’a convenue», explique le patron du groupe de presse Lynx Lance. Il soutient qu’avant même la réunion avec le président de la République il a exprimé 48h avant au monde entier lors d’un débat à l’occasion des quarante sixième assises de la presse francophone en haute voix son inquiétude sur l’avenir de la presse guinéenne. «En ce moment Le président n’avait pas encore parlé. Malheureusement pour nous ce sont des journalistes quelque fois d’investigation qui ont une longueur d’avance sur les autres. J’ai carrément exprimé mon inquiétude pour la presse guinéenne pour moi, pour vous et nos familles. Et ça fait un tôlé dans la salle j’ai dit à celui qui distribuait la parole que je vais être optimiste pour une seconde le temps que je sorte de la salle».

Le président: «nous a reçu,  chacun a parlé et la fin il m’a désigné pour aller avec Damantang et les autres rédiger le communiqué.  J’ai eu un temps de réflexion très court et j’ai décidé d’aller. Etant présent mon nom a été porté je l’assume. Avant que mon nom ne soit porté j’ai appelé le président de l’URTELGUI pour lui dire que c’est lui qui doit signer. On a eu une petite conversation et j’ai fini par signer parce que je ne voulais pas mettre Sanou devant les faits accomplis. Il n’a pas participé à la rédaction ni au débat lui donner un texte à signer c’est de lui donner un coût de poignard dans le dos. Et j’ai préféré recevoir ce coût de poignard pour épargner celui de Kerfala».

Le doyen affirme avoir soutenu Alpha Condé lors qu’il était en prison. Au nom de la liberté de la presse au nom des principes auxquels il croit quand il était dans une cellule à la maison centrale: « Alpha Condé a écrit de sa main des articles incendiaires lui et moi nous avons organisés tout un réseau pour sortir ces textes. J’ai organisé mon propre réseau pour les recevoir à l’insu de Alpha Condé pour les publier et les signer en son nom parce qu’il doit parler partout où il est, le droit d’expression est sacré».

C’est pourquoi il est déçu souligne t-il du fait que le président lui a donné l’impression que: «la justice en Guinée c’est lui ce n’est pas une première dans notre pays Lansana Conté avait dit que la justice c’est moi. Lansana Conté c’est un militaire Alpha Condé est sorti de la Sorbonne pour ça que je suis déçu de cette décision».

  1. Diallo soutient que sa signature: «n’engage en rien les médias guinéens, celui qui parle au nom des médias guinéens c’est celui qui été élu et qui est le patron de l’URTELGUI. Je suis allé en tant que doyen et j’ai accepté de signé en tant que tel». Tout de même il affirme qu’il est allé jusqu’à sacrifier sa vie pour la presse. «Souleymane Diallo était le président de la commission communication du CNT, celui qui a décriminalisé les délits de presse et qui est allé jusqu’à  sacrifier sa vie pour la liberté d’expression».

Le patron du groupe Lynx Lance explique que dans aucun pays ’il n’a vu: «le président de la République monté en première ligne pour négocier avec les syndicats. Quand vous échouez avec le chef de l’Etat où est ce que vous pouvez aller ? Lansana Conté avait son équipe de négociateurs. Quand ça arrive au président ce ne sont pas des négociations primaires c’est pour trancher une bonne fois pour toute. Comment vous pouvez transformer les derniers stades en premier mais c’est une catastrophe nationale à la quelle nous faisons face».

Il demande aux journalistes d’agir avec intelligence et les conseille: «à partir d’aujourd’hui de savoir que sommes en danger. Il ne faut pas du tout affronter le pouvoir avec votre micro. Il faut qu’on trouve la stratégie pour nous faire gouverner par la loi rien que par la loi. Il faut que nous soyons beaucoup plus intelligents pour que nous puisions survivre».

En comparaison M. Diallo trouve que: «Lansana Conté militaire vaut dix fois plus qu’Alpha Condé professeur en matière de presse. Je vous dis avec tous les risques, je ne sais pas l’expliquer mais c’est ce que j’ai vu.  J’ai vu Lansana Conté on s’est bagarré avec lui. Quand j’ai créé le Lynx, je lui ai écrit pour lui dire merci M. le président d’avoir fourni à la Guinée les premières lois sur la liberté de la presse. J’en profite pour vous dire que j’ai créé un satirique dans lequel vous vous retrouviez tous les jours et pas dans la meilleure forme».

Lamarana Diallo

+224 623 27 55 45

Flamarana94@gmail.com

 

 

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