Traitement inhumain en Libye : un migrant guinéen raconte sa mésaventure
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Le traitement inhumain des africains noirs en Libye ne cesse de faire couler des salives dans le monde. En Guinée, les citoyens  sont révoltés moralement à travers des vidéos sur ce phénomène d’inhumanité qui circule sur les réseaux sociaux. Ils sont confrontés à cette situation en voulant traverser les pays magrébins pour l’Europe à la recherche du bonheur.

Un migrant guinéen, Abraham Sanfina a témoigné sur sa mésaventure qu’il a subit entre l’Algérie et la Libye dans l’émission Œil de Lynx. Lisez :

« Après avoir obtenu mon diplôme en mécanique auto, je me suis dit d’aller en Europe pour améliorer mon CV pour pouvoir être valeureux devant les sociétés de notre pays. Comme pour faire des formations pratiques et revenir pour être plus efficace.  C’est ce qui m’a poussé à quitter la Guinée et me jeter dans le vide.

J’avais des amis  qui sont passés par la Libye pour aller en Europe, comme en Italie, je suis ami avec eux sur les réseaux sociaux. C’est de là-bas que je me suis dit que moi aussi je peux tenter ma chance pour aller Italie.

En partant je suis passé par Bamako, de Bamako, j’ai emprunté un bus pour Gao. Arriver à Gao, de là aussi, je suis rentré en contact avec un touarègue qui m’a envoyé en Borge, ça c’est la première ville de l’Algérie. De Borge, je suis allé à Ruguènne. De là-bas je suis allé à Adrale.  D’Adrale, je suis allé à Rouguila. De Rouguila, je suis allé à Debdeb, ça c’est la dernière ville de l’Algérie avant de rentrer en Libye.

J’ai vécu un séjour horrible en Libye, en parlant de ça, souvent j’ai envie de pleurer. Parce que je ne pouvais pas imaginer qu’un être humain pouvait se comporter de la sorte envers son prochain être humain. C’est pourquoi je le dis souvent dans mes interventions quand on est en Libye on se pose pas de question sur la foie des libyens. On se demande, est ce qu’ils sont humains? C’est cette question qu’on se pose ».

Pour savoir s’il faut accuser tous les libyens face à cette situation sachant que ce pays est dans une instabilité où règnent des groupes armés depuis la mort du colonel Kadafi, en octobre 2011, il a dit:

Le migrant a renvoyé la question au journaliste en demandant si l’Algérie n’est pas gouverné ? “Je suis arrivé en Libye le 20 mars. Nous avons marchés de Debdeb jusqu’à Gadamesse, ça c’est la première ville de la Libye, où nous avons été embarqués dans une pick-up on était 38 personnes. Ils nous ont placés comme des boites à sardine. Là on a compris toute de suite qu’on était plus avec des humains. Mettre des basses sur des êtres humains et attachés ces basses, 38 personnes derrière une pick-up.

On s’est retrouvé dans les mains de ces gens, vous savez il y a des passeurs qui vous prend à un point A pour un point B, c’est comme ça que ça se passe, chacun à sa zone. Ceux qui nous ont conduit jusqu’à Debdeb s’est limité là-bas, ils nous ont remis à d’autres qui nous ont envoyé à Gadamesse. Il y avait d’autres encore qui devraient venir nous chercher là-bas pour Zintane, une autres ville de la Libye.

Quand je suis descendu de la voiture, je ne pouvais plus marcher, mes pieds étaient engourdis. Il y a un ami, je lui ai dit, il faut attraper ma main, parce que là où je suis, je n’arrive plus à marcher. Mais avec la pression qui étaient derrière nous, avec des armes, ils nous ont amené dans une maison inachevée avant qu’un autre groupe ne vient nous chercher. Finalement j’étais obligé de ramper pour pouvoir rentrer dans cette maison inachevée.

De là-bas ils nous ont envoyé en Gorianne. On a passé plusieurs temps avec ces gens qui nous ont temps torturés.  Pour obtenir ma liberté c’est 2000 Dinard libyen qui a été payé, valeur de 12 million de francs guinéens. Ça c’était le 2 juin. En sortant j’ai promis à mes amis qui étaient composés de plusieurs nationalités africaines qu’une fois sortie, je passerais d’abord par l’Algérie et je ferais tout pour attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale par rapport à la situation des noirs qui sont venus en Libye pour rejoindre l’Europe.

Quand on parle de rapatriement en Libye, c’est souvent accentué en Tripoli la capitale, pourtant, il y’ a plusieurs d’autres villes où il y a des prisons, où il y a des prisonniers noirs qui sont en train de mourir à petit feu, où les jeunes sont assassinés en longueur de journée.  C’est comme le cas de Saba, de Sabrata, Zintanne ou Zaouyanne, toutes ces villes, il y a des prisons.  Mais à chaque fois c’est en tripoli qu’on partait libéré les gens pour les envoyer dans leurs pays différents. Donc, j’ai trouvé des gens à Gorianne qui avaient fait 11 mois de prison.

Quand ils m’ont libéré j’ai contacté plusieurs personnes pour les alerter, même en Guinée, j’ai contacté certains médias. Après ça, je suis passé par la Côte d’Ivoire avant d’avoir un billet d’avion de la part de Madame Fatou N’Diaye de l’OIM pour revenir à Conakry.

La Guinée est aujourd’hui le pays qui a rapatrié plus de compatriote en Libye.

Tous mes amis qui sont passés jusqu’à arriver en Italie ont traversé près que la même situation. Parce que je vais vous dire, aucun d’eux ne m’a encouragé à emprunter ce chemin ».

Ibrahima Sory BARRY pour Aminata.com

Tel : (+224) 656 77 52 34

 

 

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