Alpha Condé, président de la République de Guinée
Alpha Condé, président de la République de Guinée

Mborré ! ton gars s’était promis de la fermer, de rester muet comme une carpe sur le net jusqu’à la prochaine farce présidentielle. Mais cette nouvelle sortie on ne peut plus incongrue de Goby condé, le gourou du palais Gokhi Fokhè, qui rend des jugements de Salomon dans toutes les affaires sulfureuses qui ont farci le régime sanguinaire de Sékou Touré, l’incite à rompre son serment juste pour un petit accrochage verbal autour de ça. Certes Gobykhamé a beau jeu aujourd’hui de porter au pinacle Sékou Touré.

A l’occasion de ce 2 octobre 2018, fête de l’indépendance de la Guinée, Goby a rendu « un hommage particulier au premier président qui a conduit la Guinée à l’indépendance, le président Ahmed Sékou Touré. Ce dernier a géré nos premières années d’existence étatique, dans le difficile contexte de la décolonisation et de la guerre froide. Il faut associer à cet hommage les leaders nationaux comme Barry Diawadou, Barry Ibrahima dit Barry III qui ont surpassé les contingences politiques pour permettre au peuple guinéen de s’exprimer d’une seule voix. »

C’est malin et politique de chanter Sékou Touré à ce motif et de glisser les noms de Barry Diawadou et de Barry III, deux des victimes de celui-ci, dans un esprit machiavélique de faire ainsi de l’équilibrisme. Ah, non ! ça ne contente pas les familles des victimes de la Révolution sékoutouréenne.

Ecoute, Goby ! on ne conteste pas que Sékou Touré, en tête de proue de tous les Guinéens qui se battaient pour l’indépendance de la Guinée, a effectivement cornaqué le bled vers l’indépendance. La question n’est pas là. Ce qui heurte la conscience des familles des victimes du régime dévoyé de Sékou Touré, c’est quand tu estampilles qu’il « a géré nos premières années d’existence étatique, dans le difficile contexte de la décolonisation et de guerre froide. » Ce propos est révulsant. Pourquoi ? Parce que… Hachette définit le verbe gérer ainsi : « Administrer, diriger pour son propre compte ou pour le compte d’autrui. Fig. Dominer au mieux une situation difficile. » Pour le Larousse aussi c’est : « Administrer les choses au mieux, malgré une situation difficile. »

Pénétré de cette définition du verbe « gérer » et sachant comment Sékou Touré a sabordé le rafiot Guinée, l’on ne peut qu’être révulsé de ce propos. Plus choquant encore, tu essaies de couvrir les crimes odieux et ignobles de la Révolution sékoutouréenne en évoquant parallèlement les militaires torturés et tués suite au coup d’Etat manqué de Diarra Traoré en 1985. En quoi les familles des victimes du régime sanguinaire de Sékou Touré sont responsables de la liquidation de Diarra Traoré et de ses compagnons ? D’accord mort égale mort. Mais en quoi sont elles responsables ? Dès qu’elles réclament leur droit de dégoter le trou où la Révolution sékoutouréenne a jeté le corps de leur époux, épouse, mère, père, oncle, tante, enfant, sœur, frère, cousin, cousine, grand-père, grand-mère, on leur oppose aussitôt la liquidation physique de Diarra Traoré et de ses compagnons.

Merde de merde de bordel de merde ! Qu’est-ce que c’est que ça ? Hey Ko Han, Hadja ! arrête de m’enquiquiner avec tes histoires de politesses excessives…

Ces politicards ne s’embarrassent d’aucune morale tant que ça les arrange ! Et en réfléchissant un chouïa l’on se rend compte que Gobykhamé se prend à ses propres mensonges. Goby Condé s’enferre !…

Goby Condé se targue avoir été un opposant « historique » au régime de Sékou Touré. A réécouter d’une oreille attentive son interview face aux journalistes de RFI et du journal le monde, le 30 septembre 2018, et à lire hors les lignes son bavardage du 2 octobre 2018, l’on se demande pourquoi il s’opposait à Sékou Touré ? Qu’est-ce qu’il reprochait alors à Sékou Touré ? Sur quoi il était « opposant historique » de Sékou Touré ? Quoi exactement ? Parce qu’il s’affiche et dans son propos et dans l’écrit de son bavardage en fervent défenseur de Sékou Touré, et dit assumer tous les crimes commis par celui-ci.

« Au nom de tous ceux qui m’ont précédé à cette haute fonction, j’assume tout et je vous invite à continuer la longue marche pour la construction de ce pays promis à un bel avenir. A tous, je demande pardon pour tous les actes regrettables commis pendant ces dernières décennies et j’invite chacun d’entre vous au courage pour la suite de nos entreprises qui restent à accomplir. »

Goby assume tout. Il reconnaît tacitement qu’il était une taupe de Sékou Touré à l’époque. Il avait infiltré les opposants du régime tyrannique de Sékou Touré et tuyautait celui-ci sur tous leurs agissements. Et Sékou Touré, bien renseigné par ses taupes, passé ainsi aux yeux de certains pour un dieu qui lisait dans les pensées de ses contempteurs. Foutaises ! Goby Condé n’était pas un opposant sincère à Sékou Touré. Goby Condé était non seulement un agent de Sékou Touré à Paris en sus il profitait des subsides de l’impérialisme. Ah ! Ah ! Ah ! Quel malin ! Le flibustier mangeait à tous les râteliers.

Il demande d’un ton détaché « pardon pour tous les actes regrettables commis pendant ces dernières décennies ».

L’on sait de science certaine qu’aucun membre de la famille de Goby Condé n’avait souffert de la Révolution. Aucun. Et lui-même Goby n’avait jamais de jamais été inquiété à Paris par les sicaires et les tueurs à gages à la solde de Sékou Touré. Où était « l’opposant historique » lors de la visite de Sékou Touré à Paris en 1982 ? Qu’est-ce qu’il faisait ? Pourquoi Sékou Touré avait tenté de faire enlever Ibrahima Baba Kaké plutôt que Goby Condé ? Sachant que le père de Goby était le planton du premier ministre de la Révolution sékoutouréenne, Lansana Béavogui.

Et puis, Mborré ! il y a quelque chose de gênant dans la demande de « pardon » de Gobykhamé « pour tous les actes regrettables commis pendant ces dernières décennies ». Tu es d’accord ? Ahaaaa ! Woilà ! Il faut balayer devant sa porte. D’abord !…

Ainsi, Goby Condé doit demander pardon pour les crimes commis par sa garde prétorienne, les donzos qu’il avait armés pour réprimer sauvagement des manifestants de l’opposition. Combien de jeunes guinéens ont été massacrés d’octobre 2010 à nos jours ? Combien ?

Attendez ! vous, vous croyez que tous les Guinéens sont des imbéciles, des amnésiques ? Vous pensez vraiment qu’ils sont tous des gobe-mouches ?

Ecoute, Mboring ! les Guinéens ne pardonneront jamais à Goby Condé d’avoir attisé la haine ethnique en octobre 2010 dans son affaire d’eau empoisonnée, et son discours ethnocentrique du 9 mai 2015 au stade de Kankan . Du reste RFI, la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme) et l’OGDH (Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme) l’archivent dans « MEMOIRE COLLECTIVE, une histoire plurielle des violences politiques en Guinée ». Cet ouvrage, paru la semaine passé, a été réalisé avec le concours de l’Union Européenne. Les témoignages sur les violences politiques et les viols en Guinée contenus dans ce livre sont bouleversants. Un document historique que chaque homme politique guinéen devrait avoir à son chevet à lire et relire continûment sur ces violences politiques qui ont farci les différents régimes autocratiques qui se sont succédé de 1958 à nos jours.

« Les plus solides de nos têtes », pour emprunter l’expression à Dostoïevski, entendent bien que Goby Condé parle de réconciliation nationale en vue de le conforter au pinacle. Ils veulent bien de « la vérité et réconciliation ». Alors ils demandent à ce que les bourreaux, les criminels, les mouchards, les délateurs qui ont perdu d’autres guinéens pour le compte de Sékou Touré et de sa Révolution loufoque se mettent à table, qu’ils apaisent leur conscience en avouant leurs crimes. Que Goby Condé nous dise exactement le rôle qu’il avait joué à Paris pour le compte de Sékou Touré ! Que Andrée Duplantier Touré, la veuve de Sékou Touré, demande « pardon » aux familles des victimes de son mari ! Qu’on débaptise le palais « Sékoutoureya » !

Il faut relever en passant que c’est archifaux de dire que « Notre pays a été à l’origine de la création de l’Organisation de l’unité africaine… », et patati et patata. C’est faux. Sortez ces controuvés qui paraphent que la Guinée « a été à l’origine de la création de l’Organisation de l’unité africaine… » Le Guinéen est premier en tout ! Afakoudou ! l’homme politique guinéen, à obédience socialiste ou communiste, est très manipulateur et menteur. Il se trompe d’époque : les Guinéens ne sont plus malléables à volonté même si « 80 % de la population ne comprend pas français » comme le dit expressément Goby Condé pendant sa prestation devant les journalistes « fotés ». Cela a été un exercice piteux. L’on se demande quel inculte conseiller lui a prodigué une telle posture face aux journalistes français. Volens nolens RFI est une force de communication qui couvre les hameaux les plus enfouis à l’intérieur du bled. Ce n’est pas parce que Sékou Touré avait humilié De Gaule de par la teneur et surtout de par le ton de son parler qu’il faut se braquer devant des journalistes « fotés » en étalant au grand jour sa médiocrité de la langue française. C’est terrible. Afakoudou ! c’est terrible pour quelqu’un qui se vante d’avoir enseigné le droit à la Sorbonne à Paris. La Sorbonne de Paris de l’époque ! Pour quelqu’un qui trône au palais Gokhi Fokhè depuis 2010, il faut savoir raison garder. Mais, non ! Goby Condé est monté sur ses grands chevaux, il a crié comme un putois, a renvoyé les journalistes « fotés » dans les cordes en se cachant derrière son petit doigt. Un spectacle minable et indigne d’un intellectuel, d’un ancien professeur de droit ayant batifolé à la Sorbonne. Quoi ! L’échec de ce face-à-face n’entame en rien au talent de  Françoise Joly de TV5 Monde, de Christophe Châtelot du journal Le Monde et de Sophie Malibeaux de RFI qui ont usé de toutes les astuces pour le faire parler mais en vain. Politiquement parlant, c’est l’image de marque déposée de Gobykhamé qui va pâtir auprès des 20% de la population qui zézaye et ânonne dans la langue de Molière.

Et face à ces 20% de la population, Goby garde un flou artistique quant à sa candidature à sa propre succession en 2020. « Notre démocratie doit être protégée et renforcée en éduquant les citoyens à respecter la loi qui doit demeurer une valeur cardinale de nos engagements. Il ne faudrait pas que la logique des arrangements politiques souvent prônés par certains acteurs de la vie nationale, se substitue aux lois. Certes, le dialogue et la concertation sur certains sujets d’intérêts nationaux sont nécessaires, mais dans le même temps, chaque acteur politique doit se conformer aux textes prévus dans nos dispositifs juridiques que nous avons voté ensemble. »

Dans l’état actuel des choses l’on ne demande pas mieux que de « respecter la loi » dans ce pays. La majorité des Guinéens veulent qu’on tourne enfin la page du piétinement de la loi en Guinée. Arrêter la démagogie, la fanfaronnade, la manipulation des petits esprits, l’attisement de la haine ethnique, faciliter la dévolution du pouvoir dans le respect de la loi, de la constitution et des règles démocratiques. C’est pourquoi il faut remettre Kéléfa Sall à la tête de la Cour constitutionnelle parce que c’est la loi. Il faut écouter M. Salifou Sylla, ancien ministre de la justice, qui a eu à enseigner le droit à la faculté de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et à l’université de Conakry. Il faut écouter M. Salifou Sylla, il dit le droit. Il faut l’écouter. Il ne faut pas se laisser entraîner par son appétence du pouvoir, il faut mettre en avant l’intérêt de la nation au dessus de son ambition personnelle de jouir des attributs du pouvoir ad vitam aeternam. Si on l’entend de cette oreille, on aurait contribué à sauvegarder les quelques acquis démocratiques arrachés pendant le régime dictatorial du général-président Lansana Conté. Comme dit l’autre, il faut savoir se lever de table quand elle est desservie. Une ambiance crépusculaire embaume le règne de Goby Condé. Ça craint ! Il y a risque que Goby Condé ne bascule le pays dans une guerre civile en manipulant la constitution dans le seul but de rester scotché au kibaniyi. Aucun des conseillers n’a le toupet de lui dire la vérité en concomitance avec l’intérêt de la Guinée : lâcher le trône à la fin de son deuxième et dernier mandat. Profitant largement de leur situation, ils le conseillent plutôt de tripatouiller la constitution comme le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, et de garder le trône. Ils ne le conseillent pas de s’inscrire du côté de l’histoire à l’instar du président Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire qui a décidé, pour le moment, de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle ivoirienne.

C’est ainsi qu’on avait fourvoyé l’ex Pharaon du CNDD en lui prodiguant des conseils allant dans le sens de la conservation de son pouvoir. Et aujourd’hui, ils se rejettent la responsabilité dans le massacre de plus de 157 Guinéens et le viol de plus de 100 femmes et de centaines de blessés.

Entre parenthèses on dit que les populations de la capitale ont répondu massivement à l’appel de la célébration de l’indépendance de la Guinée du 2 octobre 2018 au stade du 28 septembre de Cona-crimes rejetant par ricochet l’appel de boycott qui leur a été commandé par l’UFDG. C’est une fête pour tous les Guinéens. Mais il faut se garder de mal interpréter cette présence des populations à la célébration de l’indépendance par un blanc seing qu’elles auraient ainsi donné dans la foulée à Goby Condé de tripatouiller la constitution en vue de se succéder à lui-même aux prochaines élections présidentielles par la triche et la fraude. Au demeurant c’est en cela que Hadja et moi sommes pas tombés d’accord dans le sous-entendu contenu dans ces dires : « A tous, je demande pardon pour tous les actes regrettables commis pendant ces dernières décennies et j’invite chacun d’entre vous au courage pour la suite de nos entreprises qui restent à accomplir. » Elle ne voit rien d’intrigant contenu dans la deuxième proposition de cette phrase introduite par la conjonction de coordination : « et j’invite chacun d’entre vous au courage pour la suite de nos entreprises qui restent à accomplir. » N’y a-t-il rien d’intrigant dans ce propos ? « j’invite chacun d’entre vous au courage… » Afakoudou ! votre discutailleur perd complètement le sens des mots : Ha…che…tte au secours !… Courage n.m : 1. Fermeté d’âme permettant de supporter ou d’affronter bravement le danger, la souffrance. 2. Ardeur, zèle, énergie dans une entreprise.

Woilà ! c’est ça la définition de courage dans le dictionnaire. Et Goby Condé invite chacun d’entre nous « au courage pour la suite de nos entreprises qui restent à accomplir. » Afakoudou ! votre discutailleur gage que Gobykhamé imitera Mohamed Ould Abdel Aziz. C’est clair comme du jus de chique. A quel académicien ou grammairien du bled voulez-vous qu’on fasse appel pour expliciter ce propos sans équivoque sur l’intention de Goby de trôner après 2020 ? Issa Ben Yacine Diallo est mort. Mais Abdoulaye Condé de la Nouvelle Tribune est en vie. A Paris Abdoulaye Condé avait intrigué presque dans les mêmes termes en soutenant que le Pharaon du CNDD devait parachever les « chantiers » qu’il avait entamés.

Goby Condé est au pouvoir depuis 2010. Regardez dans quel état de dégradation se trouvent les routes dans la capitale ! Regardez dans quel état de paupérisation se trouve aujourd’hui la Guinée ! Regardez l’état des routes à l’intérieur du pays ! Regardez le niveau médiocre de l’enseignement qu’on dispense dans les écoles et universités guinéennes ! Regardez dans quel état se trouve l’hôpital Ignace Deen ! Regardez tous ces chômeurs qui traînassent dans les rues du patelin ! Regardez tous ces jeunes diplômés réduits à faire du « taxi moto » pour nourrir leur famille ! Regardez toutes ces femmes qui se mettent en quatre afin de sustenter leurs marmots ! Il va sans dire que la palanquée de Guinéens, dans les rouages du pouvoir, se remplissent les poches par la concussion, la corruption, les détournements de deniers publics, le trafic avec les milieux mafieux chinois, israéliens, italiens, russes.

Est-ce que Goby Condé résistera « aux sirènes révisionnistes » de la constitution et sortir ainsi par la grande porte de l’histoire ? Posez la question à Mohamed Lamine Bangoura, nouveau mentor de la Cour constitutionnelle et des huit aigrefins de l’institution. Mais qu’on ne prenne pas tous les Guinéens pour des imbéciles en essayant de les faire avaler dans les prochains mois que Goby Condé à engager des « entreprises qui restent à accomplir. » L’Etat c’est la continuité. Quelqu’un d’autre qui sera élu démocratiquement en 2020 pourrait bien parachever ces dites « entreprises ».

                                                                                                            Benn Pepito      

 

 

 

 

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