Alpha Condé lors d'un entretien avec des journalistes français à Conakry
Alpha Condé lors d'un entretien avec des journalistes français à Conakry

Peut-ont dire que la presse guinéenne a enfin gagné la confiance du président de la République Alpha Condé ? Pour la toute première fois depuis qu’il a été au pouvoir suite aux présidentielles de 2010, le chef de l’Etat a finalement accordé une interview à la presse nationale. C’était le mardi 09 octobre 2018 que pas mal de citoyens ont été surpris de voir à la télévision nationale ( RTG) son interview avec 4 journalistes guinéens.

C’était vraiment une surprise inattendue, car Alpha Condé a toujours fustigé la presse guinéenne, la qualifiant d’incompétente et c’est la première fois dans son histoire de président de la République a accordé une interview exclusive aux médias de son pays.

Selon la vidéo qui est passée à la RTG, il a échangé avec les journalistes plusieurs sujets d’actualités du pays dont certains il n’a pas accepté de trop s’aventurer, notamment, sur la concession du port autonome de Conakry à une société Turque du nom de Albayrak, sur la Mutuelle Financière des Femmes Africaines (MUFFA) et le décret au sujet de la cour constitutionnelle.

Au-delà, de ces sujets, le chef de l’Etat était très relaxe dans ses propos, il expliquait largement des détails sur certains sujets dont la crise éducative où il a répondu au secrétaire général du Syndicat des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), « nous n’accepterons pas des revendications fantaisistes ».

En plus le chef de l’Etat a répondu confortable le sujet portant sur la réussite de la fête de l’indépendance de la Guinée. Les 60 ans d’indépendance du pays, 11 chefs d’Etats ont répondu personnellement à l’invitation et d’autres ont été représentés par des grandes personnalités. On a senti que c’était la question la plus attendue par Alpha Condé.

Cela a permis de savoir les raisons de la réussite de cet évènement qui va désormais aussi marquer l’histoire de son temps tant que président de la République.

« Il ne s’agissait pas pour moi de renaissance, il s’agissait de faire connaitre à la jeunesse guinéenne, africaine et française qu’elle a été les conditions de notre indépendance parce que beaucoup de populations à 70% en Afrique ont moyen de 40 ans. Donc, il est extrêmement important de connaitre notre histoire parce que bien sûr, il y a eu beaucoup de choses qui sont passés. Il y a eu le Camp Boiro, le cas de Kindia, des arrestations arbitraires et tant d’autre mais il faut savoir aussi les conditions dans lesquelles la guinée a pris son indépendance. C’était le premier message.

Le deuxième, c’est d’unifier le panafricanisme qui était à la base de l’émancipation de l’Afrique. Troisième, c’est pour renforcer la réconciliation avec la France », a-t-il expliqué.

De poursuivre, il a précisé que : « le premier cas, il faudrait que les guinéens sachent qu’il y a trois pays qui ont voulu voter non, la Guinée, le Sénégal et le Niger. Les hommes politiques n’ont pas réussi au Sénégal à cause des forces religieuses qui ont demandé à voter non qui avaient beaucoup d’influences. Au Niger, la classe politique s’est divisée entre Amady Doré et Bouba Ama, donc, la colonisation s’est appuyée sur ces gens pour renverser la situation. En Guinée, tout le monde parle de Sékou Touré, c’est vrai parce que c’est un Révolutionnaire mais sans Barry Diawadou et Barry 3, nous n’allons pas avoir de poids pour obtenir notre indépendance. Pourquoi ? parce que le colonisateur avait proposé beaucoup d’argent à Barry Diawadou, s’il votait oui ça allait créer de trouble pour dire qu’il y a de troupe en Guinée, qu’ils allaient intervenir pour mettre de l’ordre. Donc, il fallait aussi rétablir la vérité des faits parce que l’évolution de la situation a amené un conflit entre les gens de Sékou Touré et les autres leaders, ce qui a masqué le rôle que d’autres leaders ont joué. Ce qui fait qu’il est de mon rôle de dire la vérité à la jeunesse guinéenne et à la jeunesse africaine parce que Ahmed Sékou Touré n’a pas été le seul patriote pour l’indépendance, Barry Diawadou et Barry 3 y ont contribué ».

Contrairement qu’en septembre dernier, le chef de l’Etat s’est pas mis en colère cette fois-ci contre les journalistes guinéens comme il l’avait fait avec nos confrères étrangers lors d’une interview. Pourtant, il a toujours cru auparavant que c’était les plus compétents par rapport à ceux de son pays avant de se rendre peut-être compte qu’il s’était trompé, un journaliste égal à un journaliste. Seul leur lieu de travail les différencie.

Ibrahima Sory BARRY pour Aminata.com

Tel : (+224) 656 77 52 34

 

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