Guinée: après la fête c’est la défaite chez certains citoyens
Noter l\'article
La Guinée à l’instar des autres pays musulmans du monde a célébré vendredi 1er septembre 2017, la fête d’Aid-El-kebir, autrement appelée fête de Tabaski. Dans la capitale Conakry, plusieurs citoyens ont fêté cette année dans des conditions difficiles à cause de la flambée du prix de mouton qui se négociait entre un à deux millions (deux cent euros alors le SMIG est à moins de 50 euros). Certains d’entre eux se retrouvent dans des situations compliquées après la fête.
*
Tout un croyant musulman souhaiterait avoir les moyens d’immoler un mouton comme sacrifice le jour de la fête de Tabaski. Comme le créateur Dieu sait faire les choses, selon les scientifiques qui métrisent le coran, « Dieu a facilité la tâche aux hommes, en disant dans un de ses versets que ce sacrifice n’est pas obligatoire quand on n’est pas en mesure, tout dépend des moyens économiques de l’intéressé».
Malgré cette facilitation, d’autres préfèrent forcer la situation pour qu’ils immolent des moutons le jour de la fête de la Tabaski. Cela est dû souvent au fait qu’ils ne supportent pas de voir leurs voisins immoler de moutons, sans qu’eux aussi, ils ne fassent la même chose.
C’est pour cela, ils sont prêt à passer par tous les moyens pour qu’ils enlèvent ce sacrifice malgré les conséquences qui peuvent arriver.  C’est le cas d’un père de famille qui habite à la Belle-vue, commune de Dixinn qui a failli se faire virer de sa maison avec sa famille par le concessionnaire.
 « M. X va quitter ma maison, ça fait trois à 4 mois, il n’a pas payé la location. Je suis venu le voir au cinquième mois, il m’a promis qu’il allait me payer le 25 août dernier avant la fête. Comme il n’a pas réagi et la date a dépassé, je suis venu le revoir pour lui demander c’est comment ? Il me dit encore de me patienter, que c’est à cause de fête, il a payé des habits pour les membres de sa famille et en plus il a sacrifié un mouton pour la fête. Parce qu’il ne pouvait pas rester ici en train de regarder ses voisins immoler des animaux et que lui il ne fasse pas la même chose. Que cela lui gène. Donc ce qui veut dire que moi je suis un maudit. Moi-même j’ai pas pu immoler un mouton parce que c’est sur lui que je comptais », a expliqué le concessionnaire aux intervenants.
Quand a M. X, il a indiqué qu’il n’a pas de commentaire à faire la dessus, il veut tout simplement qu’on supplie son concessionnaire pour que ce dernier lui donne une seconde chance,  jusqu’à la fin du mois de septembre mois, il va essayer de payer même si c’est la moitié.
« Je comprends ce qu’il dit et je suis vraiment désolé. Je lui ai bel et bien dit que j’allais l’arranger avant la fête. Mais finalement j’ai changé d’avis pour pouvoir bien fêter avec ma famille. Mais je le promets que ça ne se reproduira plus. Dès après ce mois là, ça fera 6 mois, je vais l’avancer pour trois mois. Et les autres  mois je payerai le tout à la fin du mois qui suit. Même là où je suis comme ça, je ne sais pas comment nourrir ma famille dans ces jours-ci. Je n’ai plus rien avec moi », s’est-il défendu.
Des bonnes volontés ont réussi à calmer la situation finalement. Mais le propriétaire a tenu à lancer un ultimatum à son locataire en insistant que, ce dernier n’a qu’à faire tout son possible pour respecter sa parole cette fois-ci, car c’est sa dernière chance.
De l’autre Coté, c’est au quartier Minière dans la même commune, qu’un chauffeur  a détourné l’argent de son patron. Ce dernier l’aurait confié quatre millions cinq jours avant la fête de tabaski. Ce n’était pas la première fois que son patron lui confie de l’argent. Mais cette fois-ci, le chauffeur a décidé de se faire plaisir avec sa famille le jour de la fête à travers l’argent d’autrui.
« Mon patron menace de porter plainte contre moi. Il a tout à fait raison et j’ai vraiment peur. Cette fois-ci, il m’a confié l’argent à quelques jours de la fête. J’ai voulu lui demander un peu d’argent il y’a quelques jour, mais j’ai hésité. Donc quand il m’a remis l’argent, il m’avait bien dit comme toujours, garde ça jusqu’au jour que je vais te le réclamer. Donc je ne m’attendais pas qu’il allait me le réclamer si tôt. Parce que d’habitude ça prenait beaucoup de temps avant qu’il ne me réclame ce qu’il m’a confié. Donc j’étais même embrouillé lorsqu’il m’a demandé à la veille de la fête de le transporter l’argent. J’allais lui dire que j’avais utilisé l’argent, on a qu’à tirer sur mon salaire jusqu’à ce que je lui rembourse le tout.  Mais j’attendais le moment opportun pour lui dire ça », a-t-il expliqué à un des amis de son patron.
Poursuivant, il a indiqué que c’est pourquoi ça fait deux jours il ne vient pas conduire son patron. Ce dernier était obligé de chercher un autre jeune du quartier pour le conduire afin qu’il puisse faire ses courses le jour de la fête et le lendemain.
 « Depuis qu’on s’est séparé la veille de la fête, j’ai éteint mon téléphone pour ne pas qu’il m’appelle. L’argent là, j’ai  payé un mouton pour ma belle famille et un pour ma famille. Le reste j’ai acheté des habits pour mes enfants avec quelques personnes de la famille de ma femme tel que ses sœurs et ses frères et j’ai profité pour acheter des fournitures scolaires pour mes trois enfants parce que bientôt l’ouverture des classes. La fête est passée, mais je peux dire que chez moi c’est la défaite maintenant, car je vous jure que je n’ai plus d’argent et je vois que je suis en phase de perdre mon emploi », regrette-t-il.
Très deçu du comportement de son chauffeur, le patron a été difficilement calmé par son ami.  Le patron reconnait d’avoir fait exprès de réclamer l’argent si tôt cette fois-ci. Parce qu’il avait soupçonné son chauffeur d’avoir mangé cet argent.  Il a constaté que ce dernier recevait beaucoup d’appel de remerciement de la part de sa belle famille ces derniers jours.
 « D’habitude quand je lui confie, je peux faire plus de deux semaines voir même des fois trois sans lui réclamer. Mais cette fois-ci, j’ai constaté que depuis que je lui ai remis cet argent, on l’appelle pendant que nous sommes dans la voiture pour  le remercier et j’entends tout ce qu’ils se disent. Je ne porterai plus plainte à la police, mais il va rembourser mon argent et je ne veux plus travailler avec lui », a indiqué le patron avant d’insister qu’il est très déçu du comportement de son chauffeur, sachant qu’à chaque fête depuis qu’ils ont commencé à travailler ensemble, ça fait deux ans de cela, il donne gratuitement 600 milles à son chauffeur pour la fête.
Le prix du mouton cette année dans les marchés de bétails était inaccessible pour certains pauvres citoyens.  Malgré cela, les moutons s’achetaient parce que beaucoup de clients repartaient avec des bêtes. Par contre, d’autres étaient obligés de repartir sans bêtes, question d’aller compléter l’argent ou d’attendre jusqu’à l’année prochaine.
Ibrahima Sory Barry pour Aminata.com
PARTAGER

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here