A quelques jours du lancement de l’examen d’entrée en 7ème qui fait d’office le début des examens nationaux, le secrétaire général du ministère de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation a réaffirmé l’engagement de son département à renforcer la “tolérance zéro“.

Kazmir Diawara explique que des nouvelles dispositions sont prises pour minimiser les tentatives des fraudes afin de moraliser les examens qui durant ces dernières années ont connu des nombreuses failles. M. Diawara s’est aussi prononcé sur d’autres sujets liés à l’enseignement technique et le manque du personnel enseignant dans les villages. Lisez.

Renforcer la stratégie “tolérance zéro”

Nous sommes pleinement engagés dans les préparatifs des examens nationaux. Nous avons convenu et nous trouvons que cela est meilleur de renforcer la moralisation de nos examens pour une grande crédibilité. Ceci passe obligatoirement par l’adoption et le renforcement de la stratégie de la tolérance zéro. Depuis trois mois au moins avec l’arrivée de notre équipe, nous nous sommes attelés à nous projeter sur la tenue d’examens qui serait cette année caractérisée par une extrême rigueur qui permettrait de minimiser les revendications souvent démobilisatrices. Nous voulons que les choses se passent dans la transparence. Que les réclamations puissent se faire et qu’on aille jusqu’au bout. Le travail sera très clairement fait.

Sélection rigoureuse des Superviseurs

C’est le renforcement de la sécurité. Il faut sécuriser les épreuves, sécuriser les sujets, il faut éviter les tentatives de fraudes, il faudra pouvoir désillusionner les gens, les dissuader parce que tout examen est entaché dès qu’il y a des tentatives de fraudes. C’est pour cela qu’on a veillé à sélectionner des superviseurs et des coordinateurs qui sont bien appréciés dans le système à cause de leur intégrité, de leur probité morale et de l’expérience qu’ils ont. C’est pour cela que nous n’avons pas fait de vacarmes. Ils ont été sélectionnés en milieu très restreint. Ils vont faire leur travail selon le TDR. Donc, minimiser les tentatives de fraudes, sécuriser les sujets, assainir les centres d’examen, éviter l’envahissement de ces centres et éviter toute interférence.

Moyens logistiques conséquemment mobilisés

On a tiré des leçons sur les erreurs passées. Si certains centres avaient ouvert tard ce que les délégués avaient quitté tard. La route étant dans un mauvais état, ils sont arrivés tard. Pour éviter cela, cette année on a pris toutes les dispositions pour qu’ils n’aillent pas tard. On a pris toutes les dispositions pour qu’ils aillent de manière anonyme, éviter qu’ils soient reconnus et qu’ils soient menacés dans leur intégrité. Il faut le faire de façon la plus discrète possible. Au niveau de l’Etat, il n’y a pas eu d’hésitation à libérer les moyens demandés.

“Les enfants partiront à arme égale”

Je vous inviterai à aller dans la rue la nuit et voir avec quel engouement les enfants sont en train d’apprendre. Si ce n’est pas parce qu’on a défendu les révisions tardives avec tous les risques que cela entraînent vous auriez vu que même en pleine nuit les enfants sont en train de réviser. Ils ont compris que désormais, ils vont être jugés sur leur valeur intrinsèque et partiront à arme égale pour ceux qui vont faire le baccalauréat avec la suppression de la moyenne de cours. A un moment donné ça posait problème. C’était une situation qui n’était pas juste parce qu’on ne peut pas faire intervenir la moyenne des cours dans le calcul des moyennes de baccalauréat quand ce n’est pas fait au brevet et à l’examen de fin d’études élémentaires.

Pas de repêchage massif cette année

Nous voulons habituer nos enfants à travailler pour avoir au moins la moyenne de 10. Je ne saurais vous dire maintenant qu’il n’y aura pas de repêchages. Ce que nous souhaiterions c’est d’avoir désormais des enfants qui ont un profit bien élevé qui entrent en classe supérieure. Le repêchage peut se faire à condition. Un bon élève qui était malade, qui au cours de l’année a donné des bons résultats, qui loupe deux matières et qui se retrouve avec une moyenne faible alors que l’on est convaincu qu’il peut faire mieux a le droit d’être repêché. Mais décider d’un repêchage général pour contenter les gens alors que l’on sait que les enfants qui sont repêchés ne tiendront pas la classe supérieure dans laquelle ils vont n’est bénéfique ni pour les enfants ni pour les parents qui dépensent, ni pour l’Etat.

Attirer les élèves vers la formation professionnelle

Nous expliquons aux gens la nécessité de l’enseignement technique et la formation professionnelle. De plus en plus les gens commencent à comprendre.  On les a fait comprendre qu’à partir d’un seuil, l’université forme des chômeurs. De plus en plus, ces diplômés d’université reviennent et s’orientent vers les écoles comme l’ENAM, l’école de la santé de Kindia, … De plus en plus ils voient qu’avec la formation professionnelle qualifiée l’on a plus d’opportunité pour saisir une embauche valable que de continuer avec des études théoriques et enfin des études supérieurs se retrouver au chômage pendant plus d’une décennie et vivre sous les pieds des parents.

Personnel enseignant absent dans les villages

C’est un constat vraiment triste. Cette année, l’Etat a recruté 5000 enseignants, il était prévu 3500. L’Etat va recruter plus que ça. Mais il y a un problème. L’enseignement étant en grande parti public, le personnel est recruté et payé par l’Etat. Les gens ont compris que pour accéder à la fonction publique il faut rentrer à l’éducation. L’éducation est devenue une passoire par la complicité des gens, les enseignants sont débauchés ou ils se débauchent dès qu’ils ont accédé à la fonction publique pour se lancer vers d’autres départements. Chaque fois l’Etat recrute, il se trouve qu’il y a une grande partie de ces effectifs qui échappe. Il va falloir arrêter cette hémorragie pour que nous puissions combler le manque à gagner dans nos villages. Tant que les gens vont continuer à fuir l’éducation il y a de gros risque que nos villages n’aient pas des maîtres.

Entretien réalisé par Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com

alphanyla@gmail.com

+224 656 39 19 76

 

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