Ce qui se passe en ce moment au département des travaux publics n’est ni plus ni moins qu’une scène de panique digne d’un film western d’un autre âge.

Après avoir échoué à se déculpabiliser, enfermé son planton et bloqué sa moto, le voilà qui multiplie des gestes et des déclarations à travers des communiqués contradictoires qui, dans un pays organisé, peuvent servir de preuve tangible de sa culpabilité dans les nombreux dossiers de vol, de corruption et de détournement de denier publique qui affaiblissent le système de gouvernance du pays depuis des lustres.

Dans un communiqué publié le 13 février, la direction nationale du Fonds d’entretien routier-Fer- se justifiant des « accusations » de surfacturation dit avoir réussi, à récupérer 6.535.632.254 GNF.

Quatre jours après, c’est un arrêté du ministre Mohamed Traoré qui sort pour parler de résiliation de ces contrats. Quel paradoxe ? Justice, comité d’audit, agence judiciaire de l’Etat, Agence de lutte contre la corruption où êtes-vous ? Peut-on accepter que l’on prenne le peuple pour analphabète et dupé par ses propres cadres et dirigeants?

Selon cette note de service signé le 11 février et paru le lundi 17, il est dit “les marchés montés et rédigés par les services techniques de la direction nationale de l’Entretien routier, lus et vérifiés par le directeur national de la direction précitée, lus et approuvés par le Ministre d’Etat chargé des Travaux publics et des transports sortant et soumis au visa du directeur général du FER et non payés par ce dernier”…, sont résiliés.

A la lecture du dit document, la première question que l’on se pose est celle savoir qu’est ce qui a motivé le ministre à faire sortir un communiqué le 13 février pour justifier son implication dans ces marchés qu’il dit avoir réussi à récupérer la valeur de six milliards et demi d’un côté et de l’autre cette note de service sortie le 11 février, soit deux jours avant pour annoncer la résiliation de ces marchés. Veut-il enfoncer quelqu’un d’autre dans le trou ou faire périr d’autres à sa place?

Comment expliquer cette rétropédale ? A-t-il antidaté le document ? Tout est possible selon un de ses proches qui n’a pas caché sa surprise et son indignation. Seul le ministre Traoré qui semble avoir le dos au mur peut le justifier de toutes les façons. D’autant plus que dans ses attaques contre la presse, il ressort que ces « surfacturations sont également notifiées par la direction des pistes rurales, qui n’a rien à voir avec le département des travaux publics d’alors.

Que le Président de la République et l’ensemble des acteurs politiques et socioéconomiques du pays tout comme les partenaires de la Guinée fassent de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics un engagement public, il est intolérable que de tels actes ne puissent pas attirer leur attention et amener les accusés à s’expliquer devant les juridictions compétentes. Ce cri d’alarme est poussé par plus d’un citoyen.

Selon M. Traoré, le Directeur du fons routier est le dernier signataire des contrats de marché. Quel paradoxe ? Alors que le Fer, une direction générale, n’est qu’un bailleur de fonds et le département agissant en sa qualité de maître d’ouvrage, comment et en vertu de quoi, le Dg du fer peut attendre la signature du ministre pour mettre son visa ?

L’opinion veut donc que cette scène comique prenne fin en toute transparence. Que les voleurs déguisés et transformés en crieurs publics pour tromper les plus hautes autorités et les populations guinéennes éprouvées par des années de calvaire de mal gouvernance, soient punis par la loi et les innocents lavés de tout soupçon.
Nous y reviendrons très prochainement pour donner plus de détails sur notre « intègre » ministre.

Zoom d’Aminata.com

PARTAGER

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here