Le grand père d'Ibrahima Kandja Doukouré décédé à l'âge entre 110 et 115 ans
Le grand père d'Ibrahima Kandja Doukouré décédé à l'âge entre 110 et 115 ans

“Tout ce qu’on fait pour Allah est bien facile”, notre grand-père nous disait le plus souvent.

Cette phase a caractérisé toute sa vie et c’était pourquoi, il ne voyait que son Créateur dans tout ce qu’il entreprenait et dans dans ses contacts quotidiens avec ses contemporains. Bien évidemment, il acceptait les remerciements mais les réactions positives ou négatives de ceux qui bénéficiaient ses aides n’étaient pas ses premiers objectifs recherchés.

Je ne sais pas exactement quand notre grand-père El. Ibrahima Kalilou Doukouré, naquit à cause du système colonial qui avait utilisé l’ignorance massive de colonisés pour mieux les exploiter. Cependant, il m’a dit un jour qu’il était à un petit doigt d’être enrôlé dans l’armée coloniale mais avait été épargné à cause de sa taille pour l’an suivant. C’était l’une des raisons qui firent que son père lui envoya précipitamment en Gambie-Saran pour ses éducations religieuses. Il dépensa plus de quinze ans dans ce lieu. Ainsi, tout laisse croire que l’enrôlement en question était pour la première guerre mondiale et il devait être plus de 10 ans à l’époque.

Mon grand-père est décédé le 05 novembre 2018 et avait au moins entre 110 à 115 ans. Il a été l’imam ratib de la grande mosquée de notre village, Manda-Saran dans la préfecture de Lelouma pendant plus de 36 ans et animait  en même temps l’école coranique communément appelée “l’école par terre” qui se trouve massivement dans les villages.

Sa longévité dans la santé s’explique par la pure nature de son cœur, les contacts avec ses frères et sœurs de sang qu’il a maintenus durant toute sa vie, les aides qu’il n’a cessées d’apporter à tous ceux qui en avaient besoin. Bien sûr que ces genres de comportements sont toujours accompagnés par la longévité sans la santé en Islam. Le Messager d’Allah (que les bénédictions et salut d’Allah sont sur lui) a dit: “Celui qui aimerait bien qu’on élargisse sa subsistance et qu’on retarde l’échéance de sa mort, qu’il se montre bon avec ses proches”.

L’autre aspect de sa vie de plus d’un siècle dans la santé est qu’il jeûnait au mois deux mois de chaque année. Le jeune quotidien aussi donne la santé comme le remarqua le dernier des prophètes (paix et salut d’Allah sont sur lui): “Jeûnez, vous serez en bonne santé”. (Abou Nu’aym)

Il faut ajouter que le meilleur parmi les musulmans est celui qui vit longtemps dans la crainte et l’adoration de son Créateur; et le pire est naturellement celui qui vit longtemps dans la désobéissance d’Allah. Le Messager d’Allah (que les bénédictions et salut d’Allah soient sur lui) avait répondu quand il fut demandé à propos du meilleur et le plus mauvais des hommes: “Celui dont la vie est longue et les actions sont bonnes. Celui dont la vie est longue et les actions sont mauvaises”. (Tirmidhi)

Il se battait inlassablement pour éduquer ses fills et filles, ses petits-fils et petites-filles et tous les enfants du village. Il aimait dire à ses proches que, “l’enfant serait naturellement dans la vie ce que ses parents ont bien voulu qu’il soit”. En d’autres termes, il a compris que l’éducation des enfants doit être le premier objectif de tout parent.

En outre, il pensait que l’enfant devait être non seulement bien éduqué mais aussi être suivi régulièrement dans pendant sa jeunesse. Il croit que les parents et la société en entière doivent s’impliquer. Il disait: “Si tu mets ton enfant par exemple en commission chez son oncle, tu dois lui dire de lui appeler par son oncle et non pas par comme tu lui appelles”.

Par ailleurs, mon grand-père croit que les deux maux de la société sont de mensonges et les orgueils. D’un côté, il disait: “La pire personne pour la société est un menteur qui, lorsque quelque chose de mal se passe dans le village ou chez son voisin, le diffuse dans le but de nuire”; et de l’autre côté, il ajoutait: “le pire des hommes est l’orgueilleux”. C’est n’est guère étonnant car les comportements qui détruisent l’individu et la société sont bien le mensonge, l’orgueil et la passion. Allah n’a cessé de nous mettre en garde principalement contre ces comportements et beaucoup d’autres.

Enfin, mon grand-père a passé toute sa vie dans la promotion de l’entente dans sa famille, le bon voisinage et la construction d’une paisible société. Il disait le plus souvent que l’entraide et les cadeaux mutuels diminuent les frustrations et rendent la cohabitation meilleure. Il remarqua sagement: “Il est important de faire la différence entre un cadeaux malpoli et un refus poli”. Et il entend par un cadeaux malpoli: “quand on nous demande un service et on le rend accompagné par de propos et actes blessants”; et pense qu’un don poli est meilleur: “quand on nous demande un bien et même si on n’en a pas, on le dit au demandeur dans un ton très respectueux de sa dignité”.

On a cru que dire ces quelques mots sur notre grand-père comme tout sage et un musulman sincère d’ailleurs, permettra à certains d’entre nous de continuer avec leurs attitudes socialement acceptables et à d’autres de penser à s’améliorer dans le cas contraire. Nos vies sont naturellement trop courtes et nous devons les vivre en étant utiles à nos proches et contemporains, et en s’abstenant des actes allant à leur causer de torts.

Le plus difficile à propos de la disparition d’une personne qui nous a éduqué, conseillé tout au long de notre vie jusque là et n’a cessé de nous montrer les chemins pour être utiles à notre famille et aux autres, est d’envisager le reste de notre vie sans elle. On ne pourrait supporter cette perte qu’en pensant qu’un être si gentil, humain et musulman sincère doit, à un moment donné de sa vie, profiter de récompenses éternelles que son Créateur lui a promises.

Puisse Allan (Le Très miséricordieux) lui pardonner et donner Son Paradis, al-firdous)

 

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