Menace contre les médias: « la presse ira partout pour chercher l’information », affirme Boubacar Yacine Diallo
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Suite aux menaces du président de la République, Alpha Condé à la presse guinéenne, le doyen journaliste Boubacar Yassine Diallo a apporté des éclaircissements à cette décision  dans l’émission « les grandes gueules », à la Radio Espace FM ce lundi matin.

C’est l’occasion de la clôture des 46  ème assises de la presse francophone à Conakry et à l’assemblée générale de son parti le RPG le weekend dernier, que le président Guinéen, en même temps président en exercice de l’Union Africaine a mis en garde les radios privées guinéennes, soit disant que toute Radio qui diffusera les propos d’Aboubacar Soumah, vice-secrétaire général adjoint du SLECG, et de certains de ses membres concernant la grève entamée par les syndicalistes des enseignants depuis plus de deux semaines sera fermée.

Boubacar Yassine Diallo pense que l’injonction ne vaut que celle que la loi prévoie. La loi a prévu à l’article 7, tout citoyen a le droit de s’exprimer par tous les moyens. Nul ne peut se substituer à cette constitution.

« Deuxième chose,  il y a des voix de fermeture, quand j’ai entendu le président, je pensais qu’il utiliserait ces voix de fermeture parce que les lois L02 et L03 rédigées dans le constitution sont claires. Dans les formes d’autorisation d’une radio et de fermeture d’une radio. Même quand la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat est touchée.  Moi je pense que la profession de foie du président ne peut se matérialiser que par la loi. Et puis que la loi a prévu de punir tout ce qui peut être délit ou crime. Je pense que voir se soustraire de ces lois là, c’est tout simplement  être en désaccord avec ces lois là et cela est inacceptable », a-t-il indiqué.

La loi demande aux journalistes de travailler en toute responsabilité et en toute liberté.  En même temps, la loi a prévu des crimes et des délits.

« Si un journaliste se rend coupable d’un délit et de crime prévu  et puisse que c’est puni, alors il fera fasse à la loi. D’ici là, à mon avis tout ceux qu’ils veulent  s’exprimer devrait pouvoir le faire mais dans les limites de la loi, de l’éthique et de la déontologie ».

Il a poursuivi son intervention en précisant qu’il ne personnalise pas le débat tant que journaliste, il pense qu’il faut plutôt parler en termes de source d’information. Tous ceux qui viennent vers les médias ont une double qualité. Soit ils sont une source d’information ou ils sont un client.

« Si par exemple le syndicat avait publié un communiqué de presse, on allait lui demandé de le payer. Mais simplement il n’avait  pas à imposer à aucun organe de diffuser intégralement son communiqué de presse.  Il va de même à une conférence de presse, il donne une conférence de presse, elle est gratuite, et le journaliste est libre de diffuser ce qu’il veut. Sauf s’il paye, dans ce cas, la rédaction diffuse tout ce qu’il veut. Il envoie de même une déclaration, quand une déclaration comporte des informations, la presse est la première à s’accaparer et la diffuser. Donc il faut qu’il comprenne ça. La presse ira partout pour chercher l’information qui intéressera l’opinion publique », a éclairci M. Diallo

Pour lui les journalistes iront partout où les sources sont autorisées. « Il y en a trois qui ne sont pas totalement autorisées : c’est la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat, c’est la protection de la vie privée et puis il y a la protection de la procédure judiciaire ».

Tout le reste affirme t-il si les gents ont des informations les journalistes doivent  pouvoir y aller. « Maintenant en y allant, il faut recouper l’information, il faut faire l’équilibre de l’information, il faut le faire en toute âme et conscience. Si besoin, le journaliste tiendra compte de la situation qui prévaux et parfois il peut utiliser l’autocensure pour éviter par exemple d’enflammer une situation mais cela se fait de sa seule responsabilité », a-t-il conclu.

Ibrahima Sory BARRY pour Aminata.com

Tel: (+224) 656 77 52 34

 

 

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