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Chers compatriotes,
L’Association des Victimes du Camp Boiro (AVCB) note encore une fois que depuis maintenant plus d’un demi-siècle, la Guinée a gâché ses chances, sans jamais renier ou de juger  le système qui a fait le lit de l’impunité, et mis en pièces l’énorme potentiel humain dont notre pays pouvait se targuer dès son accession à l’indépendance.
Depuis trois ans, l’enjeu de certains semble être d’escamoter en faveur de ce système, une fois de plus, les jalons douloureux de notre Histoire.
Chacun de ces jalons a apporté son lot de souffrances pour ceux qui ont résisté, face à l’oppression.
L’oppression coloniale a fait des martyrs.
Parmi eux des figures dont la mémoire fut  commémorée dès la naissance de la jeune nation guinéenne que tous voulaient soudée et prospère. M’Balia CAMARA, tombée le 9 février 1955, en fut.
Jusqu’au 27 Août 1977, le PDG avait fait de M’Balia CAMARA l’incarnation du courage des femmes guinéennes qui s’engagèrent pour libérer notre pays de l’arbitraire colonial. Elle serait restée le symbole de leur héroïsme si, le même Parti Démocratique de Guinée (PDG) n’avait pas été hué par l’ensemble des femmes de Conakry le 27 Août 1977 au Palais de la Présidence obligeant Sékou TOURE  à dissoudre au grand soulagement de tous les guinéens la Police Economique.
Dans la Guinée souveraine, il fut créé une Police Economique, omniprésente, toute entière vouée à un système politique répressif, construit sur la terreur du « complot permanent ».
Il était interdit de commercer, et les femmes-marchandes étaient sous la férule de la Police Economique.
C’est dans ce contexte que le 27 août 1977, l’une de ces marchandes s’opposa à l’arbitraire, face aux abus de la Police Economique. Sa révolte embrasa le pays tout entier, tel une étincelle libératrice courageusement portée par les femmes guinéennes.
Puisque les guinéennes avaient osé dire non à l’arbitraire, le Camp Boiro eut encore sa fournée, et fit encore des victimes. Six Cent Vingt Sept (627) victimes ont été répertoriées par l’Association des Victimes du Camp Boiro (AVCB), vendeuses ou ménagères des marchés de Madina, Niger, Kindia, Fria, Forécariah et Boké. Ces victimes furent les martyrs de la cause des femmes opprimées par le Parti Démocratique de Guinée (PDG).
Comment peut-on ignorer leur sacrifice en se limitant aux héroïsmes de la lutte anticoloniale ?
Pour l’Association des Victimes du Camp Boiro (AVCB), revenir à la date du 9 février au lieu du 27 août pour la journée commémorative des femmes de Guinée, est un acte d’escamotage révisionniste de l’Histoire de notre pays.
On ne peut réconcilier ni en escamotant les dérives qui ont jalonné notre Histoire, ni en enjambant la mémoire de ceux qui en furent victimes.
Mobilisons-nous pour ne pas laisser les guinéens oublier le 27 août. L’Association des Victimes du Camp Boiro (AVCB) luttera pour remettre la fête des Femmes de Guinée date symbolique de leur douleur et de leur sacrifice.

L’Association des Victimes du Camp Boiro (A.V.C.B)

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