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Kanté Aly Badra professeur d’économie au lycée 2 octobre de Kaloum, un des portes-parole des enseignants contractuels l’a fait savoir   dans un entretien téléphonique qu’il a accordé à notre rédaction. Il a parlé des motifs des revendications, de leurs réclamations, des négociations en cours et les actions à mener.

“Nous, on évoluait dans les écoles privées. C’est dans ça, on a été identifié par certains responsables de l’éducation. Le professeur Alpha Condé venait d’être élu comme président de la République en 2010. Ils nous ont fait appel pour soutenir le projet du président dans l’éducation. Ils ont demandé notre soutien pour le changement dans l’éducation notamment l’amélioration du niveau des élèves dans l’enseignement public. C’est sur ce que nous avons été appelés. Ils nous ont promis de nous recruter  au premier concours de recrutement. C’est sur ce, qu’on nous a engagés. Convaincu du sens de responsabilité du président Condé, nous avons été convaincus par les personnalités qui sont venus nous rencontrer. On s’est engagé dans cette dynamique. On a fait trois(3) ans d’abord sans rien. Mais avec l’espoir qui a été donné, les enseignants qui ont été engagés ont renoncé à leurs privilèges dans les écoles privées. On s’est investi et c’est le peu qu’on gagnait dans les privées qu’on dépensait pour aller donner les cours dans les écoles publiques. Lors du premier concours, les mêmes autorités sont venues nous demander des diplômes, des CV en nous disant que ce n’est pas la peine de nous déplacer pour aller déposer à la fonction publique. Au résultat de ce 1er concours, personne d’entre nous n’a été admis. Cela a été une grande déception pour nous”, se rappelle notre interlocuteur.

A l’en croire, le dossier a été envoyé à la primature où ils avaient rencontré le premier ministre d’alors Saïd Fofana qui a fait savoir aux différents responsables de l’éducation que ce qu’ils leur ont fait n’est pas normal.

“Il a dénoncé du fait qu’on nous a utilisés pendant trois ans sans salaire. C’est après cela qu’on nous a donné des matricules et une prime de 470 mille francs guinéens. Au premier test, ils ont pris des mécaniciens, des maçons, des commerçants pour dispenser des cours dans certains établissements. Donc, ce concours a été un véritable échec. Dans l’espoir, nous avons pris les matricules et les primes. Lors de la dernière négociation, il n’y a pas ce que le ministre de l’éducation n’a pas promis. Il a promis de tout faire pour résoudre le problème des contractuels”, renchérit Monsieur Kanté.

Les contractuels réclament leur intégration à la fonction publique

“Nous réclamons notre intégration à la fonction publique sans condition. Ces gens-là nous ont utilisés, ils nous ont exploités comme si nous ne sommes pas des fils de la Guinée. Nous sommes prêts à investir tous nos moyens légaux pour que nous soyons rétablis dans nos droits. Nous sommes en train de travailler dans ce sens. On a fait deux sorties d’abord. A la première sortie, nous avons été au département, à la deuxième nous avons rencontré certains responsables de l’éducation. On a des séries d’activités à mener pour nous faire entendre. Certaines autorités ont commencé à venir nous rencontrer mais nous restons prudent pour ne pas nous laisser berner encore. Nous sommes en train de chercher les voies et moyens pour ne pas nous laisser tromper une nouvelle fois. La plupart de ces contractuels ont fait six ans ou sept ans avec le département”.

Notre interlocuteur a profité de l’occasion pour attirer l’attention du président Alpha Condé qui leur doit des explications. “C’est vrai qu’il a la confiance de ses ministres mais généralement, il est important d’écouter celui qui est victime. Je demande au président de nous accorder une opportunité pour nous entendre et de nous donner une certaine explication sur notre situation. En nous écoutant, il aura beaucoup d’autres informations qu’il n’avait pas”, a-t-il lancé.

 

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