Top 5 des plus grosses contre-vérités d’Alpha Condé

Alpha Condé lors d'un entretien avec des journalistes français à Conakry
Alpha Condé lors d'un entretien avec des journalistes français à Conakry

C’est une interview d’une rare violence qui s’est déroulée samedi 28 septembre dans l’émission Internationales et diffusée le lendemain dimanche sur TV5, Rfi et le journal « Le Monde ». Violent et agressif, comme à son habitude, Alpha Condé s’est régulièrement emporté lors de l’entretien.

L’homme au vif tempérament a passé l’entretien à s’en prendre à ses intervieweurs. Dans ses diatribes, le président guinéen n’a pas manqué de dire des contre-vérités. S’agit-il de l’effet de la colère ? Maîtrise-t-il les sujets ? Est-il atteint de troubles de mémoire ? Tout porte à croire que l’ancien opposant historique a multiplié de grosses gaffes. Aminata.com a recensé au moins cinq contre-vérités ou erreurs (selon ses proches).

5- Emmanuel Macron n’a pas 48 ans
Au cours de l’interview, le chef de l’Etat n’a pas manqué de fustiger l’attitude de la France envers le nouvel Etat qui a dit « non » au Général de Gaulle. Alpha Condé a invité les médias français à relater le rôle déstabilisateur du gouvernement français de l’époque contre le régime de Sékou Touré.
“Je fais remarquer que toute la classe politique guinéenne était unie, Sékou Touré, Barry Diawandou et Barry 3 se sont donné la main pour appeler à voter « non » comme un seul homme. (…), votre rôle aussi est de savoir est-ce que la France a eu un comportement correct à l’égard de la Guinée en 58 ? (…) Il faut que la jeunesse française et la population française sachent ce qui s’est passé en 1958. Le président Macron a 48 ans, il n’était pas né. Il ne connaît pas (…)”, a dit Alpha Condé. Cependant Macron est né en 1977, il a donc aujourd’hui 41 ans.

4- “80% de Guinéens sont analphabètes”
A une quarantaine de minutes de l’entretien, les échanges étaient houleux. Alpha Condé multiplie les empoignades contre nos confrères. Quand il dit que ce n’est pas à Rfi qu’il va présenter son bilan, notre consœur Sophie Malibeaux réplique : “Vous n’êtes pas là seulement à parler avec nous. Vous êtes conscient qu’il y a des Guinéens qui vous écoutent“. Et Alpha Condé de répondre : “Non, 80% de la population ne comprend pas le français. Donc, les paysans ne comprennent pas le français. Je suis en contact avec mon peuple, je n’ai aucun complexe“. Selon les dernières statistiques citées par l’ancien ministre de l’alphabétisation, Bamba Camara, en 2013, 65% des Guinéens étaient analphabètes. Il est évident que vu les nombreuses campagnes d’alphabétisation, ce chiffre a certainement chuté.

3- Les paysans guinéens ne maîtrisent pas la technologie
Lors de l’entretien, Alpha Condé n’a pas manqué de défendre son bilan selon lui élogieux. Quand Françoise Joly lui dit que, malgré des réformes, la Guinée peine à décoller, le chef de l’Etat s’emporte, il cite l’exemple de l’agriculture. Selon lui, c’est à son arrivée que les paysans guinéens ont connu l’engrais. Plus loin, il ajoute que la Guinée est le deuxième pays africain après le Maroc où les paysans peuvent faire des commandes de tracteurs et d’engrais à partir de leur téléphone portable. Faux ! Dans un pays où les paysans sont en grande majorité analphabètes, l’utilisation des nouvelles technologies est loin d’être acquise.

2- Je m’adresse à mon peuple dans sa langue
Dans quelle langue Monsieur le Président ? La Guinée est un pays où la langue officielle est le français. Officiellement, il n’y a pas de deuxième langue. A Conakry, la langue soussou est largement parlée. Chaque région naturelle a sa langue majoritaire. Alpha Condé lui-même ne parle que le soussou et le malinké. Il ne connaît rien en poular et guerzé. Quand l’opérateur économique Saliou Kegneko avait voulu parler en poular, le président de la République l’avait intimé avec insistance de parler en français car il ne comprend pas la langue peulhe. Donc, le peuple de Guinée n’a pas de langue majoritaire à part le français.

1- La France a bel et bien commis de crimes
“La France n’a pas commis de crimes contre la Guinée“, martèle Alpha Condé. Dire que la France n’a pas commis de crimes pendant la colonisation revient à profaner la mémoire de milliers de Guinéens qui ont été victimes de la barbarie du colonisateur français. Quand Christophe Châtelot du journal « Le Monde » lui demande s’il s’attend à des excuses de la France, Alpha Condé répond qu’il n’y a pas eu de crimes. Le violent discours de Sékou Touré devant le Général de Gaulle illustre combien de fois les Guinéens ont voulu sortir du joug colonial à cause notamment des méfaits meurtriers du colonialisme français.

Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com