[dropcap class=”kp-dropcap”]L[/dropcap]’ancien président de la transition en Guinée séjourne depuis une semaine au Burkina Faso. Il a été reçu en audience, au Palais Kossyam, par le président Blaise Compaoré. Avant la prochaine étape de la nouvelle tournée qu’il effectue et qui s’inscrit dans le cadre des missions de bons offices à lui confiées par l’union africaine, nous l’avons rencontré. Adepte du langage simple et vrai, il a confié ses sentiments. On découvre un homme que le temps et le recul ont ‘’ bonifié’’.  il reste  aussi  très attentif à la situation de son pays, malgré l’obligation de réserve que ses nouvelles fonctions lui imposent. Le militaire diplomate laisse parler son cœur. Entretien exclusif.

nouvelledeguinee.com et AMINATA.COM:   vous venez d’être reçu par le Président Blaise Compaoré, êtes- vous satisfait de vos entretiens ?

Général Sékouba Konaté: C’est toujours un plaisir et un honneur pour moi de rencontrer le Président Blaise Compaoré. Je l’ai connu et pratiqué vraiment pendant la transition que j’ai eue l’honneur de diriger. J’ai découvert un homme pondéré qui prend son temps pour trouver la solution à chaque problème et ne se presse pas lorsqu’il s’agit de prendre de grandes décisions. Il  a un parcours et une histoire qui font de lui  une ” bibliothèque” en Afrique, cette Afrique dont il connaît les difficultés, les espoirs et les défis.  Aussi est-il utile de le consulter aussi souvent que possible pour bénéficier de son expérience et de son intelligence politique pour la gestion des grands dossiers du continent.

Dans le cadre de ma mission à savoir la mise en place de la force africaine en attente et de ses autres composantes,  il m’apporte de précieux et utiles  conseils. Je dois dire que les autres chefs de l’Etat et lui me témoignent une grande affection et m’apportent tout leur soutien chaque fois que je les sollicite le bon accomplissement de ma mission.

Vous avez fait pratiquement le tour du monde, invité et sollicité par les grands décideurs. Vous êtes même attendu à la fin de ce mois à la Haye en Hollande où vous devez rencontrer de nombreuses personnalités comme la procureure de la CPI, Fatou Bensouda.  A quand votre visite en Guinée, votre pays ?

Je vais partout où je suis invité,  où je sens aussi que je suis le bienvenu, où je peux faire un plaidoyer utile pour mon département. Parce qu’il ne faut pas l’oublier, je ne suis pas totalement libre  de mes mouvements et maître de mon agenda. Je me déplace en fonction des invitations que je reçois des Etats membres de l’Union Africaine et de nos partenaires techniques et financiers.

Il est  vrai que depuis ma prise de fonction effective, je ne suis pas resté longtemps à notre siège,  car le devoir m’appelle partout et seul compte le résultat. Je suis fier de contribuer à la paix et à la Sécurité en Afrique après avoir rétabli l’ordre constitutionnel et poser les premiers jalons de la démocratie dans mon pays et  dans un contexte politique et social difficile.
Pour répondre à votre question,  avant de quitter Addis Abeba, l’ambassadrice de Guinée en Ethiopie m’a fait part d’une invitation pour un séjour de travail en Guinée. On verra dans les prochains jours.

Est-ce à dire qu’il y a un réchauffement dans  vos relations avec le professeur Alpha condé après les tensions entre vous dont on a parlé ?
 
Je n’ai pas de problèmes personnels et particuliers avec le professeur Alpha Condé. Seulement, j’ai des principes et des valeurs que je défends. Je suis un homme qui souffre énormément de l’injustice et souhaite à son pays tout le bonheur. J’aime la Guinée qui passe avant tout le monde.

A propos d’injustices, vous voulez parler du sort difficile de vos compagnons civils et militaires pendant la transition ?

De toutes les injustices ! Je ne défends pas une cause particulière, ni un homme en particulier.  Cependant, je ne peux rester indifférent aux malheurs de mes proches. Surtout lorsque qu’il s’agit de personnes dont je connais la moralité. Je n’ai pas manqué d’attirer l’attention du professeur Alpha Condé à propos de la chasse aux sorcières déclenchée contre mes proches.  C’était au lendemain de la transition.  Il m’avait confié en présence d’amis à lui qu’il n’avait rien contre mon entourage. Il a aussi révélé que ce sont des anciens dignitaires qu’il a fait venir auprès de lui , malgré tout le tort qu’ils lui ont causé dans le passé , qui tirent sur les ficelles. C’est regrettable que des Guinéens veuillent nuire à d’autres guinéens sans raison au moment où  le pays a besoin de paix et de réconciliation. J’avais pourtant prévenu le Professeur Alpha Condé à l’occasion de mon discours d’adieu de faire attention aux intrigues et cabales qui ont caractérisé tous les pouvoirs guinéens. Hélas…

Il y a eu de nombreuses initiatives de médiation pour vous rapprocher du Professeur, mais apparemment, elles n’ont rien donné, d’où vient le blocage ?

Une médiation,  c’est entre des personnes en conflit. Mais il n’y a pas de médiation quand il y a une partie qui agresse sans raison, et  il y en a une autre qui subit dans l’honneur et la dignité. Beaucoup de choses ont été dites sur la transition et les acteurs de la transition dans l’unique but de nuire et de provoquer une polémique inutile. Peut-on perdre du temps et de l’énergie à polémiquer alors que nous devons tous nous mobiliser face à l’enjeu du destin national ?

C’est pourquoi, je n’ai pas jugé nécessaire de répondre aux calomnies. Chaque chose à son temps. La priorité aujourd’hui c’est notre avenir, la liberté et la sécurité pour chaque Guinéen. Sinon, de nombreux Chefs d’Etat se sont portés volontaires pour rétablir la vérité et la justice dans le regard porté sur la transition. Ni pendant la transition, ni maintenant, je ne suis préoccupé par les clameurs publiques ou les fausses accusations. Dieu rendra justice face à l’ingratitude des hommes.

Avez-vous des contacts avec l’opposition ?

Je parle avec tous les Guinéens de bonne volonté qui se battent pour la Démocratie la paix, le progrès de la Guinée, qu’ils soient du pouvoir, de l’opposition ou de la société civile.

Avez-vous aussi des contacts avec votre ancien ministre secrétaire général Tibou Kamara ?

Ce fut un collaborateur loyal, c’est aussi un ami.  Je l’ai connu à la prise du pouvoir. Il  a essayé de nous conseiller. Mais il n’était pas écouté. C’est pourquoi il y a eu quelques erreurs. Aussi lorsque je me suis retrouvé président de la transition, je lui ai fait appel. Je n’ai pas de regrets parce qu’il a fait son devoir: Je profite de l’occasion pour lui réitérer mes condoléances pour la disparition de son père. Je regrette que lui et d’autres qui m’ont accompagné pendant la transition soient victimes de nombreuses injustices et frustrations. Je regrette aussi que parmi mes anciens compagnons qui  sont aux cotés du professeur Alpha Condé, il n’y ait eu personne pour défendre les autres aujourd’hui en difficultés, parce qu’ils sont confrontés soit à l’épreuve de la  prison ou aux affres de  l’exil.

Mais comme a dit le défunt Mitterrand : ‘’Laissons le temps au temps’’

On a entendu dire à un moment donné que vous aviez l’intention de partir de l’Union Africaine ?

En attendant, j’y suis encore. Quand le moment de partir viendra, vous serez au courant. Moi, je suis un homme qui fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait.

Avez-vous des ambitions pour 2015 ?

On est en 2014, non ?

www.nouvellesdeguinee.com et aminata.com

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