“Le référendum consiste à amener le peuple à voter Oui ou Non, tant dis que l’élection présidentielle c’est élire une personne”, dixit Ibrahima Kallo du ministère des hydrocarbures

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Alpha Oumar Diallohttps://aminata.com
Alpha Oumar Diallo est journaliste de formation. Issu de l'Institut Supérieur de l'Information et de la Communication (ISIC), ce jeune pétri de talents et d'objectivité a travaillé dans de nombreuses rédactions en Guinée et a collaboré avec de médias étrangers. Passionné de l'écriture, il traite régulièrement des sujets d'actualité en toute impartialité et fait des analyses objectives.

Ibrahima Kallo, l’attaché de cabinet au ministère des hydrocarbures et coordinateur de la Cellule de communication des réseaux sociaux au RPG Arc-en-ciel a accordé une interview à notre rédaction.

Il a parlé entre autres, de la lutte contre la corruption annoncée par le premier ministre, du projet de nouvelle constitution, du retard dans l’installation des conseils de districts et quartiers, des rumeurs sur une éventuelle hausse des prix des produits pétroliers, du bilan de son ministre après une année de gestion.

Nous vous proposons l’intégralité de cet entretien.

Aminata.com: vous venez d’une tournée avec votre ministre à l’intérieur du pays. De quoi, il a été question ?

Ibrahima Kallo: Nous avons fait les préfectures de Kankan, Siguiri et Mandiana. C’est dans le cadre d’un vaste programme mené par le  gouvernement pour notamment la pose des premières pierre des édifices publics financés par l’agence nationale pour le financement des collectivités locales (ANAFIC). C’est ce qui a amené tout le gouvernement  dans les localités du territoire national pour lancer les travaux de construction de certains édifices publics et inaugurés d’autres déjà disponibles. Il s’agit d’écoles, de dispensaires, de fourrages etc. Du côté de Kankan, Mandiana et Siguiri, il a été question d’aller rencontrer le bas peuple afin de s’enquérir de leur réalité, recenser leurs difficultés pour pouvoir faire face à leurs préoccupations pour mieux résoudre leurs problèmes. Quand on est pas en contact avec les citoyens, c’est difficile de savoir leurs besoins. À Mandiana par exemple, Mr Zakaria Koulibaly ministre des hydrocarbures a rencontré les citoyens même dans les sous-préfectures, districts et secteurs où la vision du président Alpha Condé a été expliquée aux populations.

Que peut-on retenir du bilan de la gestion du ministre Zakaria Koulibaly ?

Je viens d’être nommé attaché de cabinet auprès de lui. Il y a eu un classement après l’étude du bilan fait par la primature sous le regard du premier ministre, trois ministres ont été repérés à savoir le ministre des travaux publics, le ministre de la pêche et celui des hydrocarbures et ont été déclarés les meilleurs du gouvernement Kassory Fofana pendant un an. Globalement, il a fait un bilan élogieux dans la mesure où depuis qu’il est arrivé à la tête de ce département, on a pas entendu où constaté une pénurie de carburant sur l’ensemble du territoire national. Les préoccupations de ce département c’est de soulager la population qui à un moment de l’histoire souffrait dans ce domaine-là. Il n’y a plus de pénurie. Nous venons de l’intérieur du pays, il n’y a ni coupure, ni rupture de carburant. Ce qui dénote des efforts inlassables du ministre Zakaria Koulibaly. C’est un ministre engagé et qui connait le domaine. C’est ce qui fait que nous n’avons pas encore de problème dans ce domaine depuis un an.

Des rumeurs font état d’une éventuelle hausse du prix des produits pétroliers. Qu’en est-il au juste ?

Ce sont des spéculations. Ça, c’est du guinéen en réalité. Toujours spéculé dans les cafétérias. Ce sont des rumeurs. Ici à date, cela n’est pas à l’ordre du jour. La préoccupation, c’est comment soulager bas peuple en terme de consommation du carburant. À un moment donné, il y avait un bruit sur ça, le gouvernement a dit qu’il maintiendra ce prix. Et c’est ce qui est d’actualité.

À son arrivée à la tête du gouvernement, le premier ministre Kassory Fofana avait fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Quelle lecture faites vous de ce sujet ?

C’est un phénomène qui a frappé l’évolution de notre pays pour ce qui est de la corruption et le détournement des fonds publics. Le premier ministre dans le souci de recadrer l’économie nationale a mis ce plan pour la redresser. Une chose qui est importante. Si vous voyez que nous sommes toujours dans cette situation de pauvreté, c’est dû souvent au comportement de ces cadres verreux qui se permettent toujours de détourner des fonds publics à leur propre profit. Il faut que cette corruption soit remédiée afin que les ressources du pays soient partagées équitablement pour tout le monde. J’encourage cette politique de lutte contre la corruption. Les premiers qui ont été traqués, la justice s’est prononcée notamment en ce qui concerne Paul Moussa Diawara qui a été condamné. D’autres dossiers sont en train d’être traités au niveau des tribunaux. Quiconque, dans cette politique de lutte contre la corruption est appréhendée doit répondre à sa forfaiture.

Certains parlent de règlement de compte en ce qui concerne Paul Moussa Diawara. Votre réaction ?

Ça c’est purement politique, ceux qui disent qu’il s’agit d’un réglement de compte. Ce qui est sûr, lors du procès, on ne parlait que du financier. Il s’agit des montants détournés et orientés à des fins personnelles. C’est ce qui a été débattu au tribunal et non de la politique. Dans la rue, des gens disent qu’il s’agit de règlement de compte. Ce sont des spéculations. Nous sommes dans le cadre de la lutte contre la corruption.

Le RPG Arc-en-ciel a récemment lancé une campagne pour une nouvelle constitution. Pourquoi une nouvelle constitution ?

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C’est l’actualité. Nous sommes très contents que cela fait l’objet de débats. Cette affaire de nouvelle constitution n’est pas venu du RPG Arc-en-ciel, ni même la mouvance présidentielle. C’est venu d’éléments de la société civile et des partis politiques de l’opposition. C’est eux qui ont fait cette affaire de nouvelle constitution comme leur marchandise. C’est qui fait que nous aussi, nous sommes engagés là dessus. Parler de la nouvelle, c’est en réalité, c’est amener l’État à prendre toutes les préoccupations, toutes les réalités que nous constatons aujourd’hui au niveau des populations afin de pouvoir prendre des mesures importantes visant à l’amélioration de leur condition de vie. La nouvelle constitution ne concerne pas que le RPG Arc-en-ciel, ni l’opposition, ni encore la société civile. C’est pour tout le monde. Ces derniers là ont commencé depuis un certain temps, nous aussi, il est temps de s’en approprier pour amender tout ce que nous voulons faire dans la nouvelle constitution. Tout cela figure dans cette constitution que nous allons soumettre au peuple de Guinée.

Quelles les chances pour que ce projet réussisse ?

Nous sommes optimistes quant à la la réussite du projet. Au jour d’aujourd’hui, on peut dire que la Guinée dispose de ressources financières d’organiser le référendum. En même temps, l’opportunité politique est là. Il est évident le problème qu’on a sur le plan juridique. Depuis combien de temps, nous sommes en train de gérer ce pays par concensus? C’est ce qui prouve qu’il de problèmes au niveau de nos textes juridiques. Tout cela relève de la constitution. Si on constate qu’on a ces difficultés juridiques, il faut revoir les textes. Pour cela, en ce qui concerne la constitution, il faut qu’il ait un référendum. Nous sommes très ravis que ce débat continue. Dans les jours ou mois à venir, les choses vont commencer très bien parce que vous n’êtes pas sans savoir que c’est le peuple qui est en train de demander une nouvelle constitution. Pour preuve, nous étions à l’intérieur du pays, partout où on passe les populations réclament une nouvelle constitution qui prendra en compte leurs préoccupations actuelles. La constitution en vigueur a assez de manquement. On arrive même pas à interpréter l’article 51 qui dit au président de la République de soumettre une proposiyion de loi à l’Assemblée nationale. Les gens sont en train d’interpréter de gauche à droite. S’il y a difficultés d’interprétation, ça veut dire qu’il y a des ambiguïtés autour de ses différents textes constitutionnels. Donc, il faut revoir pour que tout soit clair.

Selon les opposants, vous êtes en train de chercher à éterniser le président Alpha Condé au pouvoir. Que répondez vous?

C’est loin de ça. La constitution n’est pas une personne. C’est l’élection présidentielle qui concerne l’élection du président. Le référendum ne concerne que le peuple. En 1958, la Guinée a voté non  au référendum Gaulliste. Cela veut dire que ce n’est pas ce référendum qui a élu le président Ahmed Sékou Touré. Le référendum consiste à amener le peuple à voter Oui ou Non, pendant l’élection présidentielle c’est élire une personne. Nous voulons aujourd’hui qu’il n’y ait plus de difficultés dans gestion du pouvoir par exemple. Il y a assez de difficultés dans la gestion du pouvoir, il y a des difficultés au niveau du président de la République et du premier ministre dans l’interprétation des textes. Au niveau Encore de la candidature indépendante. Il n’est pas possible pour un candidat indépendant de se présenter à l’élection présidentielle ou aux législatives. Il y a en dans les pays hautement démocratiques. Macron est venu au pouvoir en France avec une candidature indépendante. Il faut ouvrir cette chance aux autres guinéens de se présenter à une élection présidentielle ou législatives sans être sous la bannière d’un parti politique. Il y aussi un autre problème au niveau des législatives. En tenant compte du nombre des votants dans les circonscriptions, la circonscription de Pita ne doit pas avoir le même nombre de députés avec celle de Matoto qui est la plus grande du pays. Il faut que ces imperfections soient corrigées. C’est tout cela qui nous amène à approuver la nouvelle constitution qui dans son contenu prend en compte tous ces éléments.

Le projet de nouvelle constitution n’a donc rien à voir avec un troisième mandat ?

Absolument rien, ce n’est qu’un projet des conspirateurs qui se mettent à crier par-ci, par-là en faisant croire qu’il s’agit de faire éterniser le président Alpha Condé à la tête du pays. C’est loin de ça. C’est juste des spéculations, de la divagation pour amener les gens à ne pas se concentrer à la situation réelle qui est la nouvelle constitution qui prendra en compte toutes les situations que nous avons en main.

Pendant que la mouvance présidentielle organise des manifestations de soutien à une nouvelle constitution, les partisans du front national pour la défense de la constitution (FDNC) sont percutés, réprimés,  arrêtés une fois qu’ils tentent de manifester. Les opposants parlent de deux poids deux mesures. Votre avis sur ce sujet ?

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Encore une fois, ça montre la non maturité politique de certains Guinéens. FNDC est une structure qui est dissimulée aux politiques parce que quand on parle de la société civile, de sa création, on déclare être une organisation apolitique et à but non lucratif. Ce qui signifie qu’ils ne doivent pas mener des activités politiques. Ils ne doivent pas mener des activités pour se faire de l’argent. Mais, aujourd’hui, au niveau du FNDC, nous voyons qu’ils sont en train de faire de l’argent, de faire de la politique avec nos politiciens verreux de l’opposition. C’est le temps et le moment pour moi de le dire. C’est pourquoi j’interppelle le ministère de l’administration du territoire de revoir les agréments de ces différentes plateformes de la société civile. En réalité, quand on parle de société civile, on regarde ce qui est bon pour le peuple et agir de ce côté et dénoncer ce qui n’est pas bon pour le peuple. Mais ce que nous voyons avec le FNDC est pire. À chaque fois que les partisans  de la nouvelle constitution manifestent, le FNDC infiltre le mouvement pour faire la pagaille. Cela a été constaté ici à Conakry mais aussi à l’intérieur du pays. Ils se sont même transportés de Conakry jusqu’à Nzérékoré. Malheureusement, il y a eu un mort de ce côté. Quand on parle de démocratie, chacun de nous est sensé d’exprimer volontairement et librement ses opinions. Mais, il est regrettable de constater que ce jeu démocratique n’est pas compris par certains Guinéens. Nous condamnons fermement les agissements du FNDC qui se dit défenseurs de la constitution. Dans cette constitution qu’ils sont en train de défendre, il est indiqué la liberté de mouvement, de manifestation. Les articles 10 et 7 en parlent.

Malgré la répression, les opposants à la nouvelle constitution ne comptent pas reculer. Qu’en pensez-vous ?

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La liberté de manifester est un droit. Je ne suis pas contre leurs marches, ils peuvent faire, les partisans de la nouvelle constitution sont en train de le faire dans tout le pays. Mais ce n’est bien d’infiltrer les manifestations qu’ils n’ont pas organisées ou barricader les routes en brûlant de pneus. La fois dernière à Nzérékoré, on a constaté que des gens viennent avec des coupes-coupes et faire ce qui leur semble bon. C’est regrettable dans une démocratie. Venir affronter les forces de l’ordre avec des pilons, des coupes-coupes et autres, c’est anti démocratiques. Ceux qui disent qu’ils défendent la constitution, ce sont des businessmen de la crise qui s’enrichissent dans le dos des gens pour une cause déjà perdue.

Près de deux ans après les élections communales, les conseils régionaux, les présidents de districts et quartiers attendent toujours d’être installés. Quelle est votre opinion ?

Vous n’êtes pas sans savoir que ça été un consensus. Tout cela prouve que nous avons des insuffisances dans nos textes de lois parce ces textes ne prévoient pas les conditions réelles d’installation des conseils de districts et quartiers. Ce qui nous amène à mieux toiletter cette constitution à travers un référendum permettant de nous donner de nouveaux textes qui prendront en compte toutes nos préoccupations actuelles. Cela va nous permettre de finir avec les consensus, les accords politiques.

À ce que je sache, le nouveau code électoral autorise chaque parti politique à désigner les chefs de quartiers là où il a remporté les communales ?

Le code électoral n’est qu’un texte organique qui relève de la constitution. L’installation est politique. Il faut aussi du temps. Si le ministère de l’administration du territoire n’a pas routes les conditions, je ne vois pas comment il pourra procéder à cette installation.

Qu’est-ce que vous avez à ajouter pour clôturer notre entretien ?

Je dirai que nous traversons actuellement un moment important de notre histoire. Vous n’êtes pas sans savoir qu’aujourd’hui, nous constatons par la voie démocratique que des jeux politiques se passent par-ci, par-là entre la mouvance présidentielle et l’opposition. La mouvance exige qu’on aille au référendum, de son côté, l’opposition dit qu’il n’est pas question d’y aller. Ce qui est regrettable, c’est la politisation de notre société civile. Dans les autres pays, ce n’est pas comme ça. L’exemple le plus récent est le Togo où la société civile s’est démarquée des deux camps. Avec leur neutralité, on comprend que leur revendication, c’est le bien-être des citoyens. Mais aller jusqu’à participer aux activités des partis politiques dans leurs QG, ce n’est pas bien. Nous le regrettons et condamnons.

Propos recueillis par Mamadou Aliou Barry pour Aminata.com

(+224) 622 304 942

 

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