M’mah Aribot Savané, Directrice de l’ONSPA : « chacun doit maintenir l’hygiène au niveau de la manipulation des produits halieutiques »
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A la tête de l’Office National de Contrôle Sanitaire des produits de la pêche et de l’Aquaculture (ONSPA), M’Mah Aribot Savané a mené plusieurs  réformes pour garantir aux citoyens des poissons de bonne qualité.  Cette semaine, elle a accordé un entretien à votre quotidien en ligne. Au cours de cet entretien à bâton rompu, elle a présenté son établissement et égrené des réformes entreprises. Lisez.

Aminata.com : Quelle est la mission de votre service ?

M’mah Aribot Savané : L’ONSPA, c’est l’Office national de contrôle sanitaire des produits de la pêche et de l’aquaculture. C’est un établissement public à caractère administratif doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. La mission de l’ONSPA est d’appliquer la politique du gouvernement dans le domaine du contrôle sanitaire de la pêche et de l’aquaculture.

Quels sont les pouvoirs de l’ONSPA en matière d’agissement sur le terrain ?

Le pouvoir de l’ONSPA est basé sur la législation du ministère de la pêche et de l’aquaculture. Vous avez trois lois. Il y a la loi sur le code maritime, la loi sur la pêche continentale et la loi sur l’aquaculture. A côté de ces lois il y a des réglementations. Il y a plusieurs réglementations. Il y a une réglementation qui était un arrêté conjoint Ministères de la pêche et de la santé. Il y a eu des réglementations en 2007 et 2009. En 2017, le ministre de la de la pêche, de l’aquaculture et de l’économie maritime a signé une réglementation grâce à l’appui du NEPAD. Ce sont ces réglementations qui nous permettent de travailler et d’agir sur les opérateurs pour le respect des normes sanitaires.

Comment votre service est structuré ?

Nous avons une Direction Générale, une agence comptable, quatre départements techniques, deux services d’appui et des services déconcentrés.

Quels sont les actes que vous avez posés pour une avancée de votre service ?

Nous avons procédé à des réformes. Du service rattaché nous sommes passés à l’établissement public. Nous avons signé des protocoles avec d’autres institutions : c’est le cas du laboratoire central Vétérinaire de diagnostic (LCVD), l’Institut technologique alimentaire de Dakar, avec le LANADA de la Côte d’Ivoire, avec l’Office national d’inspection sanitaire des produits halieutiques de la Mauritanie.

Est-ce que vous avez les moyens financiers et logistiques pour mener à bien votre mission ?

Nous avons des difficultés.  Mais on se débrouille avec le peu de moyens dont nous disposons. Par exemple, nous n’avons pas aujourd’hui un laboratoire qui nous permet de faire des analyses. Nous collaborons avec le laboratoire de la Mauritanie pour l’analyse des produits, de l’eau et de la glace. Présentement, nous avons commencé à envoyer des échantillons pour des contrôles.

Quelles sont les démarches que vous menées présentement pour l’obtention d’un laboratoire  digne de nom?

Nous avons fait un projet de construction d’un laboratoire de l’analyse des produits halieutiques. Dieu merci le projet est pris en compte parmi les cent projets identifiés par le gouvernement du 2018 à 2020. Nous sommes en contact avec d’autres institutions. Le NEPAD nous a déjà trouvé des équipements.

D’après vous qu’est-ce que chacun doit faire pour que nous ayons des poissons de qualité à l’interne et à l’exportation ?

Ce que nous devons faire, c’est de maintenir l’hygiène au niveau de nos débarcadères. Les acteurs qui sont dans les débarcadères doivent s’investir pour que nos débarcadères soient propres. Les acteurs qui sont au niveau des usines doivent faire la même chose. Les gens qui fabriquent la glace doivent fournir de glace de qualité. Il y a des efforts à faire au niveau des fabricants de glace pour conserver les poissons. Chacun en ce qui le concerne doit maintenir l’hygiène au niveau de la manipulation des produits.

Comment ça se passe sur le terrain  en matière de contrôle ?

Nous avons un département contrôle et inspection sanitaire. Au niveau de ce département vous avez de cellules. Il y a une cellule portuaire qui évolue au niveau du Port autonome de Conakry. Vous avez le contrôle des bateaux, des poissons et la certification de l’exportation à partir du Port ou le contrôle des produits importés. Une cellule débarcadère pour faire le contrôle des débarcadères et des pirogues de pêche de Conakry. Une cellule chargée des établissements des usines et des centres des fumages et une cellule qui est basée à l’aéroport pour la certification des produits à l’exportation. Au niveau des services déconcentrés  vous avez des bureaux préfectoraux de l’ONSPA sur le littoral à Boké, Boffa, Dubréka, Coyah et Forécariah. Vous avez de bureaux à Siguiri, Labé, N’zérékoré et un bureau régional à Kankan. Notre objectif c’est d’ouvrir des bureaux d’inspection sanitaire pour l’ensemble des préfectures de la Guinée.

Avez-vous de projets de développement au de l’ONSPA ?

Nous avons envisagé la construction d’une unité pilote qui puisse regrouper douze usines. Donc, l’Etat construit l’unité pilote et donne le secteur privé en location. Ça dépendra de la formule que l’Etat va mettre dans le contrat avec le secteur privé. Notre préférence aujourd’hui, c’est d’avoir une zone industrielle viabilisée. Si l’Etat ne peut pas construire une unité pilote mais qu’il y ait une zone industrielle pour les industries de pêche, qu’on dise qu’il y a telle nombre d’hectares qui est aménagé. Si quelqu’un veut implanter une usine ce n’est pas à travers de la ville, à gauche à droite qu’il va construire son usine. Il doit y avoir une zone où il doit implanter son usine. Notre objectif aujourd’hui c’est qu’il y ait cette zone. Depuis des années nous faisons des études, ça ne passe pas encore au niveau de budget national pour mettre en place cette zone viabilisée.

Quel appel lancez-vous aux acteurs de la pêche pour la qualification de nos produits halieutiques ?

Je demande aux acteurs de la pêche de se conformer à la loi et aux réglementations en vigueur en matière sanitaire de la pêche et de l’aquaculture.

Entretien réalisé par Ousmane Camara

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