Une décennie après les mouvements sociaux qui ont fait vaciller le pouvoir du vieux General Lansana Conté et pendant lesquels les sociétés s’étaient pris à tous les symboles de l’Etat ou presque dans le pays, l’état des lieux dans certaines parties de la Guinée profonde laisse à désirer.

C’est le cas de Koubia ,où faute d’infrastructures judiciaires les jugements sont délocalisés au TPI de Labé situé à plus de 100 km.
Sur ce cas précis de Koubia , notre rédaction a pris langue avec le juge de paix des lieux Ibrahima Kassory Camara n’a pas fait dans la langue de bois :
« ce n’est pas facile, vous avez vu parfois nous payons le transport des détenus de Koubia à Labé ,parfois c’est les officiers de police judiciaire qui se décarcassent pour envoyer ces gens à Labé pour faire le jugement…

Pour tout une préfecture ,il n’y a pas plus de 5 gendarmes, pour tout une préfecture il n’y a pas plus de 4 policiers, il y a des sous préfectures où il n’y a aucun agent ,même un bénévole, ce n’est pas facile et nous sommes venus à un moment où les gens n’avaient plus la culture de la justice, vous imaginez de 2007 à 2014 les autorités de ces localités étaient devenus de véritables juges…

le magistrat a aussi souligné le fait que la délocalisation desserve les populations pour lesquelles il est dépêché , car à son sens un procès est autant informatif qu’éducatif et aurait permis aux citoyens de rectifier certains comportements qu’ils pensent être sans gravité.
A cela s’ajoute la rupture de confiance entre justiciers et justiciables.

Ousmane K . Tounkara

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