Libre Opinion

Mborré ! l’on ne peut entendre ça…

Hé ! tout est dans la façon de gloser sur telle personne ou tel fait, de raisonner comme une huitre. Et dans le régime de Goby Condé, le chauffard à trois roues et demi de la guimbarde du palais Gokhi Fokhè, les sectateurs essayent de faire marcher les Guinéens sur la tête. Même quand ils sont dans l’affliction on a du mal à les suivre. Sans transition, relisez avec attention ce tweet du premier ministre Ibrahima Kassory Fofana :

« Miss était unique. Hélas, nous sommes tous mortels. Gloire à Allah, repose en paix ma fille, une âme gaie et pieuse est partie. »
D’abord ! Je présente mes sincères condoléances à son épouse et à sa famille éplorées.
Revenons à nos moutons : rien ne vous chiffonne dans ce tweet ! Rien de rien ! Enlevez vos yeux et portez vos lorgnons ! Qu’est-ce que vous voyez ? Ah ! ce « Hélas, nous sommes tous mortels. »
vous saute aux yeux. Quelqu’un qui est en deuil a-t-il besoin de dire cela, de surcroît quand on a la foi ?
Dans les cimetières du bled reposent les victimes des régimes politiques qui se sont succédé au pouvoir jusqu’aujourd’hui. Dieu dit dans le Coran que toute vie gouttera à la mort. C’est une certitude. Et chaque personne est unique dans sa famille.

Dans chacune des familles endeuillées par les forces prétoriennes de Goby Condé, l’on te dira que l’être perdu était unique. Et c’est vrai ! « Hélas, nous sommes tous mortels. » C’est un truisme de dire cela en cette circonstance. Quelqu’un qui vient te présenter ses condoléances l’aurait dit, ça passe ! Ça peut passer aussi si ça soulage ta conscience de lancer ce truisme à la figure d’un fier visiteur venu te présenter ses condoléances attristées pour le dégonfler.
Ecoute, Ntaara ! Je te présente mes sincères condoléances. Mais franchement, dans votre gouvernement, vous avez une façon drôle de heurter les aigris, les rancuniers, les haineux, et qui les oblige à ruer dans les brancards. Peut-être que je ne devrais pas te dire ça ici et maintenant.
Mais toi et Tibou Kamara, qui êtes effectivement les éléments clés du régime autocratique de Goby Condé, ne cessent de multiplier les sorties absconses sur les réseaux sociaux. Comme si les médias d’Etat ne vous suffisent pas pour embobeliner les Guinéens. Pour ratisser large, vous voulez coûte que coûte endormir les gens sur les réseaux sociaux aussi.
Vous avez réussi à faire taire définitivement Guineaforum, Neoleadership, Guinee 58.
Par dessus le marché vous voulez vous arroger les sites qui gardent encore le cap, occuper tout l’espace pour avoir tous les ennemis de Goby Condé à l’usure. Qu’est-ce qui va nous rester, nous autres aigris ? Ah, non « Manga yatta didéra » ! On ne marchera pas. On ne se laissera pas mener par le bout du nez sur internet.
De quoi s’agit-il dans « Tibou répond au Barreau de Guinée : « La justice est l’affaire de tous » ?
Dans ce texte, tous ceux qui bataillent pour l’avènement d’un véritable Etat de droit en Guinée-Conakry sont interpellés.
Hé ! Avant de lire ici, allez lire d’abord là-bas les dires de Tibou sur la question. Dès l’entame de son texte, il divise :

« On ne peut interdire à personne d’exprimer ses idées et ses opinions, ou de prendre position dans un débat ouvert et public pour dire ce qui va et ce qui reste à faire. »
Et c’est là qu’on détecte une petite entourloupe dans le système : le pouvoir ne vous inquiète pas tant que c’est « pour dire ce qui va et ce qui reste à faire. »
En vérité rien ne va dans le patelin et tout est à faire. Et si vous vous mettez à vitupérer la dictature de Goby Condé, on vous persécute, on vous met des bâtons dans les roues, on vous accuse d’avoir manqué de respect à l’autocrate et c’est le directeur de l’administration pénitentiaire qui décide de vous mettre au frais. Et Mme Bangoura née Fatou Doumbouya en a fait les frais. Elle a été arrêtée et incarcérée à la maison centrale, le 29 janvier 2021, pour avoir tout simplement critiqué le système en vigueur dans une vidéo qui a fait fureur sur les réseaux sociaux.

Lors de son procès devant le tribunal correctionnel de Mafanco, la pauvre a fait son mea culpa pour bénéficier d’une relaxe :
« Tout ça, c’est parce que j’ai aimé le président de la République et son parti pour lequel je me suis toujours battue. Oui, je reconnais avoir produit la vidéo dont on parle… J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé ; mais, il n’a pas été enrôlé… De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervée. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile. Mais, ce que j’ai dit, je le regrette aujourd’hui. Je demande pardon au tribunal et au gouvernement. »

Le tribunal lui inflige une avanie en la condamnant à 18 mois de prison dont 14 mois de sursis. Voilà ce que ça coûte aux citoyens d’user de leur liberté de la parole en Guinée-Conakry pour critiquer la concussion et la corruption qui les prennent à la gorge.
Il ne faut pas dire publiquement une chose et soutenir son contraire en sourdine. On est dans la bataille politique. On se bat pour la démocratie, l’instauration d’un Etat de droit en Guinée-Conakry. Le pronom « on » englobe toutes les citoyennes et tous les citoyens guinéens qui, au delà de leur appartenance ethnique, politique, religieuse et philosophique, aspirent à l’exercice de la démocratie, de la liberté et d’une justice indépendante dans la contrée.
Tibou Kamara, dans ses attaques contre le barreau, écrit :
« L’Ordre national des avocats semble s’insurger contre une Justice qui est sa raison d’être, sa famille et la source de sa légitimité. »
Didon ! vous voulez que tous les Guinéens fassent le chien couchant auprès du système ? Pourquoi voulez-vous « larbiniser » le barreau ? Pourquoi ça vous heurte que l’Ordre nationale des avocats s’insurge contre une Justice qui n’en est pas une ? L’on n’est quand même pas en Russie ou en Chine pour maintenir l’ordre national des avocats en Guinée-Conakry dans l’impéritie face à une justice aux ordres. C’est binaire d’insinuer que la Justice est la raison d’être de l’Ordre national des avocats, sa famille et la source de sa légitimité. C’est quoi ça ?

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Il vous souvient que l’Ordre des avocats de Guinée avait ferraillé dans l’affaire Goby Condé et consorts pendant le règne du général président Lansana Conté. Demandez à Goby Condé : qui lui frayait le chemin le jour de sa sortie de prison dorée ? Qui ? Son statut ?
Hé ! La Guinée est à la croisée des chemins, ce n’est pas le moment d’amuser la galerie, de distraire les esprits aigris. Et l’on tombe des nues quand on veut nous faire avaler ceci :

« La règle a toujours été que ne parlent de justice que les initiés et les voix autorisées dans un ésotérisme et sectarisme inviolables. » Hé, Allahoudjomann !
Jamais de jamais ça n’a été une règle. Les René Descartes, Montesquieu et tout le toutim n’avaient pas cela en tête comme règle.
Le regretté Thierno Diallo, du groupe de presse Le Lynx-LA LANCE et de l’OGDH, a consacré toute sa vie dans la lutte pour les droits de l’homme. Il était mathématicien.
Le Sénégalais Alioune Tine, fondateur d’Africajom Center, ne respire que les droits de l’homme. Il était professeur à la faculté des lettres de l’Université Cheikh Anta Diop.
On veut vraiment faire de la Guinée-Conakry une planète à part entière sur le continent.
Il est vrai que le barreau de Guinée n’a pas dénoncé les violences meurtrières qui ont endeuillé beaucoup de familles, les crimes abominables perpétrés par les forces prétoriennes du régime de Goby Condé. Mais on a vu des individualités, faire dans la dentelle, certains même prendre carrément position en faveur des victimes et dénoncer les violences policières.

Et Me Mohamed Traoré a été de toutes les luttes. Dans la bataille contre le changement de la constitution jusqu’aujourd’hui. On ne peut pas lui jeter la pierre. Il écrit des articles pour dénoncer ce qui lui semble inacceptable. Jusque là il n’a manqué à aucun rendez-vous. Et le fait de dénoncer les arrestations arbitraires, les emprisonnements de longues durées sans jugement, l’usage de la force excessive par les forces prétoriennes, les abus de pouvoir de la Justice, et les dérives totalitaires du gouvernement ne fait pas de lui un marginal, un antisocial, un hors-la-loi.
Tibou ! parcours les sites guinéens : Guineematin.com, guineenews.org, visionGuinee.info, MediaGuinee.com, Guinee7.com, et tu verras des témoignages poignants de parents d’individus détenus depuis dix mois à la prison de Conakry sans jugement. Ces parents réclament tout bonnement que le régime que tu défends bec et ongle applique le principe d’habeas corpus à leurs enfants, leurs maris, leurs neveux, leurs pères, leurs oncles, leurs mères, leurs sœurs, leurs frères, leurs tantes détenus dans les geôles de la maison centrale.

Il faut absolument lire ces témoignages pathétiques. A supposer que tu aies déjà lu ces témoignages, et au regard de la situation actuelle de la Guinée où l’on est dans la mouscaille tu peinturlures :
« Le retour à la normalité est vécu comme un abus de pouvoir et une dérive autocratique. Le monde à l’envers ! »
Afakoudou ! l’on ne comprend plus rien. Quelle normalité y-t-il en ce moment en Guinée. Ça rappelle exactement au fort de la révolution sékoutouréenne, la voix de la Révolution qui diffusait constamment ce beau tube de Sory Kandia Kouyaté qui visait à dissuader les Guinéens à déserter le pays, à lutter contre le « Navetana » :
« Qu’il fait bon à vivre en Guinée en ce moment ! Regardez la Guinée quand il y a clair de lune ! On vit bien en Guinée ! Que c’est bon d’être en ce moment en Guinée !… » C’était du baratin. Comme le dit Nikolaï Tchernychevski :
« Là où il n’est pas de liberté, il n’est pas de bonheur. »

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Actuellement, aucun des avocats, engagés dans la bataille pour l’exercice d’une justice indépendante en Guinée-Conakry, ne fanfaronne « dans des postures médiatiques narcissiques ». Tous ces avocats bataillent pour le principe du habeas corpus qui garantit un procès équitable à chaque prisonnier et qui évite des emprisonnements sans jugement. Le habeas corpus lutte contre l’arbitraire, contre la justice aux ordres. Et quant on porte la robe noire et qu’on soit adepte du habeas corpus, l’on est forcément sous les projecteurs. En quoi cela peut menacer les intérêts des clients de ces avocats qui luttent contre les bakchichs, les dessous de tables dans les prétoires ? Ah, l’on comprend ! En fait c’est le système qui va leur mettre des bâtons dans les roues ; et comme de malheureux boutiquiers ils ne verront plus un seul client venir à leurs cabinets solliciter leurs compétences juridiques. Et ils seront sur le pavé comme des gueux, des pouilleux dans Cona-cris. La pression est là !…
Les avocats ont raison de s’attaquer à cette décision de justice de Charles Victor Maka, le directeur de l’administration pénitentiaire.
L’administration pénitentiaire a desserré l’étau pour les opposants, Gorko Soussaye, Ibou Bah, la Cellule Baldé et Laye Bah, en les plaçant, le vendredi 16 juillet 2021, en régime de semi-liberté pour des raisons de santé.

L’administration pénitentiaire distribue ainsi sa sucette de la semi-liberté à des prisonniers politiques, qui n’ont jamais été condamnés, en leur mettant le marché à la main. Dans un Etat de droit digne de ce nom ça ne marche pas comme ça ! Même si dans les familles des bénéficiaires de cette semi-liberté, on a applaudi Charles Victor Maka, il n’en demeure pas moins que ça ne revêt pas un caractère juridique. Même en Chine ou en Russie, ce n’est pas le directeur de l’administration pénitentiaire qui décide de l’arrestation d’un citoyen ou de la libération d’un prisonnier politique ou d’une prisonnière politique. En Turquie ça ne se passe pas comme ça non plus !
Demandez à Antoine Gbokolo Soromou si c’est le directeur de l’administration pénitentiaire qui était venu le sortir du gnouf au temps du général président Lansana Conté ? Est-ce que c’était le directeur de l’administration pénitentiaire de l’époque qui avait décidé comme ça d’élargir Goby Condé ?
Qu’on se félicite de la libération absconse de prisonniers politiques qui n’ont jamais été condamnés et en même temps dénoncer les dérives totalitaires du régime de Goby, l’on ne voit pas où est le mélange des genres en cela.

« Pourtant, le fait d’accorder cette semi-liberté avait été saluée jusque dans les rangs du barreau. La remettre en cause ne voudrait-il pas dire alors que ceux qui savourent encore les retrouvailles avec leurs familles respectives devraient tous retourner à la case prison ? »
Là, on tombe sur le cul !

Comme de bien entendu on se félicite de la libération de ces prisonniers politiques victimes d’abus de justice et d’arbitraire de la part d’un régime politique aux abois. Mais de jure on remet en cause le caractère juridique de cette décision du directeur de l’administration pénitentiaire qui oblige à marcher sur la tête. La manipulation ne passera pas. Ibou Bah et Gorko Soussaye ont reçu l’autorisation de l’administration pénitentiaire d’aller se soigner en France. Les proscrits sont arrivés à Paris pendant que Goby Condé se délasse et se soigne Ankara, la capitale de la Turquie. Dès leur retour dans la ville de Cona-cris devenue la Tour de Babel, l’autocrate aura les coudées franches de faire tenir à Charles Victor Maka, le directeur de l’administration pénitentiaire, d’aller leur inflige des avanies et de les remettre au gnouf si ça lui chante !…
Sinon à l’heure actuelle, le pays est sans autocrate, sans premier ministre. C’est Dr Mohamed Diané, ministre d’Etat, ministre chargé des affaires présidentielles, ministre de la défense, qui fait office de roue de secours pour la primature et de tout et tout.

Benn Pepito

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