Siaka Barry, ancien ministre de la culture et des sports
Siaka Barry, ancien ministre de la culture et des sports

Son limogeage du gouvernement Mamady Youla a soulevé un tollé auprès de l’opinion publique nationale. Siaka Barry, ancien ministre de la culture s’active sur le terrain politique à travers son mouvement “Génération débout”. Lors derniers scrutins locaux, les alliés de son mouvement ont obtenu deux circonscriptions électorales : Coyah et Faranah.

Ce mercredi 17 mai, au cours d’un entretien exclusif qu’il a accordé à Aminata.com, ce jeune qui revendique avoir appartenu au communisme révolutionnaire revient sur son départ du gouvernement. Siaka Barry fustige la déviance du Président de la République à l’égard de sa vision originelle.  Lisez cet extrait de l’entretien.

Aminata.com : vous vous occupez de vos activités politiques en dehors du RPG.

Siaka Barry : je n’ai jamais été au RPG. C’est vrai. Soutenir le Président Alpha Condé ne signifie pas aller au RPG. Je n’ai appartenu à aucune instance du RPG

Mais vous étiez quand même militant ?

Non. Sympathisant je veux dire. Ma sympathie au RPG venait de la sympathie que j’avais pour le président Alpha Condé. Voilà pourquoi je rappelle aux gens que je n’ai pas été RPgiste, j’étais Alphaïste. Je suivais la vision du président Alpha Condé et c’est cette vision qui m’a fait suivre la ligne qu’il a eu à tracer. Dans cette ligne, il y avait bien sûr l’outil que nous avions à notre disposition qui était le parti RPG que j’ai accompagné. C’est vrai que je l’ai accompagné.

Vous êtes toujours sympathisant du RPG ?

Non. En fait je suis sympathisant toujours du Président Alpha Condé. Je suis la vision du Président Alpha Condé jusqu’aujourd’hui. Je suis toujours Alphaïste contrairement à ce que les gens croient. Je suis la vision du Pr. Alpha Condé, je ne suis pas sa personne. J’ai toujours rappelé que je suis sa vision originelle. Si le Pr. Alpha Condé lui-même trahit sa propre vision, il s’en ira avec sa personne mais moi je suivrai sa vision.

Est-ce que le Pr. Alpha Condé a été fidèle à sa vision ?

Pas sur toute les lignes. Il faut se le dire. Je l’ai toujours dénoncé dans mes discours. C’est le lieu pour moi d’appeler le président de la République à revenir à cette vision originelle. J’ai suivi le Pr. Alpha Condé par soif de socialisme. Je ne vois pas assez de démarches socialistes aujourd’hui dans l’élan du Pr. Alpha Condé. Or moi je suis socialiste. J’ai d’ailleurs été marxiste-léniniste. Donc, je ne peux pas comprendre que le président Alpha Condé sacrifie aujourd’hui cet élan socialiste sur l’autel d’un libéralisme qui ne dit pas son nom. Je ne peux pas l’appeler Libéralisme à tout va mais ce libéralisme aujourd’hui auquel nous ne sommes pas préparés. Je ne peux pas comprendre cet élan. Ceci dit cette vision du Pr. Alpha Condé, vision qu’il avait en 1991 lors qu’il rentrait en Guinée, vision qu’il avait en 1993 lorsqu’on lui volait sa victoire, vision qu’il avait en 1998 lors que injustement on l’avait arrêté, on l’embastillait ici c’est cette vision que je suis en train de suivre même si lui le Pr. Alpha Condé abandonne cette vision moi je serai fidèle.

Monsieur Siaka Barry, quand même c’est après votre départ du gouvernement que vous vous êtes rendu compte de cette déviance à l’égard de sa vision

Non ! Vous savez une déviance n’est pas un acte brutal. Une déviance souple et continue au fur et à mesure et au moment où on la constate très malheureusement ça trouve que on s’est longtemps éloigné de son propre idéal.

Quand est-ce vous avez commencé à constater cette déviance ?

Depuis le départ. Vous allez me permettre de paraphraser René Dumont qui disait que l’Afrique noire est mal partie. Depuis le départ j’avais nourri des inquiétudes bien avant mon entrée dans le gouvernement. Je pense que mon arrivée au gouvernement s’inscrit aussi dans le même cadre. Je pensais peut-être naïvement pouvoir changer certaines choses à l’intérieur en arrivant au gouvernement. Tout le monde a quand même vu mon élan. J’ai pris un élan socialiste. Toutes les réformes auxquelles j’ai apporté ont été des réformes socialistes et je les ai assumées. Le retour du festival national des arts et de la culture, ce festival avait disparu depuis 1982. Ce festival était l’œuvre de la révolution culturelle. Je suis fidèle à mon élan révolutionnaire et socialiste. Je pensais pouvoir réveiller sur cet enthousiasme socialiste et révolutionnaire au sein d’un gouvernement, malheureusement je n’ai pas pu le faire. Les forces opposées ont eu le dessus et cela a fini par me convaincre que ces forces sont en train d’avoir raison sur la vision du Pr. Alpha Condé.

A suivre.

Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com

alphanyl@gmail.com

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