Justice trafiquante : La finance au-dessus des lois et des règles (Opinion)

Quand le papier bleu coule, on assiste à un procès de forme. Car, enquêter sur un personnage d’envergure est le régal du journaliste. Mais, comme nous l’enseigne ce proverbe Bantou, “la vérité judiciaire est à la vérité ce que le margouillat est au crocodile ”.

En enquêtant, je ne fais pas ici oeuvre de justice, je n’ai absolument pas vocation à condamner ni à distribuer des prix de la vertu, comme l’a souligné Pièrre Péan dans son ouvrage ” La République des Mallettes”.

Cependant, ce que je fais est de nature à participer au difficile décryptage du monde dans lequel je vis, où nous vivons tous.
Jamais je n’ai mesuré le fossé existant entre la vérité judiciaire et la vérité tout court.
En avançant dans cette misère de paix et de sommeil, je me suis heurté à un système dont l’existence repose sur la fraude et le secret. Fallait-il pour autant tenter de le décrire parce que je ne suis pas en sécurité?

Fallait-il aussi, trahir ceux qui m’ont parlé et qui espéraient, en le faisant, favoriser l’émergence de la vérité et la connaissance de la mafia?
Malgré les impasses qui ont jalonné mon travail de journaliste et les critiques en résultent, j’ai fini par comprendre que même parcellaire, il en disait assez long sur les graves dysfonctionnements de notre système économique.

Je devais donc le publier. Je l’ai fait et j’assume toutes les conséquences.
Je sais pour autant qu’en parlant de ça, mon fil rouge ne l’aimerait pas, mais pas du tout, qu’on s’interesse à lui. Il essaie par tous les moyens d’empêcher qu’on parle de lui et à ceux qui bravent avec courage, il envoie du papier bleu.

À chaque lecteur de faire sa propre opinion. Et personne ne doit crier victoire. Car le chemin de la vérité est toujours long, mais il le fait toujours.

Par Habib Marouane Camara, Journaliste et Analyste Politique.