C’est l’un de nos extraits de notre article sur l’interview de l’ambassadrice du Royaume-Uni en Guinée qu’elle a accordé à un groupe de média cette samaine. Catherine Inglehearn, pour répondre à la question sur l’investissement de la Grande Bretagne dans la promotion de la transparence dans l’industrie extractives, elle a déclaré que la Guinée est un pays qui ne présente pas une bonne image sur le plan international dans la lutte contre la corruption.

« Le cas guinéen, on s’y intéressait beaucoup et nous avons vu pas  mal de progrès  depuis que je suis là comme ambassadrice du Royaume Uni, il y a de cela 4 ans. On a vu pas mal de progrès avec l’initiative ITIE sur les industries extractives. C’est un progrès marqué, les rapports sont maintenant publiés, ils sont disponibles qui les rendent plus facile pour la société civile de comprendre les revenus qui arrivent au gouvernement et comment ils sont utilisés. Nous travaillons aussi sur le partenariat pour un gouvernement ouvert. Ce qui n’est pas seulement sur le secteur minier mais c’est des finances publiques.

Là aussi on voit une avance de la part du gouvernement en partenariat avec la société civile qui rendrait plus transparente et disponible les finances publiques de façon numérique. Nous travaillons aussi avec la société civile sur des initiatives pour lutter contre la corruption. Là aussi, on voit un langage plus fort de la part de la société civile en Guinée. Ça c’est les activités de l’ambassade.

De la part du gouvernement,  indépendamment de nous avec l’assistance de la Banque mondiale, de l’Union européenne et du PNUD, on voit aussi des reformes importantes par exemple le nouveau code sur l’investissement, les guichets uniques, l’assainissement du cadastre minier, le nouveau code contre la corruption, l’agence nationale sur la lutte contre la corruption. A part ça, il y a plusieurs reformes qui vient d’être faites qui assureront un principe de 15%, des revenus miniers vont au développement local. Donc, il y a plusieurs initiatives comme celle-là, qui sont très bien. L’important, c’est vraiment de les faire appliquer, c’est la mise en œuvre et je sais très bien qu’il y a certains ministres qui sont vraiment très engagés surtout le ministre des mines.

Je trouve que c’est vraiment une avancée marquée depuis 2015. Mais, la corruption est toujours un grand problème pour la Guinée.  Même si la Guinée a chuté 27 point sur l’index de Doing Bisness depuis 2010, mais c’est toujours le rang 152/190. Donc, il y a encore des efforts à faire.

Il faut lutter contre la corruption à tous les niveaux. Donc, pas seulement, au niveau du gouvernement mais aussi à la base et dans tous les secteurs. C’est pour cela que nous travaillons aussi avec la société civile. C’est elle et les médias qui doivent rendre compte des activités du gouvernement. La perception de la Guinée à l’étranger n’est toujours pas très bien. C’est toujours considérer à un pays à haute risque et ça un problème pour attirer les investisseurs. Mais je souligne que je trouve qu’il y a des ministres dans le gouvernement qui font vraiment un effort pour changer cette perception et je pense qu’avec les pas qu’ils ont pris, peu à peu ça va changer. La situation actuelle, avec tant d’intérêt dans la bauxite, ça c’est aussi une opportunité pour la Guinée. Les mines peuvent contribuer au développement durable et que les revenus peuvent être bien utilisés pour le bénéfice de la population guinéenne ».

Ibrahima Sory BARRY pour Aminata.com

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