L’école guinéenne est paralysée depuis environ trois semaines par une grève syndicale. Le dialogue entre les acteurs en conflit est presque inexistant. Le Syndicat libre des enseignants réclame un salaire de base de 8 millions de francs, les autorités de son côté par la voix du premier ministre Kassory Fofana affirment que c’est une revendication non négociable.

Conséquences directes, les cours sont interrompus, les élèves sont à la maison. Aminata.com a joint par téléphone Ibrahima Kalil Diallo, président du collectif des journalistes pour le soutien des actions présidentielles pour avoir son point de vue sur la crise. Lisez.

Aminata.com : les cours n’ont pas encore repris, les classes sont fermées à cause de la grève du SLECG, vous en tant que président du collectif des journalistes pour le soutien des actions présidentielles, quel est votre avis par rapport à cette situation ?

Ibrahima Kalil Diallo : moi personnellement, je crois que le pays va très mal. Il faut comprendre qu’un pays vaut ce qui vaut l’éducation de ses enfants. Aujourd’hui comme vous l’avez dit ça fait trois semaines, les enfants ne partent pas à l’école. Cela constitue un gâchis pour notre pays, cela n’a pas commencé aujourd’hui, c’est depuis l’année passée vous avez constaté, il y a eu des mouvements au niveau du système éducatif guinéen. Et cela est de nature aujourd’hui à compromettre l’avenir du pays parce que quand on parle de l’avenir d’un pays, il faut voir sa jeunesse, il faut voir ses enfants. Or la plus part des enfants et des jeunes de notre pays aujourd’hui sont à l’école et c’est sont eux aujourd’hui qui ne partent pas à l’école, qui sont les rues. Nous nous estimons qu’il faut que le gouvernement et les syndicalistes  s’écoutent et s’entendent pour le bien de notre pays et surtout pour le bien des enfants.

Selon vous où se situe le blocage ?

Je crois que les deux parties doivent comprendre que c’est l’avenir du pays qui est en jeux. Le gouvernement doit penser à cela.  C’est vrai même s’il y a certaines contraintes budgétaires, le gouvernement quand même doit prendre des dispositions, pas seulement l’augmentation de salaire, mais il y a des gestes que le gouvernement peut faire. Par exemple, le gouvernement peut penser aux mesures d’accompagnements telles que la construction des logements sociaux et l’augmentation des primes des craies, primes d’éloignement. Je ne crois pas que le gouvernement soit en mesure de payer les 8 millions. Donc, il y a toutes ces mesures d’accompagnements auxquelles le gouvernement devrait penser qui pourraient 000certainement satisfaire les enseignants. Parce que je ne pense pas que le gouvernement soit en mesure de payer les enseignants à 8 million vu les contraintes budgétaires.

Est-ce-que vous voulez dire que les 8 millions dont réclament les enseignants ne sont pas raisonnables ?

Je ne peux pas dire que c’est raisonnable ou pas. Mais en matière de revendication, quand on pose les conditions, on doit savoir jusqu’à quelle mesure on peut satisfaire les conditions, c’est pourquoi, j’ai parlé tout à l’heure de mesures  d’accompagnements auxquelles le gouvernement devrait penser. Je ne crois pas que le SLECG exige catégoriquement les 8 millions. Mais pour le bien de nos enfants et de l’avenir du pays, le gouvernement doit penser jusqu’où il peut aller pour vraiment satisfaire le minimum des revendications du syndicat, il ne se reste que pensez aux mesures d’accompagnements.

Selon vous, quelle est la solution durable pour que cette crise du système éducatif ne se répète pas ?

La solution durable, c’est entre les deux parties qui doivent s’assoir comme je vous l’ai dit pour définir les voies et moyens de ce qu’il faut faire pour que vraiment qu’on  ne retombe plus dans les mêmes erreurs. Parce qu’on ne peut pas continuer à laisser nos enfants à la maison. Tous les autres pays, ça étudie, pourquoi chez nous à chaque fois c’est sont les mêmes problèmes. Donc c’est au gouvernement et aux syndicats des enseignants de créer les conditions qu’il faut  pour éviter prochainement que les mêmes erreurs se répètent.

Quel est votre mot de la fin ?

Je lance un appel au calme et à la sérénité. Il faut que les parties se comprennent. Il faut qu’ils s’asseyent sur la même table et qu’ils acceptent de dialoguer, qu’ils acceptent de se comprendre, qu’ils acceptent de céder un peu pour qu’on puisse sortir de cette situation. Si ça continue comme ça, nous nous ne savons pas où ça va nous menez et nous ne souhaitons pas revivre les mêmes problèmes du passer. On sait que l’année passée ’il y a eu des morts, il y a eu des dégâts matériels importants mais on n’avait fini par trouver une solution. Donc, je crois qu’il faut qu’on économise ces pertes en vies humaines et ces dégâts matériels. Et cela passe obligatoirement par la table de négociation, par le dialogue que ça soit le SLECG ou le gouvernement, chacun doit accepter de céder un peu pour qu’on puisse trouver solution à ce problème.

Entretien réalisé par Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com

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