“La préfecture maritime a un pouvoir de police générale dans le domaine maritime”, explique El-Hadj N’famara Diomandé
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Au cours d’un entretien exclusif qu’il nous a accordé, le colonel N’famara Diomandé, préfet maritime depuis septembre 2016 a expliqué les missions, les défis et les perspectives de cette institution chargée d’administrer le domaine maritime. L’officier a aussi parlé de rapports avec les autres services tels que le Centre national de la surveillance de pêche (CNSP). Lisez.

Mission

La mission de la préfecture maritime est de garantir l’autorité de l’Etat dans le domaine maritime. Elle coordonne les activités de l’échelon national  et toutes les activités des administrations concernées par la mer. En son sein il y a des membres issus des ministères de la pêche, des transports, du tourisme, des postes et télécommunications. Comme vous le savez, il y a des câbles de communication qui passent sous la mer. Donc, on veuille à ce que les navires ne touchent pas ces câbles. Par exemple aussi, le ministère des mines et de la géologie, il y a des missions de prospection ou l’utilisation des plateformes. La préfecture coordonne avec ces administrations les activités y afférentes. L’autorité de la préfecture maritime s’arrête comme on le dit chez nous à la ligne de la basse mer. Les plages et le reste sont administrés par les autorités terrestres. A partir de la ligne de basse mer jusqu’à la haute mer, c’est le domaine de l’autorité du préfet maritime. On a un pouvoir de police générale de chaque administration. On a un pouvoir de police générale de chaque administration qui est concernée par la mer. Nous avons le droit de regarder toutes les activités dans le cadre d’une gestion de crise par exemple.

Rapport avec les autres services de gestion de la mer comme le CNSP

Nous avons de très bon rapport avec ces administrations.  Par exemple, avec le Centre national de surveillance de la pêche, nous avons une convention entre les deux administrations pour un échange d’informations et de faire des missions ensemble. Quant à la Marine marchande, presque c’est le bras armé de la préfecture. C’est elle qui peut jouer le rôle de la gendarmerie maritime. C’est avec elle que la préfecture compte pour aller en mer. La préfecture n’a pas des moyens ni aériens, ni navales. Elle compte sur les moyens des autres administrations. En cas de crise, le préfet a le pouvoir de réquisitionner les moyens de différentes administrations.

Crises gérées par la Préfecture maritime

Chez nous, dans notre jargon, il y a une différence entre la piraterie et le brigandage. En Guinée, on n’a pas eu encore de cas de piraterie. On a souvent des cas de brigandage et attaques à main armée. C’est-à-dire des bandits qui viennent dans les ports, dans les eaux territoriales qui montent dans les bateaux et menacer les occupants avec des armes pour leur retirer de l’argent et de matériel. Nous avons géré ce genre de crises plusieurs fois. Le dernier cas c’était avec MAERS.

Défis

Notre premier défi, c’est d’avoir le fonds de sécurité pour pouvoir mener nos activités. Toutes les administrations qui sont là ont reçu leur budget à cause de leurs missions régaliennes. Nous sommes une jeune institution qui est venue trouver des vieilles institutions. Beaucoup pensent que nous sommes venus pour retirer leurs prérogatives. Pour avoir sa place entre les grands-frères ce n’est pas facile. On ne se substitue à aucune administration, nous sommes juste une institution de coordination. Tout dernièrement, vous avez vu avec le glissement de terrain en Sierre Leone quand les corps sont venus vers la Guinée, la préfecture était le point focal. La crise a été bien gérée. Toutes les informations ont été centralisées au niveau de la préfecture et nous avons réquisitionné les moyens de la Marine marchande, la gendarmerie, toutes les administrations pour pouvoir récupérer les corps.  La gestion a été très bien faite à la satisfaction de nos voisins. Un avantage de l’existence de la préfecture car elle soit un point focal.

Perspectives

Nous voulons nous déployer le long de tout le littoral. Aujourd’hui, nous sommes seulement basés à Conakry mais nous voulons avoir les bureaux côtiers. Nous souhaitons que dans un an ou deux ans, que nous puissions installer ces bureaux.

Entretien réalisé par Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com

alphanyla@gmail.com

+224 656 391 976

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