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Les merveilles de ma maison, le milieu pastoral

D’abord le troupeau, ensuite le Kossam et enfin le Pulaaku. Le troupeau, tout commence par lui. Chez moi le troupeau n’est pas qu’un lot d’animaux. Il est l’essence de notre existence. Pour lui, on migre des régions montagneuses, aux vallées en passant par des plaines, en quête de pâturages pour sa survie. Pour la survie du troupeau, notre migration a démarrée de la Haute Egypte pour se terminer dans toutes les régions de l’Afrique subsaharienne.

Le troupeau, il donne un sens à notre existence. On vit pour en prendre soin. Chez nous, la vache n’est pas un animal mais un membre de la famille. Elle symbolise l’identité, la culture et la gloire. La vache est tellement importante que notre monument intemporel Hampathé Bâ avait affirmé qu’ « Un Peulh sans vache est à l’image d’un prince sans couronne ». Comme on le dit souvent, la vache fait le Peulh. Le Peulh est le fidèle compagnon du troupeau.

Le Kossam: chez nous, il est plus qu’un aliment, il est un symbole. Dérivé du lait qui est un aliment unique en son genre, on s’y baigne. La vache nous donne du lait qui à son tour nous donne du Kossam. C’est pourquoi l’historienne Adama Ba a affirmé : le lait, contrairement aux autres aliments qui pourrissent après plusieurs jours, il nous donne au 3ème jour 3 autres aliments nutritifs : le Kossam, le nebban et le kettougol. Ce qui fait sa particularité. Le lait, c’est notre aliment favori.

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Le Pulaaku: c’est l’ensemble des codes et valeurs morales qui régissent la vie en milieu pastoral. Ces valeurs cardinales sont entre autres : L’humilité, le courage, la patience, la tolérance, l’honneur etc. De par ces valeurs, on incite chacun à s’armer du courage pour vivre dignement de par ses efforts, de rester humble peu importe son statut social, de se démarquer toujours par un digne comportement. Car la noblesse d’un humain ne doit pas être par sa descendance. Elle doit être par les valeurs universelles incarnées.

Le Pulaaku, c’est aussi être tolérant en comprenant qu’il n’existe pas de peuple ni de culture supérieure. Les peuples et les cultures se valent et se complètent dans leur diversité. Ils doivent vivre en s’acceptant mutuellement dans la différence. La multiplicité de cultures n’est rien d’autre qu’un surplus à la beauté de l’univers. L’unité dans la diversité doit être un crédo. La quête de la justice sociale, un combat quotidien pour faciliter le vivre ensemble et garantir la paix.

Bergère Halima Baldé

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