Des étudiants africains manifestent contre le racisme au Maroc
Des étudiants africains manifestent contre le racisme au Maroc

Les plaintes se multiplient dans le royaume chérifien. De plus en plus d’africains évoluant au Maroc grommèlent de racisme. Les actes racistes ont pris une ampleur inquiétante. C’est le cas du jeune Boubacar Diallo originaire de la Guinée-Conakry qui vit à Fès. Récemment, il en a fait le frais de ce fléau qui se repend dans la société marocaine.

Le 3 septembre dernier alors qu’il quittait Tanger où il a célébré la fête de Tabaski pour rejoindre son domicile, le jeune guinéen s’embarque dans un taxi compteur pour la gare de bus. Arrivé sur le lieu, il se dirige vers le guichet de vente de tickets de transport pour Fès.  « Je demande le prix du billet à destination de Fès. Le premier me dit qu’il n’y a pas de bus pour Fès puis me suggère de prendre celui de Meknès ensuite c’est possible que je trouve un taxi de Meknès pour Fès vu que ce n’est pas tellement distant, ce que je n’ai pas voulu. Ça allait me coûter plus cher et ce n’est pas une certitude non plus de trouver un taxi à temps de Meknès à Fès« , explique-t-il.

Boubacar Diallo sera surpris et étonné plus tard de voir la disponibilité d’un bus en direction de Fès. « Je ne savais quoi décider et subitement je vois un monsieur chercher des passagers pour Fès et ma joie ne sera que de courte durée. Je me dirige vers lui et lui demande le prix du ticket sa réponse est niet, on ne vend pas de tickets aux Africains. Je lui pose la question pourquoi ? Je n’ai pas de réponse. Un de ses amis ayant suivi notre conversation me dira qu’on leur a donné l’ordre de ne pas vendre de tickets aux blacks (africains, ndlr). Je lui répète qui vous a dit cela ? Nos chefs, me dira-t-il.  Je lui présente ma carte séjour et mon passeport avec toutes les explications possibles sans succès. Il insiste qu’on ne vend pas de billet aux Africains« , témoigne-t-il.

Boubacar Diallo rappelle qu’en début du mois d’août, la police marocaine a effectué de rafles brutales sans distinction entre sans papiers et migrants réguliers. Lors de ces rafles, les africains sont régulièrement victimes de violences policières. Des opérations de déplacements forcés en direction des villes du sud du pays notamment Tizinit, Agadir et Layoune se sont accentuées ces derniers temps. « Les autorités ont-elles le droit de nous imposer les villes où vivre ? « , s’interroge notre interlocuteur.

Pour conclure M. Diallo invite le royaume à plus de tolérance et d’hospitalité en faveur des étrangers. « Le Maroc est un modèle et je pense que les autorités ne devraient pas changer leurs habitudes. On est tous des Africains. Notre survie dépend de notre unité« , souligne-t-il.

En Algérie voisine, même scénario, des bavures policières sont récurrentes sur des personnes de peau noire. Dans les pays de l’Afrique du Nord, ce fléau est très présent. En Tunisie, un jeune ivoirien a été impunément agressé par des jeunes dans un quartier de la capitale. En Lybie, l’esclavage des africains du sud du Sahara est toujours d’actualité. Visiblement, aucun effort n’est fait par les autorités pour lutter contre le racisme qui, contrairement est en train de s’institutionnaliser dans les administrations.

Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com

alphanyla@gmail.com

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