Absence du GOHA au comité de suivi des accords politiques: « c’est une ségrégation que nous n’accepterons pas », dixit Chérif Abdallah
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Le président du Groupe Organisé des Hommes d’Affaires (GOHA)  Chérif Mohamed Abdallah Haïdara a accordé une interview à notre rédaction. Il a parlé entre autres des menaces dont il fait l’objet depuis quelques temps,  de l’absence de son organisation au sein du comité de suivi des accords politiques, des kidnappings à répétition des opérateurs économique, le retard dans le renouvellement des chambres de commerce.

Nous vous proposons l’intégralité de cet entretien.

Aminata.com: Nous avons appris que vous êtes menacé par des inconnus. Vous le confirmez ?

Mohamed Chérif Abdallah: Je confirme. Il y a régulièrement des hommes en voiture ou en moto qui rodent derrière mon domicile ou mon bureau. Ils me suivent aussi dans mes déplacements.

Selon vous qui serait derrière ça et pour quel motif ? Avez-vous informé les services de sécurité ?

Bon, moi je ne peux pas accuser quelqu’un pour le moment. Tout ce que je peux dire c’est que je suis quelqu’un de bien et mon travail est très clair. Tout ce que je peux aussi imaginer, c’est peut-être parce-que je défends en temps que président du Goha les opérateurs économiques victimes de pillages ou alors certains tiraillements pour la chambre du commerce. Oui, j’ai informé par écris les services de sécurité et ce n’était pas pour mon cas personnel seulement. J’ai écrit aussi au ministre de la sécurité et au haut commandant de la gendarmerie national pour attirer leur attention sur le cas de l’insécurité chez les opérateurs économiques notamment les kidnappings à répétition. Le ministre de la sécurité a répondu officiellement à notre courrier en nous rassurant que des dispositions seront prises pour nous protéger. Le haut commandement de la gendarmerie jusqu’à présent n’a pas répondu à notre courrier. Nous espérons qu’ils prendront des dispositions non seulement pour mon cas personnel en tant que président du GOHA mais aussi pour l’ensemble des commerçants du pays.

Le comité de suivi des accords politiques a repris ses activités le vendredi dernier. Le GOHA qui défend les victimes des pillages n’a pas été associé. Quel est votre réaction sur ce sujet ?

Premièrement, nous disons que pour nous c’est une ségrégation  que nous n’accepteront pas. Toute la Guinée, je veux dire l’opinion nationale et internationale toute la classe politique guinéenne et l’ensemble des opérateurs économiques de la Guinée savent que c’est le GOHA qui a toujours défendu les opérateurs économiques victimes de pillages et autres tracasseries au niveau national et international. Pour le cas de pillages précisément qui a été pris en compte dans les accords c’est bel et bien le GOHA qui a revendiqué pour que les opérateurs soient dédommagés.  C’est aussi le GOHA qui a identifié toutes les victimes de pillages et qui a déposé le rapport de ses victimes à la Présidence de la république, à la Primature, au ministère de l’économie et des finances et au ministère du Budget, au ministère de l’industrie et au ministère du commerce, au ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation ainsi qu’à l’Assemblée nationale, à la cour suprême, au Conseil économique et social, à l’opposition républicaine, au RPG-Arc-en-ciel, à l’Union Européenne, à la Banque mondiale, à la CEDEAO, au système des nations Unies, à  l’ambassade des État unis, à l’ambassade de la France ainsi que les autres Ambassades accréditées en Guinée, la presse nationale et internationale. C’est pour vous dire tout le  sérieux que nous avons fait pour ce travail important. C’est pourquoi nous demandons à l’ensemble de la classe politique et au Gouvernement de mettre le dossier des opérateurs économiques victimes devant tous les sujets au menu des négociations. C’est pour prouver que même si ce comité ne veut pas nous prendre, nous sommes au sérieux et c’est un travail sérieux qui a été fait. Donc, c’est une obligation pour eux de prendre ce travail. On ne voit pas qui peut nous défendre à notre absence si on veut la transparence.

Êtes-vous optimistes quant à l’indemnisation des victimes comme promis par l’État ?

Je dirai quelque part que l’État est obligé de dédommager les opérateurs économiques victimes de pillages parce-que la sécurité des biens et de personnes incombe à l’État. Le Président de la république a prêté serment sur ça en jurant de protéger les citoyens et leurs biens sur toute l’étendue du territoire national.

Le gouvernement veut mettre en place des textes qui vont obliger les commerçants à ouvrir leur commerce notamment pendant les journées villes mortes de l’opposition. Votre opinion sur ce dossier ?

Un texte ou une loi qui va dire aux commerçants d’ouvrir leurs magasins ou de fermer, je commencerai par dire que les boutiques et les magasins appartiennent aux commerçants et par conséquent ils peuvent ouvrir quand ils le veulent et fermer quand ils le veulent. Aucune loi du monde,  ce n’est pas de la Guinée seulement ne peut nous imposer d’ouvrir ou de fermer.  Si une telle loi est programmée en Guinée, on va non seulement demander le départ de celui qui l’introduit mais aussi tous les commerçants du pays sont prêts à fermer une semaine pour démontrer que leurs boutiques et leurs magasins leur appartiennent. Nous mettons en défit quiconque qui trouvera le contraire car c’est les commerçants qui ont souffert pendant plusieurs décennies pour trouver ces boutiques et magasins de leurs propres sueurs. Tant que nous nous ne sentons pas en sécurité nous fermons quand nous voulons,  nous ouvrons quand bon nous semble. Tous les commerçants du pays sont prêts pour empêcher ces genres de lois et ils vont le prouver le moment venu.

Parlant du renouvellement des antennes de la chambre du commerce,  le ministre Marc Yombouno a fait savoir qu’il n’est pas obligé de vous associer. Votre réaction ?

Le ministre doit savoir que moi je détient ma carte de membre de la chambre de commerce depuis 1996 ce n’est pas à lui de m’associer à ça. Je suis dedans depuis 22 ans. Avant qu’il ne soit ministre,  j’étais dedans et après son départ, je serai dedans. Je dis et je précise que les mandats des antennes de chambre commerce dans les régions,  préfectures et communes sont périmés depuis le 19 mars 2018. Je précise que le mandat de ces antennes est de quatre ans. Ils ont été mis en place par une haute magouille sans élection propre. Nous détenons les preuves depuis le 19 mars 2014. Leur mandat est terminé que ça soit élection ou sélection ou soit disant consensus,  c’est terminer. Ils ne peuvent pas voter pour quelqu’un. Le ministre devait être neutre sauf si il est candidat comme moi. Donc, je lance un appel à tous les commerçants du pays d’être prêts.  On va dénoncer et chasser toute personne qui veut organiser des magouilles à tous les niveaux pour les élections de  cette chambre.

Propos recueillis par Mamadou Aliou Barry pour Aminata. com

Tel : (+224) 622 304 942

 



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