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Maître Moussa Diallo avocat au Barreau de Guinée a animé un point de presse ce vendredi 27 octobre 2017 à Conakry pour parler de la grève que le Barreau déclenché depuis le 25 octobre dernier et va durer jusqu’au 10 novembre prochain.

 

« Il y a une situation qui durait depuis un bon moment. C’est le rapport entre les avocats dans l’ensemble et les officiers de la police judiciaire(OPJ) ainsi que certains parquetiers. C’est-à-dire les procureurs des tribunaux de première instance ou le parquet général près de la cour d’Appel de Conakry. Il y a un certain nombre de violation des droits d’abord, des citoyens que les avocats se battent tout le temps pour faire cesser mais ils rencontrent une certaine difficulté à réussir leur combat pour la bonne et simple raison certains OPJ dont ils peuvent avoir à faire semblent être en connivence avec certains procureurs de la république. Peut-être que vous êtes informés des prélèvements par exemple qui se font dans les gendarmeries et les polices lorsque c’est une affaire qui se rapporterait à une somme d’argent où on se permet de prélever non seulement sur celui qui aurait porté plainte mais aussi sur celui contre lequel la plainte a été portée. Des prélèvements de 10% de tout montant dont il serait question par devant cette gendarmerie ou police. C’est une situation déplorable. Le citoyen vers ces autorités-là pour être rétablis dans ses droits mais lorsque ceux-là même qui sont appelés à garantir ce droit qui est le vôtre, sont ceux-là qui inventent quelque chose qui n’existe pas, et qui font croire que c’est tout à fait légal. Et que par-dessus tout, les personnes à qui on pouvait se plaindre cautionnent cette façon de faire, semble cautionner ce comportement-là, nous avons estimé que c’est une chose difficile à accepter. C’est vraiment pitoyable pour le peuple de Guinée dans son ensemble », explique l’avocat en justifiant la grève.

 

Poursuivant, le conférencier a dit qu’au-delà de cette situation, il y a aussi du fait que depuis un bon nombre de temps, il y a des avocats qui se font régulièrement violentés, agressés par des OPJ.

 

«Pour de tels faits le Barreau par l’intermédiaire de certains avocats déposent des plaintes régulières au niveau du parquet général contre ces OPJ qui se permettent de violenter des avocats et qui ne connaissent jamais d’issues. La plainte est toujours au même niveau. Cette façon de faire des parquets a amené le Barreau à se dire que c’est un comportement soutenu et encouragé par le parquet parce que les OPJ sont sous la coupe des procureurs. C’est ce qui fait que lorsqu’un officier de la police judiciaire se rend coupable d’une infraction quelconque à l’encontre de quelque citoyen que ce soit et surtout à l’encontre d’un avocat qui est un acteur principal ou essentiel de la vie judiciaire, on ne peut que se plaindre auprès de ces procureurs-là pour que ce comportement soit sanctionné. Mais lorsqu’un OPJ peut vous manquer du respect, vous violenter ou poser d’autres actes illégaux et que vous remontiez à ces procureurs, rien ne s’en sort comme si c’était quelque chose de légale, vous voyez bien combien de fois, il y a de problèmes à ce niveau-là. Vu tous ces problèmes, le Barreau sous la houlette du Bâtonnier Mohamed Traoré et du conseil de l’ordre a convoqué une assemblée générale le 25 octobre 2017 où la décision d’aller en grève jusqu’au 10 novembre prochain a été prise», indique Me Diallo.

 

Aux dire du conférencier, tout avocat qui ne respecte pas ce mot d’ordre de grève est exposé à des sanctions. «Le mot d’ordre de grève qui a été lancé, c’est sur toute l’étendue du territoire national de sorte qu’il est prévu que tout avocat pendant cet intervalle poserait un acte de procédure, puisse être passible d’une sanction disciplinaire », a-t-il annoncé.

 

Avant de terminer, il a fait savoir que si rien n’est fait d’ici le 10 novembre, les avocats vont se retrouver pour savoir quelle autre position adoptée.

 

Mamadou Aliou Barry pour Aminata.com

(+224) 622 304 942

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